Le gros défaut de cette édition est d'ordre technique et se situe sur l'image. En effet,
Memories of Murder perd ici pour commencer la vivacité des couleurs vues en salle. Certes la photographie du film est composée en grande partie de tons fades, mais ce n'est pas le cas de son intégralité. Dès les premiers plans, l'image choque, les grands champs jaunes de l'été coréen devenant tout à coup sombres, tirant même sur les verts. Un constat d'autant plus frappant que dans les bonus de cette édition l'équipe technique explique avec des images bien colorées à l'appui l'intention de créer dans cette introduction une tonalité jaune dorée. D'un point de vue de la mise en scène, le plongeon vers l'obscurité qui suit alors avec la découverte du premier cadavre dans une crevasse est nettement moins contrasté, perdant considérablement de son impact.
L'ensemble du film perd ainsi en beauté, moins dans les scènes d'intérieurs plus fidèles, mais énormément dans celles d'extérieurs qui perdent en intensité lumineuse, qu'elles soient à l'origine colorées ou non, passant du "fade" volontaire à un "fade et terne" peu reluisant.

L'image du film, terne, et à la définition peu performante (16/9)

Le même plan expliqué dans les bonus, avec les couleurs vues en salles
et une meilleure définition malgré le 4/3
La définition se montre globalement tout juste correcte, là encore bien en deçà des espérances, la profondeur de champ de certains plans étant très en deçà de celle vue en salles. Là encore c'est l'impact esthétique du film qui en pâtit, notamment lors des derniers plans qui s'ils restaient gravés dans la mémoire du spectateur en sortant de la salle (une sorte de vertige magnifique s'en dégageait), devient ici totalement anodin. Au point que les extraits du film dans les bonus - bien qu'en 4/3 - proposent une meilleure définition que le transfert 16/9 du film intégral (cf les nuages sur les captures ci-dessus).
La compression quant à elle s'en sort honorablement, même si quelques artéfacts font de temps à autre leur apparition dans les arrières plans.
Globalement, l'image de cette édition est une sacrée déception. En découle un dilemme douloureux : ce film est un chef d'oeuvre et se doit d'être découvert par tous. Faut-il attendre une meilleure édition rendant justice à sa beauté esthétique ?... Ou vous encourage tout de même à vous ruer dessus ? Sacrifiant la mort dans l'âme l'esthétique de ce film, on pencherait tout de même pour cette seconde solution....