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LE CODE A CHANGE
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LOL (LAUGHING OUT LOUD)
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VOLT, STAR MALGRE LUI
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BANLIEUE 13 ULTIMATUM
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L'ETRANGE HISTOIRE DE BE
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SLUMDOG MILLIONAIRE
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CE QUE PENSENT LES HOMME
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TWILIGHT - CHAPITRE 1 :
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THE WRESTLER
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LE SEMINAIRE
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matt damon (8 Octobre 1970 - )

L’ensemble de la rédaction s’est penchée sur le cas Matt Damon, acteur imprévisible, jonglant à la fois sur plusieurs tableaux :

un coup action man ultra viril, l’autre second rôle attachant, parfois figurant incroyable ou révélation humaine, Damon semble vouloir brouiller les pistes quant à ses réelles ambitions et aborder le métier de comédien avant tout en s’amusant. Retour sur les moments clés d’une carrière relativement jeune mais bien plus riche et variée que ce que l’image de l’acteur pourrait laisser penser…


GERONIMO de Walter Hill (1994) : un tout petit peu classe
Après ses études à Harvard, quelques pièces de théâtre et une apparition dans Mystic Pizza (la gentille comédie avec Julia Roberts) dans lesquelles il se révèle, Matt Damon se joint à l’équipe de Geronimo, fresque épique autour du célèbre rebelle indien. Le film est dirigé par le grand Walter Hill, (The Warriors, Sans retour, 48h) à peine débarqué du projet The Shadow refourgué à la va-vite à un Mulcahy en petite forme, et le scénario est signé par le non moins énorme John Millius. Entouré par Gene Hackman, Jason Patrick, Robert Duvall et Wes Studi. Le blond y incarne un jeune soldat, le second lieutenant Britton Davis, lancé avec son régiment à la suite de Géronimo et des autres Peaux Rouges renégats, qui se lie d’amitié avec son premier lieutenant, partisan de la cause indienne et qui va petit à petit le faire douter des valeurs colonialistes qu’il défend. Damon trouve ici un très beau rôle mais hélas, et malgré le fait qu’il soit aussi le narrateur, sa performance est écrasée par les interprétations impressionnantes du reste du casting. Aussi arrive-t-il à se rendre crédible tout en restant toujours un peu en dessous des autres… Une première vraie apparition dans un film grand public retraçant l’une des dates marquantes de l’Histoire américaine qui a le mérite d’amener le comédien vers un public sans pour autant le révéler… Dommage.

WILL HUNTING de Gus Van Sant (1998) : très très classe
Damon a eu beau apparaître dans le film de son pote Kevin Smith, Méprise multiple, au côté de son ami de toujours Ben Affleck et malgré son rôle plus important dans A l’épreuve du feu d’Edward Zwick dans lequel il croise Denzel Washington et Meg Ryan, il commence à en avoir sérieusement marre que personne ne lui propose un rôle à l’ampleur de son talent. Aussi, toujours accompagné d’Affleck, il décide d’écrire lui même le scénario du film qui le révélera au grand public et qui le consacrera en tant qu’artiste prometteur… Le film en question sera Good Will Hunting retraçant l’histoire d’un génie s’ignorant, évoluant dans un milieu populaire qui va petit à petit se découvrir de réelles possibilités et pouvoir sortir de ce point de non-retour dans lequel il se trouvait, sous les conseils avisés d’un psy interprété par Robin Williams. Damon s’approprie totalement l’ensemble du film et y prouve son don pour le jeu, laissant le peu de place qui reste à Williams, parfait comme d’habitude, et à Ben Affleck dans le rôle du meilleur ami, condamné à rester dans le quartier de leur enfance ne possédant pas les mêmes capacités intellectuelles… Damon y brille littéralement, alliant une fragilité inestimable et une rage de réussir dévoilant ses réelles envies qu’il véhicule au travers de son scénario. Le film, réalisé par Gus Van Sant (avec qui il débutera une étroite collaboration par la suite) en plus d’être un succès critique et public révèle littéralement les deux comédiens, Affleck et Damon, et leur ouvre les portes de films plus importants. Bardé de multiples prix et de son oscar du meilleur scénario pour un film qui lui aura offert la même reconnaissance que Rocky pour Stallone, Damon s’attaque maintenant à Hollywood…


IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN (1998) : très classe
Un succès comme celui de Will Hunting ne peut pas produire de mauvais fruits et le premier retour qu’il aura pour son travail impressionnant viendra directement de l’un des réalisateurs les plus côtés de l’Histoire du cinéma mondial : Steven Spielberg. Le papa des Dents de la Mer met en effet en route un projet venant compléter sa thématique sur la seconde guerre mondiale entamée quelques années plus tôt avec La liste de Schindler. Son film Saving Pivate Ryan est tiré de l’histoire vraie d’une petite section américaine chargée de retrouver le dernier d’une fratrie de soldats américains dans le but de le ramener à la maman le tout dans la Normandie ravagée par les combats incessants. La section est composée d’un casting exemplaire (Tom Sizemore, Edward Burns…) avec sa tête le toujours incroyable Tom Hanks. Difficile donc pour Spielberg de trouver un acteur possédant à la fois le charisme et le talent suffisant pour incarner l’homme tant recherché… D’autant plus que le personnage est plus complexe qu’il n’y paraît puisqu’il est avant tout un patriote que rien n’empêchera de se battre, même pas le décès de ses frères… Damon est donc l’homme providentiel du film mais aussi pour le film, tant il arrive à ne pas incarner un poids mort que les militaires devraient ramener ; au contraire, il se débat et montre qu’il en veut et que sa place est sur le terrain à l’instar de son envie d’être important dans l’équipe et dans le système hollywoodien. Une très belle prestation qui confirme l’importance de Damon et qui prouve encore une fois après son rôle de Will qu’il va falloir définitivement compter avec lui…

DOGMA : Très classe
Avec Dogma, Matt Damon cassait son image de belle-gueule à Oscars en jouant à fond sur l'humour noir et provoc' qu'insufflait son pote Kevin Smith à son film. Revisitant plusieurs aspects de la mythologie biblique (désolé Rufus si tu n'aimes pas cette expression), le film peut paraître comme blasphématoire (à tort) ou hilarant (à raison) mais il est une chose qu'on ne peut en aucun cas nier : son écriture ciselée et riche. Il n'y a ainsi qu'à voir l'inversion qui s'effectue en cours de route entre les deux anges déchus, avec le personnage de Matt Damon qui nous est au départ présenté comme le méchant, le dangereux, et qui devient par le suite complètement largué, pour comprendre que Dogma - et ce rôle, cela va sans dire - présente une originalité comme le cinoche de tous horizons en offre rarement. Très classe, donc, surtout que Matt Damon a dedans un emploi faisant rimer mythique et mythologique (même si l'orthographe s'en était déjà bien chargé) en la personne de Loki, la Main armée et vengeresse de Dieu, excusez du peu. Et puis, un personnage qui vous balance en pleine armurerie redneck "Ah ! Je regrette l'époque de nos bonnes vieilles épées de feu !", si c'est pas trop la classe, ça !


JAY & BOB CONTRE ATTAQUENT : Méga Classe !
Copain comme cochon avec le réalisateur Kevin Smith, Matt Damon avait tenu un des rôles principaux dans Dogma puis était revenu dans celui-ci pour "renvoyer l'ascenseur à un ami" comme il le dit lui-même. Et c'est ça qui est génial avec ce film puisque, en plus d'être à mourir de rire, il se situe dans "notre" monde et fait donc sans cesse référence à des éléments de notre culture. On dépasse ainsi le cadre de la parodie (ce vers quoi aurait pu tendre Jay & Bob Contre Attaquent avec ces nombreux clins d'oeil) pour aller sur quelque chose de différent, un hybride qui se permet le commentaire métafilmique à tour de bras. Matt Damon fait donc une apparition, oui, mais il le fait en tant que Matt Damon, acteur, actuellement en tournage de Will Hunting 2 : La Chasse est ouverte. Un "rôle" qui lui permet de jouer de façon très ludique avec son image, se parodiant lui-même plutôt que de simplement parodier un autre film. Tour à tour méchant ("Ne me touche pas, connard !") et ridicule ("Face de lion : Aaah ! Face de citron : Gnnh !"), se faisant rembarrer par Ben Affleck sur sa filmographie et lui renvoyant la balle de même, ce rôle est pour lui l'occasion de détourner l'image que l'on a de lui, la publique. Celle qui est bien policée, sans aucune aspérité. Finalement, à jouer avec l'idée qu'on a(vait) de lui aux côtés de son pote Ben et sous la caméra d'un autre pote, Matt Damon nous donne plus l'impression d'être lui-même que lorsqu'on le voit dans la "vraie vie", lors d'interviews ou autres. Bizarre. Intriguant. Et drôle. Donc, définitivement méga classe !

