Très belle restitution du technicolor d'époque – avec les ombres bleue marine - qui conserve l'aspect série TV des décors, et que la compression ne pouvait décemment pas rater à l'égard du contenu du disque. L'ensemble reste assez pimpant, les défauts d'origine sont là, mais on peut vraiment se réjouir de redécouvrir un tel film en France dans se si bonnes conditions.
Même topo, le mixage mono d'origine conserve sa centralisation sans qu'auncun élément ne viennent entacher les autres. Si la version originale sonne plus vraie, on ne peut pas complètement dénigrer le doublage français, un peu trop résonnant certes, mais qui donne une saveur nouvelle aux dialogues.
Tout ou presque à disparu de l'édition Criterion pour ne laisser place qu'à la bande annonce et une galerie de photos.
De The Blob nous n'aurons retenu que le remake de Chuck Russel, excellente série Z bien dégueulasse qui exploitait admirablement bien son potentiel du monstre gluant, à mi-chemin entre un chewing-gum et un bon gros tas de suc gastrique en suractivité, absorbant, rongeant, liquéfiant tout le monde sur son passage pour mieux doubler de taille à chaque fois. Un petit délire cinématographique qui ne doit pourtant son existence qu'au trop méconnu The Blob "L'original" (comme il est indiqué sur la jaquette), modèle quasi identique datant de 1958 et s'offrant comme vedette Steve McQueen, rien que ça.
Steve McQueen dans un film gore avec de la tripaille bien dégueu partout ? Et bien non, il ne faut pas rêver, et il ne faudra prendre ce modèle pour ce qu'il est, à savoir un sympathique petit film fantastique de la fin des années 50 qui nous présentait un Steve tout jeunot vivant encore chez son popa. Ca ne nous rajeunit pas, et le film non plus puisqu'il faut tout de même reconnaître que si le coté complètement farfelu (mais involontaire) du film répond à l'appel, on s'éclate bien moins que ce que l'on aurait pensé. Et en cela, on préfère nettement la relecture des années 80.
Néanmoins, aucune raison de bouder son plaisir, l'incongruité de la chose fonctionnant assez efficacement (la bande de Happy Days qui se lance à la poursuite d'une boule de malabar intergalactique) et renchérie par une surabondance de courtoisie dans les dialogues qui sonnent bien évidemment faux, mais c'est exactement ce que l'on en attendait. A petit prix ça reste un chouette cadeau, et par la même occasion une bonne raison de réviser ses classiques et se préparer au remake du remake déjà en production.
Par Arnaud Mangin