
LE MOIS DE SEPTEMBRE 2008 AU CINEMA
Tout sur MARTYRS - La Critique - Photos - Le 2008-09-01 07:13:40Avant d'ouvrir cet édito sur ce mois de septembre, je voudrais revenir sur une rencontre, lumineuse, profonde, une parenthèse cinématographique, humaine, émouvante, une apparition, un échange, celui que nous avons eu avec Marthe Keller, comédienne à la personnalité étonnante, généreuse, intéressante, de ces actrices ayant vraiment en elles un réel amour pour le métier, qui l'aborde sans le tronquer, avec une passion sincère pour la vie en général. Nous l'avons rencontrée grâce à Nicolas Boukhrief, lui aussi conquis par son charme et sa prestance, que nous tenons également à remercier pour sa gentillesse et son investissement.
C'est sur une note beaucoup plus brutale que celle de Cortex que nous abordons ce mois de septembre, avec un film controversé, un film qui divise, celui de Pascal Laugier, Martyrs. Nous en sommes partenaires, ce fut une décision délicate, ce film générant depuis le Festival de Cannes les réactions les plus diverses, certains l'encensant, d'autres parlant d'écoeurement pour l'évoquer. Avons-nous raison de défendre un film prônant la violence, l'encourageant d'une certaine façon, un film qui, en ce sens, dérange profondément et révolte ? Beaucoup, néanmoins, y ont vu une oeuvre majeure au travers de la réflexion qu'elle génère justement sur la mise en exergue de la violence au cinéma. Un film engendrant donc des réactions aussi violentes, aussi passionnées que ce qu'il véhicule. C'est la raison pour laquelle nous avons tenu à le soutenir, à le mettre en avant, à donner la parole à Pascal Laugier. Un choix audacieux, que tous au sein de la rédaction ne soutiennent pas, mais ce type d'expérience, unique, paroxystique, méritait que l'on s'y arrête, que l'on s'efforce de la comprendre même si, au final, on peut la réfuter et la rejeter, parfois avec presque autant de violence qu'il s'en échappe du film.
Difficile d'évoquer derrière Martyrs et son image oppressante les autres films de ce mois de septembre. Un mois marqué pourtant par le retour de Christophe Barratier avec Faubourg 36, un retour brillamment réussi avec ce film coloré, enthousiasmant, débordant de tendresse. Un mois de septembre sur lequel plane également la Palme du dernier festival de Cannes, avec un film évident pour cette période de rentrée scolaire, celui de Laurent Cantet, Entre les murs. Enfin, je voulais évoquer nos trois autres coups de coeur, n'ayant que peu de liens avec les films cités préalablement, des films différents mais tout aussi puissants dans leur genre, Wackness, L'homme de Londres et Troupe d'élite, oeuvres décapantes, que nous vous encourageons tous vivement à découvrir.
LE FILM DU MOIS MARTYRS, de Pascal Laugier (sortie : 3 septembre 2008)
Le premier "film du mois" qui ne fait pas l'unanimité à la rédaction. Entre ceux qui le considèrent comme un vomitif minable au propos dangereux et ceux qui y voient l'oeuvre majeure d'un artiste engagé. Comme on est incapable de trancher, verdict du public mercredi dans les salles.
LA SELECTION REDACTEUR PAR REDACTEUR
Si les rédacteurs devaient vous conseiller un film ce mois-ci, ce serait :
DAVID BRAMI : Max la menace, de Peter Segal
Drôle, explosive, fidèle et inventive, une adaptation de série particulièrement réussie et efficace comme on aimerait en voir tous les jours. Et puis Steve Carell est immanquable.
GILLES BOTINEAU : Love Gourou
Mike Myers est enfin de retour, après son excellente trilogie consacrée à Austin Powers ! Les Américains sont totalement passés à côté de ce nouveau délire. A nous de rattraper leur erreur !!
NICOLAS HOUGUET : Parlez-moi de la pluie d'Agnès Jaoui
Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri utilisent leur belle plume pour portraiturer des personnages jamais caricaturaux, d'un point de vue amusé, parfois acerbe et satirique mais toujours avec une admirable justesse et une grande humanité.
FLORENT KRETZ : Martyrs, de Pascal Laugier
Ce qu'il y a de plus choquant dans le film de Laugier, ce n'est pas la rage et la fureur mais cette quête d'amour désepérée... Traumatisant.
ROMAIN LE VERN : Martyrs, de Pascal Laugier.
Un uppercut comparable aux productions sauvages des années 70. L'existence même du film relève du miracle.
NICOLAS LEMALE : Troupe d'Elite, de José Padilha.
Jamais on n'avait approché de si près la terrifiante férocité des favelas brésiliennes : José Padhila réalise un brûlot sec comme un coup de trique, à mi-chemin entre le documentaire d'investigation et la fresque policière énergique à la Sidney Lumet.
VINCENT MARTINI : Martyrs, de Pascal Laugier
Excellent film de terreur doublé d'une réflexion vertigineuse sur le sens de la vie et de la mort, ce déstabilisant et profondément jusqu'au boutiste Martyrs marque déjà de son empreinte sincère tout un pan du cinéma de genre français. Simplement incontournable.
PITOUWH : Le Royaume Interdit, de Rob Minkoff
Parce que même s'il n'est pas aussi bien que ce l'on espérait, on parle quand même d'un film avec Jackie Chan et Jet Li !
LAURENT TITY : Martyrs, de Pascal Laugier
Le genre de film qui traumatise, difficile de se sentir "bien" après la projection. Il fascine, répugne, surprend, choque, tourmente, et le plus grave, c'est que plus on y repense, et plus on souhaite retrouver cette désagréable sensation. Comme un plaisir coupable...
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