LES FRERES GRIMM : Pas très classe
Quel dommage ! Combien de regrets nous assaillent lorsque l'on voit ce film pour la première fois, prêts à en prendre plein les yeux et à être transportés avec ce que l'on espère être un retour en grande forme de Terry Gilliam. Surtout après la grave déconvenue que fut l'abandon de son Don Quichotte, qui promettait beaucoup. Et tout semblait réuni pour ça : un film en costumes, avec du fantastique, qui plus est des références aux plus célèbres contes de notre enfance, revus sous le prisme cruel et rigolard de cet enfant ch'tarbé qu'est le plus américain des Monty Pythons. Mais, au bout du compte, l'ensemble se suit trop péniblement pour convaincre réellement, victime entre autres d'un remontage opéré par les Weinstein qui rend encore plus confus un scénario déjà passablement compliqué. Dommage, quand on voit la hauteur du délire visuel qui subsiste. Dommage encore au regard de l'interprétation de Matt Damon qui, avec son casque de bouclettes dorées et sa cuirasse qui lui remonte les trois quarts du temps presque jusqu'au menton, rend à merveilles le côté frondeur du personnage, un emploi de petite brute arrogante plutôt rare dans sa filmographie. Bien essayé, mais la sauce ne prend pas et jamais nous ne nous impliquons véritablement pour le personnage, la faute toujours à cette intrigue qui part en tous sens. Alors, qui faut-il blâmer ? Le scénario ? Les Weinstein ? Gilliam ? Nous ? Ou bien Matt Damon ? Non, lui ne s'en sort pas si mal, ce qui ne nous fait dire qu'une chose, encore une fois : dommage.


LA MEMOIRE DANS LA PEAU par Doug Liman (2002) : très classe
Histoire de varier un peu sa carrière et briser son image de beau gosse talentueux, Damon prend de la carrure et tente de se présenter en nouveau action man du nouveau millénaire… Difficile à croire tant le comédien a une gueule d’amour et est connu pour ses rôles plus sensibles que physiques. Le défi ne semble pas arrêter l’acteur qui après quelques passages en salle de musculation reprend le rôle que tenait quelques années plus tôt Richard Chamberlain et se montre tel qu’il rêve de se voir depuis tout gamin : invincible ! Aussi, il interprète Jason Bourne, un amnésique bourrin retrouvé avec quelques bastos dans le buffet qui après avoir été soigné par des pêcheurs se lance à la recherche de son identité. Bien entendu, l’homme se révèle bien plus dangereux que ce dont il a l’air à première vue, des réflexes impressionnants et violents réapparaissant soudain… Aussi en 2002, une certaine vérité se pose là : non seulement Matt Damon est un acteur dramatique incroyable mais lorsqu’il le souhaite, il peut devenir un véritable interprète physique se plaçant du coup dans la catégorie d’un Bruce Willis, peut-être un peu plus doué… Sautant, frappant, éclatant la gueule à quiconque se trouve au milieu du chemin le séparant de la vérité, Damon semble véritablement s’amuser à devenir l’arme absolue que seul l’amour peut arrêter… et le pire, c’est qu’il est crédible !

