box office

1

L'ETRANGE HISTOIRE DE BE
entrées : 826 315 (1 semaine)




2

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 738 734 (1 semaine)




3

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 727 387 (1 semaine)




4

TWILIGHT - CHAPITRE 1 :
entrées : 2 195 038 (5 semaines)




5

WALKYRIE
entrées : 515 493 (2 semaines)




6

LES NOCES REBELLES
entrées : 872 374 (3 semaines)




7

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 772 644 (4 semaines)




8

DE L'AUTRE COTE DU LIT
entrées : 1 616 512 (5 semaines)




9

YES MAN
entrées : 631 799 (3 semaines)




10

ESPION(S)
entrées : 318 167 (2 semaines)

Charlize theron

charlize theron (7 Août 1975 - )

Un petit détour du coté de la filmographie de Charlize Theron? Quoi de plus normal pour une actrice qui a su prouver toute l'étendue de son talent depuis de nombreuses années maintenant devant la caméra.




2 JOURS A LOS ANGELES : PLUTOT CLASSE
Vous ne connaissez pas la San Fernando Valley ? Le film choral de John Herzfeld fait une visite guidée de ce quartier de Los Angeles – principalement connu pour être le fief principal de la production porno américaine. 2 jours à Los Angeles n’est pourtant pas un portrait d’un Hollywood du cul, plutôt celui d’un gros bordel humain entrecroisant un tueur à gages loser sur les bords, un mauvais réalisateur préférant son chien au reste du monde, un vendeur d’art égotique atteint de calculs rénaux, un dur à cuire de la brigade des mœurs et sa nouvelle recrue et deux femmes ultra jalouses. Soit une galerie de gens peu fréquentables qui s’échauffent pendant deux jours caniculaires. Pas de doutes, on est dans une chronique classique du ciné indépendant américain entre humour noir et compassion pour les personnages. Elle est mieux écrite que réalisée, mais a le manque de bol d’arriver deux ans après l’adoubement de Tarantino, via Pulp Fiction. Et est donc restée dans son ombre. Dommage, 2 jours à Los Angeles mérite mieux. Ne serait-ce que pour le plaisir lubrique de voir Teri Hatcher et Theron (remplaçant à la dernière minute une autre comédienne) se lancer dans un corps-à-corps entre harpies assez homérique.


THAT THING YOU DO : PLUS CHARMANT QUE CLASSE
Pour ceux qui en douteraient, Tom Hanks était tout minot dans les années 60. La part de nostalgie pour son enfance et celle pour la mythologie des dernières années heureuses de l’Amérique sont au cœur de la première réalisation de l’acteur. Soit l’aventure d’un groupe des Wonders, groupe de pop se formant dans le sillon des Beatles. Aucun doute possible, Hanks raconte avec ce film aux airs d’un triple épisode de Happy days, une dernière quête d’innocence illuminée par un scénario chaleureux et un casting aussi propret que radieux. C’est sur on peut y préférer American Graffiti ou Presque célèbres, films plus amples mais la douce sucrerie qu’est That thing you do n’est vraiment pas négligeable par le plaisir simple et léger qu’elle procure.

MON AMI JOE : PAS TRES CLASSE
A la fin des années 90, Universal renonce temporairement à un remake de King Kong (oui, celui que signera plus tard Peter Jackson) parce qu’ils craignent qu’un projet de remake assez proche chez Disney ne les grille au box-office. En 1949, Mighty Joe Young était une version miniature de King Kong, une variation enfantine du classique de Shoedsack et Cooper autour d’un gorille un brin surdimensionné. Cinquante ans plus tard, sa relecture bénéficie d’effets spéciaux plus performants, mais a perdu beaucoup de charme en route. Au point qu’on se souvienne vite que si le réalisateur, Ron Underwood était aux commandes du génial Tremors, il fut aussi derrière la mièvrerie qu’était La vie, l’amour les vaches. Et c’est plutôt dans cette gnangnanterie que plonge Mon ami Joe, gentil truc pour occuper les mômes pas trop regardants, un mercredi après-midi, même si voir Charlize Theron en Fay Wray d’occasion a quelque chose de très attendrissant.


