
Bienvenue en France, dans les années 70. Lucie (Mylène Jampanoï), une fillette, est retrouvée sur le bord d'une route. Hagarde, dans un état physique lamentable. Que s'est-il passé? La police découvre qu'elle a été séquestrée durant quatorze mois dans la chambre froide d'un abattoir désaffecté. Ayant sombré dans le mutisme, traumatisée par ce qu'elle a vécu, Lucie est internée dans un hôpital psychiatrique. Quinze ans plus tard, elle sort de l'hôpital pour mener son enquête et mettre la main sur ses bourreaux que la police a échoué à retrouver, accompagnée d'Anna (Morjana Alaoui), sa meilleure amie. Alors que Lucie croit avoir reconnu ses bourreaux, Anna doute de plus en plus de son amie encore profondément perturbée. A la recherche d'une réalité monstrueuse ou délire paranoïaque d'une folle? Carnage sang-pour-sang gore ou descente aux enfers névrotique? Bien malin qui devinera l'issue de cette odyssée trash. Réussir une oeuvre horrifique farouchement dérangeante qui bouscule les doxas du cinéma franco-français paraît a priori impossible en ces temps de pusillanimité ambiante (l'interdiction aux moins de 18 ans pend comme une épée de Damoclès). Connu jusque là pour Saint-Ange, un premier long métrage imparfait mais attachant, Pascal Laugier a réussi ce pari avec un courage inouï : Martyrs, son second, est une sorte de proposition idéale, adulte et traumatisante de cinéma de genre made in France. On a attendu ça depuis trop longtemps pour ne pas s'en réjouir. Tel quel, un uppercut.
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Pascal Laugier, le réalisateur de
MARTYRS, qui nous parle à coeur ouvert de son film :
La Rédaction