LA MORT DANS LA PEAU/LA VENGEANCE DANS LA PEAU, de Paul Greengrass : Giga-Classe
Après avoir tourné le déjà bien fun La Mémoire dans la Peau de Doug Liman, Matt Damon poursuit son sacré bonhomme de chemin avec Paul Greengrass, fraîchement sorti de son "dimanche sanglant" (NdlR : et non pas samedi sanglant comme initialement écrit, l'auteur de ces lignes expie déjà sa faute dans les sombres geôles de la rédaction). Jason Bourne se décline ainsi sur deux nouveaux opus qui se paient le luxe de surpasser le premier film de la franchise. Explorant toujours plus les limites de son personnage, Matt Damon selon Greengrass devient une bête blessée et redoutable, craintive presque (remember l'ouverture de La Vengeance dans la Peau), mais au moment d'agir, notre Jason sévèrement burné rappelle qu'il en a dans l'calbute. La mise en scène typée documentaire du sieur Greengrass capte au plus près les sensations, les doutes de nos personnages. Cela permet au grand Matt de déployer ses multiples talents reconnus. A l'aise dans les nombreuses joutes martiales parsemant les films, il se révèle tout autant crédible en parfait conducteur "kamikaze" dans l'étonnante course-poursuite du troisième film. Mais Matt Damon, c'est aussi un coeur gros comme ça. Détruit par la mort injuste de sa belle (si rapide dans le deuxième film), il est mu par l'instinct de vengeance et par la recherche perpétuelle de ses origines, de son moi intérieur. Ces quêtes obsédantes forment la colonne vertébrale de notre homme. Sous cet angle, l'acteur parvient par moment à insuffler cette aura qui sort le film de son seul statut de blockbuster lambda, le personnage est alors emmené par instant vers d'autres cimes, cela se traduit par ces regards de Bourne qui vous transpercent, ce désespoir profond qui vous renvoie à vos propres peurs. Et c'est aussi ça la marque des grands acteurs, cette capacité à pouvoir transcender chacun de ses rôles.


L’HOMME SANS AGE de Francis Ford Coppola (2007) : très très classe.
Chez Damon, le cinéma est avant tout une histoire d’amour ! Pas seulement avec l’Art qu’il sert mais aussi et surtout avec les équipes avec qui il évolue. Aussi il leur jure une certaine fidélité et leur apporte son soutien en toute circonstance, entretenant ainsi un capital sympathie auprès des membres de la profession mais aussi auprès du public. Une apparition dans un spykid de Rodriguez pour faire plaisir à son pote Clooney, une intervention auto-parodique dans un show TV pour chanson nommée « I f***** Matt Damon » et maintenant une toute petite participation au dernier film de Francis Ford Coppola, qui quelques années plus tôt lui avait offert sa confiance en lui confiant le premier rôle de The rainmaker. Une participation exceptionnelle qui réveille littéralement le public de l’ennui dans lequel il tombe malheureusement. Une silhouette discute avec le personnage de Tim Roth et le spectateur s’interroge : ne serait-ce pas Matt Damon ? Et Coppola et le comédien de jouer avec ce mystère, ne dévoilant le comédien dans son intégralité que l’espace d’un plan… mais quel plan ! Le personnage tient du fantasme pour Roth et devient fantasmagorique aussi pour le spectateur… Bref une apparition qui remue et qui prouve encore une fois la générosité de cet acteur incroyable.

L’IDEALISTE : Plutôt classe
On aurait jamais attendu Francis Ford Coppola sur une adaptation de thriller juridique de John Grisham. L’idéaliste ferait presque croire que l’écrivain a du talent tant Coppola parvient à en tirer un film aussi minimaliste que sensible autour d’un jeune avocat se lançant dans une lutte contre une compagnie d’assurance. A cette époque, Damon incarne encore la légendaire adolescence américaine, en parfaite adéquation avec un film automnal porté par un beau supplément d’âme. Enorme bide à sa sortie, L’idéaliste est pourtant le dernier grand film mélancolique de Coppola, après Jardins de pierre.


LE TALENTUEUX MR RIPLEY : Très Classe
Même récemment disparu, Anthony Minghella ne nous en voudra pas d’avoir craint que son style assez pompier ne soit pas une bonne idée pour un remake de Plein soleil. A tort quand le réalisateur du Patient Anglais écarte le classique de René Clément avec Delon pour revenir au bouquin de Patricia Highsmith. Et offrir une seconde naissance à Ripley, psychopathe qui pourrait être un ancêtre du Patrick Bateman. L’idée de génie de cette brillante étude psychologique ? Avoir su voir en Damon une face obscure. Sa composition plonge Le talentueux Mr Ripley dans une noirceur qu’on avait oubliée dans le cinéma hollywoodien classique.