L’ŒUVRE DE DIEU, LA PART DU DIABLE : PAS TRES CLASSE
Adapter un bouquin de John Irving n’est vraiment pas chose facile. Ce n’est pour autant pas une excuse pour Lasse Hallström. Le réalisateur remarqué d’Une vie de chien, a comme oublié son talent d’alors en route pour se laisser aller à un cinéma des plus académiques, là où cette Odyssée moderne (le personnage principal, un orphelin qui devient malgré lui un médecin, s’appelle Homère) aurait mérité un peu plus de vigueur et moins d’enluminures. Surtout quand il est question sur le fond des notions de morale américaine. L’œuvre de Dieu, la part du diable a surtout le défaut de relire laborieusement chapitre par chapitre le livre d’Irving, avec un tel manque d’élagage, que le film mue rapidement en insupportable saga feuilletonnesque. Malgré une matière qui avait de quoi donner un conte moral contemporain façon Dickens, on se retrouve avec une télénovela au trop long cours d’où ne surnagent que la prestation de Michael Caine et l’inattendue émotion procurée par Theron. Il a longtemps été question que Michael Winterbottom dirige ce film. Sans être fan de l’Anglais, il aurait été préférable de voir sa vision des choses, probablement plus dynamique.


MAUVAIS PIEGE : ASSEZ CLASSE
Sur ses dernières années, John Frankenheimer a eu quelques beaux sursauts. Des polars de série B à l’ancienne, nerveux et bien foutus, loin des très grands films méconnus de ce cinéaste (Opération diabolique, Sept jours en mai, Mort à 99%...) mais des plus recommandables. Mauvais piège, son ultime film de cinéma rattrape une aberration comme Ronin, en se resserrant sur une intrigue de film noir où tout le monde truande tout le monde, surtout un ex-taulard qui se retrouve dans un vrai sac d’embrouilles pour s’être fait passer pour un de ses compagnons de cellule. Une solide facture de polar classique trouve sa valeur ajoutée dans de nombreux plus : des seconds rôles impec, une noirceur et une nervosité croissantes et surtout deux révélations : Charlize Theron capable d’endosser un rôle de vamp vénale et un Ben Affleck beaucoup moins lisse que d’habitude. Sans être un sommet, Mauvais piège n’est pas la pire des épitaphes pour un réalisateur, artisan d’un cinéma viril à resituer aux côtés d’un Don Siegel.

AEON FLUX – PAS TRES CLASSE
Programme culte issu de la meilleure période de la chaîne musicale américaine MTV et icône de la pop culture américaine aux côtés de The Maxx et de Beavis et Butthead, la série d’animation Aeon Flux a longtemps attendu son adaptation en long métrage live. Initié par la réalisatrice Karyn Kusama, déjà responsable de l’encourageant et nerveux Girlfight qui a révélé l’actrice Michelle Rodriguez, semblait être le bon cheval afin de porter sur le silver screen, les aventures délurées, dynamitées et moralement déviantes de la jolie icône pop. Malheureusement, c’est plutôt du côté du discours humaniste et féministe que la réalisatrice va mener le récit. Oubliant tout simplement la raison même d’être de la licence initiale (à savoir un déferlement désinhibé de concept SF, de visuels aguicheurs et d’action débridée), la réalisatrice prône dans son métrage l’antithèse de ce qu’on attendait avec un discours condescendant et moraliste. Ultime faute de goût et doigt d’honneur aux fans de l’œuvre de Peter Cheung, l’acteur Jonny Lee Miller, parfaite incarnation du personnage ambigu de Trevor Goodchild est ici casté comme son double maléfique, la réalisatrice nous offrant alors un Trevor héroïque et presque asexué, tout soumis au dictat d’une Aeon incarnée par Charlize Theron. Celle-ci transforme son personnage, initialement icône sexuelle et gymnaste plantureuse insaisissable, en bourgeoise à la petite semaine dans un costume guindé prônant la bonne conscience et l’arrêt du clonage (alors qu’a l’origine, la mort et la résurrection reflètent le concept même du personnage, soldat jetable d’une guerre sans fin). Ce n’est pas faut d’avoir tenté certaines cascades (qui provoquèrent une belle blessure à la miss, arrêtant un long temps le tournage) et d’avoir une plastique agréable, aussi faut-il s’engager dans des projets qui ne s’approprient pas une œuvre virtuose afin de l’illustrer de manière si statique et de renvoyer à la face de ses fans un sermon amer, galvaudé et hors de propos. Franchement, c’est vraiment pas très classe.


