Blade Runner fait partie de ces titres à avoir participé au lancement du format DVD, autant dire une antiquité. Le résultat proposé par Warner permettait de découvrir le film dans une qualité bien supérieure aux diffusions TV, dévoilant des détails et la qualité esthétique du film comme jamais. Pourtant il s'agissait bien d'un DVD de première génération, bourré de grain, aux contrastes bien trop appuyés, et au master pas encore très propre.
Evidemment la sortie d'une nouvelle édition sans aucun bonus et ne proposant qu'une remasterisation de l'image ferait tiquer... Mais Warner a mis les petits plats dans les grands : cette édition propose une des plus grande claque en matière d'image restaurée de ces dernières années. Quiconque voudra jeter un oeil distrait sur ce DVD pour voir à quoi ressemble cette fameuse copie, sera happé pendant 1h50, forcé de regarder le film sous ce nouveau jour de bout en bout. Car ici, on redécouvre
Blade Runner !
Le cadre enfin respecté
L'un des plus gros problèmes de l'ancienne édition résidait en son cadre, complètement mangé sur les bords gauche et droit. Un phénomène que l'on ne pouvait pas constater sur un téléviseur, puisque celui-ci recadre forcément l'image du DVD ("grâce" à l'overscan), mais qui sur ordinateur ou vidéoprojecteur faussait totalement l'image. Avec cette nouvelle édition, le cadre 2.35 est cette fois-ci complet, et si la différence sur les bords ne se constatera que sur le matériel cité plus haut, on gagne également en hauteur. Le comparatif est sans appel : la composition de l'image est beaucoup plus harmonieuse.

Ancienne édition DVD 1999

Version remasterisée 2006
Un master parfait
Le nouveau master utilisé ici corrige de nombreux défauts de celui de l'ancienne édition. Tout d'abord les poussières et autres rayures qui venaient entacher de nombreuses scènes (notamment les plans larges sur la ville) ont été gommées, et la définition a été revue considérablement à la hausse. De nombreux détails réapparaissent enfin, sur les visages des personnages comme dans les décors. Les couleurs participent également à l'amélioration générale, subissant un lifting remarquable, l'image très sombre de l'ancienne édition devenant tout à coup bien plus lumineuse et révélant de nombreuses nuances que nous ne soupçonnions même pas. Autrement dit, la patte artistique de Ridley Scott se révèle tout à coup, et certains parallèles avec ses autres oeuvres deviennent subitement évidents (voir les bureaux de Tyrell, qui avec l'agencement des statues romaines et les ciels au loin prouvent que
Gladiator puise son inspiration dans
Blade Runner).

Ancienne édition DVD 1999

Version remasterisée 2006
Encodage et netteté
Une partie du grain perturbant a disparu, mais certains plans en conservent tout de même, notamment ceux aériens : il s'agit en fait de l'éclairage des maquettes qui tout à coup retrouve son naturel original, granuleux et vaporeux. Ces deux éléments étaient évidemment très mal gérés dans l'ancienne édition, puisque l'encodage peinait à les gérer convenablement, transformant le tout en brouillard numérique. Ici, la netteté révèle un grain pellicule esthétiquement harmonieux, soulignant d'autant plus l'univers graphique du film.
Un autre point saute aux yeux, et ceux dès le logo Warner : la stabilité de l'image. Le générique ne tremble plus, et le comparatif des deux éditions révèle indéniablement de nombreux sautillements sur l'intégralité du film. Le master utilisé sur cette édition 2006 est parfaitement stable, rendant au film sa fluidité originale, et la beauté des cadres fixes.

Ancienne édition DVD 1999

Version remasterisée 2006
Indéniablement cette édition est une claque historique en matière de remasterisation d'image.
Blade Runner rentre dans la catégorie rare des films tirant autant partie de leur réédition, en grande partie puisqu'il joue sur l'ambiance dégagé par sa beauté picturale. Oui, il n'y a aucun bonus. Oui, une nouvelle édition arrive dans quelques mois. Les plus patients attendront donc encore un peu. Mais que tous ceux qui achètent quatre DVD par semaine dans les bacs n'hésitent pas une seule seconde : la redécouverte du film dans ces conditions mérite le (futur) double achat.
-> Retrouvez notre comparatif complet