DE SI JOLIS CHEVAUX : Potentiellement classe
On oublie souvent qu’avant d’être un acteur, Billy Bob Thornton a été un réalisateur de films. Plutôt audacieux dans ses choix, comme celui d’adapter le roman-culte de Cormac McCarthy, surtout avec les frères Weinstein à la prod’. La seule version de ce western contemporain qu’on aie vu a été remontée par leurs soins. Quitte à rendre fou les lecteurs du livre qui ne comprennent plus rien à l’histoire. Malgré tout, il persiste dans ce montage, une réelle beauté, celle de l’âpreté d’un récit où les cow-boys chevauchent malgré eux vers des destins funestes. En attendant de peut-être voir un jour la version de départ, on peut se contenter des moments de grâce de celui-ci qui rappellent les meilleurs John Sayles.


DEUX EN UN : Tendrement classe
Greg Kinnear et Matt Damon en frères siamois chez les Farelly, c’est un peu comme si l’actor’s studio était invitée au Collaro-show. Sauf que depuis Dumb & Dumber, les Farelly ont tombé le masque : sous leur carapace de bidonnants gagmen pétomanes, les frangins cachent un cœur gros comme ça, et une empathie non feinte pour les misfits de tout poil. Deux en un a beau ne plus rien avoir à raconter une fois que les deux siamois sont séparés, ce film joue auparavant une surprenante carte du tendre, capable d’offrir (en plus de Kinnear et Damon dont les talents n’étaient déjà plus à prouver) à Cher ou à Eva Mendes, là où tout le monde en ferait deux bimbos, des rôles plus riches que prévus. Même si pas le plus réussi de leurs auteurs, Deux en un, reste le plus attachant.

TITAN A.E. : Classe
Avant de faire partie de la bande à Clooney, avant de casser des têtes aux quatre coins de la planète et de devenir le tueur le plus recherché du monde, Matt Damon était bien mieux que tout cela réuni. Il était le dernier espoir de l’humanité. Cale Tucker était en effet un des derniers humains présents dans la galaxie après que la planète Terre ait été détruite en l’an de grâce (quoique) 3028 par de méchants aliens composés d’énergie pure. Résultat, Cale s’est vu depuis tout petit confié une mission dont il ne soupçonnait même pas l’importance. L’anneau qu’il porte à la main, hérité de son père, détient la clé qui perpétrait à une machine légendaire, le Titan, de reconstituer une nouvelle planète Terre et d’unifier à nouveau les derniers survivants humains. Tentative salvatrice de créer une dessin animé autre à une époque où Disney continuait de monopoliser l’attention des amateurs d’animation sur grand écran, Titan A.E. s’adressait non plus à des enfants de 4 ans, mais à de jeunes adultes désireux de voir autre chose que des tellières chantantes. Porté par un rythme frénétique, une bande son résolument métal, et l’animation du duo Don Bluth et Gary Goldman dont le Dragon’s Lair est devenu une figure culte de l’inconscient collectif, Matt Damon a sacrément eu du flair en acceptant le rôle principal d’un dessin animé atypique qui restera dans les mémoires comme une œuvre cool et bienvenue comme il en existe trop peu, d’autant que sa voix colle parfaitement à l’attitude rebelle badass du héros (qui lui ressemble un peu d’ailleurs). Oh Yeah.


LES JOUEURS : Très Classe
Un film de John Dahl est toujours un évènement. Parce que le réalisateur se fait rare, parce que son ton résolument noir et ses intrigues denses révèlent des personnages hantés et jusqu’au-boutistes dont on suit avec délices les péripéties névrotiques, et parce que tout simplement, ses films sont excellents. Habitué au polar le plus noir (Kill Me again, Red Rock West, Last Seduction), l’annonce à l’époque d’un film de l’auteur sur le poker avait enthousiasmé les foules à juste titre, d’autant que le casting prometteur augurait une nouvelle fois d’une œuvre crépusculaire au potentiel flamboyant. Edward Norton n’avait pas encore fait son Fight Club mais avait terrorisé son monde sur Peur Primale, et on ne présentait plus les gueules cassées de John Turturro et John Malkovich. Seule petite inconnue, le choix de Matt Damon laissait, et ce malgré ses performance précédentes, certains fans de l’auteur sceptiques face à sa coupe blonde et sa tête de minet. Un scepticisme que le Matt a rapidement envoyé aux orties tandis que Round McDermott, son personnage, est apparu à l’écran déchire entre son addiction et son talent au jeu, et la vie bien rangée que lui offrait la perspective d’une vie de couple. Un dilemme qui reviendra bientôt à choisir entre l’amour et l’amitié tandis que son frère spirituel Lester se mettra (comme d’habitude chez Dahl) dans une situation inextricable. Parfait dans le rôle, Matt aurait-il ainsi contribué à la vague actuelle de Texas Hold’em ?