INTRUSION - ASSEZ CLASSE
Preuve qu’une bonne ambiance et de bons acteurs ne font pas forcément un bon film, Invasion du réalisateur Rand Ravich (récemment producteur de la très bonne série Life) s’impose comme une sorte de Rosemary’s Baby de l’espace alors que le commandant Spencer Armacost (Johnny Depp), après être revenu d’une mission dans l’espace, semble différent à sa femme Jillian (Charlize Theron) qui le soupçonne de ne plus être le même homme. Distillant une tension constante alors que la notion d’intimité de couple, initialement seul refuge de la dame, devient un champ de bataille mental et brouille alors toute notion de repères, le film lorgne vers L’invasion des profanateurs avant de s’achever sur une conclusion visuellement nourrissante, mais narrativement pauvre. Mais alors que le scénario rate le coche, le métrage n’empêche pas les acteurs de briller, et Charlize Theron d’être idéale en femme d’astronaute emprunte de doute puis de crainte, avant de faire face à la dure réalité anormale de la situation. Preuve qu’un film moyen comprend parfois de belles prestations.


ARRESTED DEVELOPMENT – ULTRA CLASSE
Série délirante s’il en est, Arrested Devellopment est sans doute la comédie la plus hermétique qui soit pour un publique novice tant son humour fonctionne à plein régime sur l’auto référence cadencée à un rythme effréné. Mais pour qui aura fait l’effort de s’investir et de se plier au rythme du pilote, quel trip ! Jonglant avec les références et les quiproquos avec une maestria peu commune, la série narre les aventures de Michael Bluth (Jason Bateman), de sa famille et de l’entreprise de construction et d’aménagement familiale tandis que son père est recherché par toutes les polices pour avoir malencontreusement construit des pavillons en Irak avant la guerre. Tandis que Michael, père célibataire depuis la mort de sa femme, tente de trouver un peu de repos, il va lors de la troisième saison de la série, rencontrer le personnage de Rita (Charlize Theron), dont il va tomber rapidement amoureux. Aveuglé par ses sentiments et plaçant les bizarreries de son comportement sur le coup de la différence culturelle (Rita est originaire d’Angleterre), Michael n’ira pas chercher plus loin lorsqu’en guise de soirée romantique, Rita préfère la bataille de polochon au dodo coquin, ou se retrouve enfermée chez elle par un verrou invisible. Et tandis que le mariage s’annonce et que la compagnie, croyant d’abord que la miss espionne pour le compte d’une agence étrangère avant de comprendre qu’elle est pleine aux as, Michael apprendra que toutes ces extravagances sont finalement dues à une maladie mentale qui bloque son évolution au stade de l’enfance. Espiègle, fraiche et pleine d’énergie, Charlize Theron montre ici une face de son jeu absolument réjouissante que l’on n’aura malheureusement le temps d’apprécier que pendant 5 petits épisodes. C’en est d’autant plus dommage que la poésie et l’atmosphère légère qui entourent son personnage placent l’actrice comme une sorte de fée irréelle aussi belle qu’éphémère. Le genre de protagoniste qui vous met de bonne humeur pour la journée, et qui est pour le coup impeccablement interprété. Et on regrettera d’autant plus que la série ne soit pas allée au delà de ses 3 saisons.


L'ASSOCIE DU DIABLE: PAS TROP CLASSE
Dès l'Associé du Diable, c'est la vulnérabilité de Charlize Theron dont on se souvient, cette fragilité qui la caractérise. Ainsi quand le jeune loup Keanu Reeves tombe sous le charme méphitique de Pacino, c'est elle que subit les assauts du diable, c'est elle qui démasque le Mal et qui souffre. Elle finit par convaincre son benêt de mari que leur appartement est aussi sûr que celui de Rosemary's baby, ce qui incite le ballot à réagir, vu que sa chère et tendre est quand même sacrément persécutée par le démon qui veut le jouvenceau pour lui tout seul. Pacino s'en donne à coeur joie et cabotine avec jubilation. Keanu Reeves ne parvient pas à s'émanciper du stéréotype. Seule Charlize Theron est réellement touchante de faiblesse et d'abattement. Plutôt que de jouer une conscience froide et indifférente qui ressent les choses telles qu'elles sont, elle joue une femme brisée que personne n'écoute et qui est à bout. Et c'est par elle que ce film un peu convenu gagne en profondeur et en émotion, car sa souffrance est réelle, on s'identifie à ce personnage désemparé et persécuté.


CELEBRITY: ASSEZ CLASSE
Dans Celebrity, considéré à sa sortie comme un Woody mineur mais qui, avec le temps, se revoie avec de plus en plus de plaisir, Charlize Theron composait un personnage absolument réjouissant. Grâce au grand cinéaste, elle endossait le costume d'un mannequin ridicule, une fille totalement névrosée et superficielle, semblant échappée des pages les plus satiriques de Brett Easton Ellis sur le milieu de la mode. Elle rend donc littéralement le pauvre Kenneth Brannagh dingue. Il est journaliste et écrivain râté, fasciné par cette belle femme dont il attraperait sans broncher un cancer incurable. Elle est déchainée, hystérique et fellinienne, orgasmique et perverse polymorphe, obsédée par les microbes et totalement incontrôlable. Elle joue de son image et s'en moque avec un entrain visible et communicatif.

LE SORTILEGE DU SCORPION DE JADE: UN PEU CLASSE
Il ne s'agit pas d'un incontournable de Woody Allen, qui a parfois tendance à se reposer sur ses lauriers, à développer des films qui auraient pu être des sketchs (Hollywood Ending est un autre exemple). Mais il en livre un par an, donc il a le droit et puis un Woody fatigué vaut mieux que pas de Woody du tout (un fan vous parle). Charlize Theron campe ici une femme fatale classique, ironique et belle à se damner qui n'est, de manière assez inexplicable, pas insensible au charme de l'agent d'assurance macho et grotesque C.W Briggs. La belle échange avec lui des saillies drolatiques dont Allen a le secret. Elle tourne encore une fois en dérision sa beauté blonde et classique avec une jubilation visible.


LA LEGENDE DE BAGGER VANCE: ASSEZ CLASSE
Le cinéma de Robert Redford, réalisateur, est dominé par la nostalgie, celle d'une Amérique disparue dont il capte souvent les derniers vestiges (Et au Milieu coule une rivière, L'homme qui murmurait à l'oreille des chevaux). Il évoque ici la grande dépression à travers l'histoire d'un tournoi de golf. Charlize Theron est ici une beauté sudiste, prête à tout pour mener à bien cet évènement, quitte à sortir Jonah (Matt Damon) de son refuge alcoolique. Il est une ancienne gloire locale et joueur virtuose. Il est également son ancien petit ami. Theron épouse ici l'archétype d'une femme presque sans scrupules, une invincible survivante à la Scarlett O'Hara, sans véritablement de morale pourvu qu'elle arrive à ses fins. Même si le personnage est brossé à gros traits et frôle parfois la caricature, cela ne manque pas d'un charme naïf. C'est un joli conte que Redford a voulu mettre en scène ici.