SYRIANA : Classe
Récit moderne complexe, Syriana, réalisé par le scénariste du Traffic de Steven Soderbergh, narre les destins croisés de figures d’un monde où le profit fait loi. Plus qu’un film politique, Syriana se veut une œuvre humaine et foisonnante, tentant de retranscrire les paradoxes et les déviances d’un monde où même l’être le plus noble se voit inévitablement influencé, voire corrompu dès qu’il met le pied dans un système trop rigide et enraciné dans des préoccupations ancestrales. Membre de la team Clooney-Soderbergh depuis l’aventure Ocean’s Eleven et partageant les préoccupations de ces derniers Matt Damon trouve en Syriana un récit engagé et compose, porté par un soucis du détail presque maniaque, un conseiller en bourse bientôt ébranlé par sa nouvelle position et la perte brusque de l’un de ses fils. Soudain désabusé, tristement réaliste et rompu au lois de la jungle économique. Mais alors que son attitude reflète un mal être intérieur, l’idéalisme de la personnalité qu’il conseille lui donnera une nouvelle raison de croire et de se battre. Rarement on aura vu un personnage évoluer d’aussi belle manière à l’écran, passant de la vie douillette bardée de préjugés, au trauma et à la prise de conscience, le tout à l’image d’un monde encore une fois nébuleux et trouble d’où s’élève une clarté éphémère. Une partition que le sieur Damon porte à bout de bras, avec tout le sérieux et la finesse nécessaire et qui force le respect.


LES INFILTRES : Classe
Le monde porte en son sein quelques réalisateurs de légende dont la seule évocation parcourt de frisons les cinéphiles les plus aguerris. Martin Scorsese est de ceux là. Narrant un chassé croisé mortel entre un flic infiltré et un autre pourri par les vers, le Infernal Affairs Hong Kongais semblait tout désigné pour une adaptation par le maître du polar mafieux. Mais alors que le choix de Di Caprio semblait logique pour l’entreprise après Gangs of New York et Aviator, il fallait à celui-ci un pendant négatif, propre sur lui mais capable du décalage nécessaire afin de se plonger avec aisance dans la partition du pourri à belle gueule. Et après avoir vu la hargne que le monsieur déchaîne dans la trilogie Bourne, son se dit que cette violence contenue est le parfait avatar pour le rôle. Souriant le jour mais acharné et brutalement sanglant dès que l’ombre le camoufle, on ne cesse de se demander si le Colin Sullivan cèdera à la fidélité ou à la justice. Une dichotomie de personnalité qui lui va comme un gant, apportant à ce rôle la densité narrative et dramatique sans laquelle le film n’aurait pas tenu la route. Vu le succès tant artistique que commercial de l’entreprise, on se dit qu’on est loin de l’erreur de casting.

OCEAN’S 11/12/13 : Classe
Soyons objectifs. Faire partie du casting de la série des Ocean, c’est juste la classe. C’est comme ça et pas autrement. Car si notre métier de critique nous pousse à dire que Steven Soderbergh aurait eu tendance à pousser le bouchon un peu loin avec ces derniers opus qui sentaient fortement le rechauffé, avouons que notre petit côté starlette enfoui au fond de nous rêverait de rejoindre (ne serait-ce que pour faire figurant) le casting du film. Matt Damon, étonnamment à l’aise dans un registre comique décalé, apporte une touche de fraîcheur qui permet aux situations les plus écculées de bien fonctionner. Il n’y a qu’à l’admirer perdre son latin dans Ocean’s Twelve pour que le comédien nous fasse craquer. Forcément, on nage un peu dans le n’importe quoi et l’affiche quatre étoiles ne parvient pas toujours à camoufler la vacuité d’un scénario qui n’est que prétexte à une avalanche de stars. Mais c’est avant tout un film de potes (certes à gros bugdet) et tout ce petit monde semble prendre un malin plaisir à élever la pratique du deus ex machina au rang d’art scénaristique. On consomme le film comme un bonbon : on culpabilise mais on s’en délecte quand même.


GERRY : Peu classe
GVS, le cas d’école. Ce cinéaste qui divise et qui fédère (les contres d’un côté, les pour de l’autre) réalise ici une oeuvre passablement ennuyeuse reposant énormément sur le talent d’improvisation et de composition de ses deux comédiens. Si le film prend parfois une certaine ampleur lors de séquences plus oniriques, cette marche sans fin au scénario flirtant avec le néant est un poème métaphysique quasi impénétrable espérant happer le spectateur vers un ailleurs, une autre dimension où la pureté est reine. Accumulant les tics de mise en scène type ciné US indé-underground et les questionnements existentiels un brin poussifs, Gerry nous perd dans les méandres d’une oeuvre expérimentale pompeuse. On reste cependant assez admiratif devant la prestation des deux comédiens et reconnaissons néanmoins les qualités de directeur d’acteurs de GVS. Matt Damon, également scénariste du film (avec Casey Affleck et Gus Van Sant) y interprète donc l’un des deux « ratés » de l’histoire. Il déambule, trébuche, avance, guette l’horizon... C’est parfois apaisant et poétique, souvent inabordable et monotone.

LA LEGENDE DE BAGGER VANCE : Un peu Classe
Le film de Robert Redford n’avait pas convaincu lors de sa sortie en 2001. On reprochait à la pellicule d’être léchée jusqu’à épuisement, l’esthétisme à outrance et son académisme avaient également été pointés mais cependant tous ont reconnu un joli trio d’acteurs. Malgré Will Smith en tête d’affiche, on remarque néanmoins un fascinant Matt Damon qui semble, dans son jeu tout en retenue et subtilité, aller à l’encontre de l’exaltation peu délicate des grandes valeurs américaines. En effet, le comédien semble toujours en retrait, quasi absent de ce long-métrage dont il est néanmoins l’un des personnages principaux. Mais ce repli n’est que bénéfique et chaque apparition de Damon offre alors une touche de finesse à ce film qui ne fait pas toujours dans l’habileté... L’un des premiers grands rôles des années 2000 pour le comédien qui commence donc à se faire sa petite place dans le milieu fermé d’Hollywood.


CONFESSIONS D’UN HOMME DANGEREUX : Classe
Matt Damon n’y fait qu’une brève apparition aux côtés de son pote Brad Pitt dans l’équivalent américain de notre Tournez Manège... Ce caméo muet est tout simplement génialissime puisque la simple manifestation des comédiens à l’écran crée une situation comique des plus intelligentes. En effet, les deux hommes, plus sexy que jamais, sont en compétition avec un autre concurrent (aussi inconnu que banal) qui emporte néanmoins les faveurs de la jeune femme censée choisir l’homme de sa vie. « Elle ne sait pas ce qu’elle perd... ». Cette première réalisation de George Clooney, racée et personnelle, est un excellent portrait de l’Amérique des années 70, entre guerre froide et divertissement à outrance. Intelligemment mis en scène, très bien joué et agrémenté d’une BO du tonnerre, Confessions d’un homme dangereux est une petite réussite déjà culte.

RAISONS D'ETAT : grande classe
Non seulement, le film est un retour brillant de Robert de Niro à la réalisation mais il donne aussi à Matt Damon l'occasion d'aborder l'espionnage sous un autre angle que dans la peau de Jason Bourne. Il incarne ainsi un personnage en rupture avec ses emplois habituels plus allègres ou plus physiques. Son personnage est ici secret, introverti, concentré et inquiétant tant il cultive le mystère. Sa sobriété répond à l'élégance classieuse de la mise en scène toute en finesse et en suggestion. Edward Wilson met donc l'honneur au dessus de tout, ainsi que le patriotisme et le secret, quitte à sacrifier sa famille à son sacerdoce (Angelina Jolie dans le très beau rôle de l'épouse délaissée). C'est par l'intimité et l'intériorité du personnage que De Niro évoque la genèse de la CIA, presque d'une manière psychanalytique. Matt Damon dans le rôle de cet homme fermé se montre à la hauteur de l'enjeu. De plus, il est parfaitement crédible dans le vieillissement (physique et moral) et l'évolution du héros (la perte de ses illusions). Nous tenons avec cette oeuvre l'un des grands films de l'année dernière, notamment grâce à son casting parfaitement au diapason de l'intelligence et du raffinement dont a fait preuve leur metteur en scène.





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