THE YARDS: CLASSE ULTIME
Charlize Theron devient, sous la caméra de James Gray, une héroïne de tragédie. Cette fragilité que l'on ressent toujours en elle, trouvait enfin un rôle pour s'exprimer pleinement. Elle est la femme que deux hommes se disputent. D'abord promise au sombre Joaquin Phoenix, elle n'est pas insensible à Mark Whalberg, lorsqu'il est traqué à tort. Dans cette tragédie familiale, elle est la figure classique par excellence, la belle pour qui deux hommes vont se trahir, l'enjeu de leur rivalité sous-jacente. Elle est celle qu'ils aiment et qui les sépare. Joaquin Phoenix tente de sauver la face devant elle, Wahlberg tente de la préserver des malheurs qui s'abattent sur lui. Elle est celle que tous protègent, le seul salut sans doute au milieu d'un univers corrompu. Elle brille d'un éclat fragile menaçant de disparaître à chaque instant. Et Theron a cette vulnérabilité en elle. Dans son regard passent les tourments, elle parvient à les faire ressentir jusque dans sa manière de réagir, jusque dans ses silences, elle les accentue. On sent qu'elle peut vaciller, qu'elle est prise au piège d'un milieu où elle n'a pas sa place. Elle n'a pas d'autre alternative dans ce film que celle de souffrir, ce qui fait d'elle la figure la plus pure et la plus absolument tragique du film. Dans le sens le plus antique du terme: elle est celle qui enclenche tout, qui provoque la catharsis, l'émotion, l'identification. Elle est prise dans une fatalité dont elle est victime, qu'elle n'a pas choisi.

SWEET NOVEMBER: UN PEU CLASSE
Le film est une petite surprise. Bon ce n'est pas Citizen Kane, d'accord. Le postulat de départ n'a également rien d'original. Déjà, il y a Keanu Reeves, toujours aussi charismatique (c'est de l'ironie), dont il faut surmonter le personnage énervant et stéréotypé d'homme pressé standard. Mais il y a Charlize Theron dans un rôle qu'elle rend extraordinaire. Elle est Sara, le contraire de son partenaire: spontanée, vivante, pleine de fraîcheur et d'énergie, de légèreté et de vie intense. On tombe instantanément amoureux de ce personnage radieux, qui échappe à toutes les règles avec une belle indépendance. On s'attache à elle. Qu'importe si la romance est convenue, elle l'illumine de son charme. Il y a son étrangeté et l'urgence avec laquelle elle veut vivre son amour, juste le temps d'un mois, celui de Novembre. Et mon dieu, qu'elle est attendrissante et comme elle tient le film! Ainsi son final mélo parvient à émouvoir car sa composition est réellement chaleureuse, on se souvient d'elle, de cette belle femme excentrique et libre, presque indépendamment du film à la narration extrêmement convenue, bourrée de poncifs. Mais elle incarne ce « carpe diem » avec tellement d'énergie qu'elle gagne une belle existence.


MONSTER: TRES GRANDE CLASSE
Charlize Theron livre ici une performance à couper le souffle qui n'est pas sans évoquer l'insurpassable précédent de Robert de Niro dans Raging Bull. Dans le rôle d'Aileen Wuornos, prostituée et tueuse en série, elle est méconnaissable, défigurée, des kilos en trop, une touche négligée de marginale. Theron a construit son rôle en se servant de lettres d'Aileen pour la comprendre intimement et lui prêter sa voix. Il lui fallait voir au delà du monstre et de sa spirale meurtrière et dépeindre son amour absolu et désespéré, sa trajectoire inexorable et sans issue. On finit par ne plus voir les fausses dents, la mauvaise peau, la gouaille vulgaire,, on voit le personnage servi sans une once de condamnation ou de jugement, juste Aileen et sa réalité glauque, son raisonnement désaxé, son amour irraisonné, les meurtres qu'elle tentait de justifier tant bien que mal pour ne pas apparaître comme une criminelle. On est au plus proche d'elle, de ses motivations, justifiées ou non, il ne s'agit pas de juger. La générosité de Charlize Theron nous permet d'approcher de très près cette femme tourmentée, cette exclue, qui court sans cesse après son salut et ne fait que s'enfoncer sans cesse. L'engagement de l'actrice est absolu. A aucun moment on ne la discerne, on l'oublie. On ne voit plus qu'Aileen, personnage aux antipodes de Charlize Theron, dans une très grande performance comme il en est encore trop peu souvent proposée aux comédiennes. L'intensité de son interprétation a une portée presque traumatisante. La mise en scène sans aucun lissage hollywoodien donne le sentiment d'avoir véritablement accompagné sa descente aux enfers, d'avoir compris, de s'être attaché à cette femme que rien ne pouvait sauver de son sort. Voilà un rôle important, peut-être le rôle d'une vie, car il change beaucoup de perspectives, sur la condamnée elle-même et sur l'interprétation dépouillée et à vif de l'actrice. Jamais on aurait pensé qu'elle irait si loin, plongée au coeur de cette intimité étrange, exprimant une partie de son mystère. Le résultat est impressionnant d'authenticité.


MOI, PETER SELLERS: CLASSE
Peu de biopics se paient le luxe de ne pas être académiques. Or pour un artiste aussi déjanté que Peter Sellers, cela aurait été une véritable faute de goût. Alors le film est à son image, baroque et attachant, mélangeant fiction et réalité. Geoffrey Rush s'y livre à une performance virtuose, aussi méticuleuse que fantaisiste (il incarne toutes les facettes de l'acteur). Charlize Theron incarne la seconde épouse de Sellers, l'actrice Britt Ekland. Elle se montre à la hauteur pour affronter son partenaire génial et à personnalités multiples, elle est l'une de ses victimes (avec Emily Watson), dans des rapports avec les femmes souvent assez cruels (sa mère était quelque peu envahissante). Bref indéniablement un film classe.


L'AFFAIRE JOSEY AIMES: PAS CLASSE
La belle sud-africaine était ici une femme contrainte de travailler dans une mine et qui s'élevait contre le harcèlement sexuel dont elle était victime. Le problème du rôle est qu'il manque d'ampleur. Il est celui d'une femme qui craque et qui choisit d'affronter ses agresseurs en dénonçant leur manière de ce comporter. Elle brise un tabou. Charlize Theron s'y implique beaucoup, sa sensibilité est à fleur de peau. Elle pleure beaucoup, mais l'émotion peine à se communiquer au spectateur qui demeure à distance de ce combat (alors qu'il avait le sentiment de partager chacune des émotions de l'héroïne de Monster). Un peu trop au premier degré, se contentant d'illustrer une action plutôt que de la faire ressentir, le film laisse finalement assez froid, malgré la détresse du personnage principal.


DANS LA VALLEE D'ELAH: PAS TRES CLASSE
L'enfer est décidément pavé de bonnes intentions. Avec la volonté de dénoncer le sort des soldats à leur retour d'Irak, l'opacité de la justice militaire et la douleur d'un père (Tommy Lee Jones) à la recherche de la vérité sur la mort de son fils, Paul Haggis livre un film déséquilibré narrativement, hésitant entre tous ses enjeux. L'enquête finit par avancer, péniblement, laborieusement, et la triste vérité est dévoilée peu à peu (au fil des images fragmentaires recueillies sur le téléphone portable du jeune homme). Cependant cela manque cruellement de souffle et l'intrigue piétine. Charlize Theron flic en civil venue épauler le vieil homme au masque endeuillé aurait pu apporter sa sensibilité à l'ensemble. Elle est une mère célibataire, un peu de chaleur dans la sombre quête de Jones Cela ne suffit pas hélas. On suit l'intrigue qui avance méthodiquement jusqu'à son terme, avec une application un peu trop voyante, un peu trop poussive. L'engagement ne suffit pas à justifier un film, il lui faut un style, un point de vue, des choix esthétiques, un parti pris de mise en scène (à l'image de Lord of war ou de the Constant gardener). Malgré ses acteurs de qualité, Haggis ne va pas au bout du pamphlet et du brulot sensible et juste que son film aurait pu être.

Dossier rédigé par Nicolas Houguet, David Brami, Alex Masson.


Film par Acteurs