box office

1

LE CODE A CHANGE
entrées : 762 912 (1 semaine)




2

LOL (LAUGHING OUT LOUD)
entrées : 2 220 094 (3 semaines)




3

VOLT, STAR MALGRE LUI
entrées : 2 070 957 (3 semaines)




4

BANLIEUE 13 ULTIMATUM
entrées : 537 156 (1 semaine)




5

L'ETRANGE HISTOIRE DE BE
entrées : 1 964 801 (3 semaines)




6

SLUMDOG MILLIONAIRE
entrées : 1 165 769 (6 semaines)




7

CE QUE PENSENT LES HOMME
entrées : 506 795 (2 semaines)




8

TWILIGHT - CHAPITRE 1 :
entrées : 2 580 569 (7 semaines)




9

THE WRESTLER
entrées : 137 742 (1 semaine)




10

LE SEMINAIRE
entrées : 432 474 (2 semaines)

philippe noiret (1 Décembre 1930 - 23 Novembre 2006)

A retrouver sa voix unique, son élégance, son aise à épouser tous les registres (de l'irrévérencieux au bourgeois rigide, de l'assassin au libertin), on se souvient à quel point il était immense.

Et forcément beaucoup de films manquent à cette collection, des oeuvres majeures comme le Vieux fusil de Robert Enrico où il était déchirant, le nostalgique Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore où on l'aime tant, la chorale, mémorable libertaire et désespérée de la Grande bouffe où il tenait une place non négligeable, le ripou magnifique qu'il composa pour Claude Zidi et qui fut un si grand succès. Il a traversé à peu près tout le cinéma hexagonal, en a abordé beaucoup d'univers différents (aussi différents que ceux d'Yves Boisset, de Bertrand Blier ou de Philippe de Broca).


Noiret fait partie de nos vies cinéphiles. Sa voix est reconnaissable entre toutes, grave presque apaisante. Sa prestance est celle d'un très grand acteur qui réussit sans cesse l'exploit d'être toujours lui-même en incarnant des personnages extrêmement différents (c'est particulièrement sensible auprès de Tavernier). En juge obsessionnel et strict, en assassin illuminé, en régent débauché, il impose sa présence et son jeu. Il peut jouer de la nuance, de la fragilité dans son regard, dans le timbre de sa voix lasse et triste. Mais d'un seul coup, à la faveur d'une fable, il peut aller dans l'outrance ou le pittoresque avec une facilité déconcertante (Alexandre le bienheureux d'Yves Robert) ou d'une fantaisie (Zazie dans le métro de Louis Malle). L'acteur est complet, il ose même des moments de fantaisie dans des rôles à dominante grave ou l'inverse, ce qui est le summum de la maîtrise, ce qui le rend toujours extrêmement touchant et surprenant, car il sort régulièrement de l'étiquette accolée hâtivement à un rôle et lui donne une richesse de sensibilité qu'on attendait pas forcément. Noiret est hors normes, physiquement mais aussi dans ce qu'il apporte à un film: la profondeur de sa sensibilité, de son élégance ou de sa fantaisie.

Noiret a été au conservatoire auprès de ses amis Marielle et Rochefort. Il a avec eux beaucoup de complicité et de points communs, cette haute tenue en même temps que cette folie latente. Ils se retrouveront régulièrement, notamment sous l'oeil de Tavernier dans Que la Fête commence qui permet au trio de déployer toutes les facettes de son talent avec une jubilation communicative. Noiret n'est pas un acteur rare. Il est un comédien, un grand homme de théâtre qui a travaillé sans cesse et jusqu'au bout. Il a participé à des chefs d'oeuvre, il a fait des films mineurs, mais il n'a cessé de parfaire son jeu. Il est de ces comédiens que l'on aborde comme des grands artisans dans le sens le plus noble qui soit (Serrault en fut un autre).


Ils incarnent les rôles avec une intégrité et un sérieux égaux, en grands professionnels, « comme on enfile un costume » disait Noiret, ajoutons qu'ils tombaient souvent parfaitement bien. Ce qui frappe avec ces acteurs, c'est qu'ils ne se perdent pas dans un rôle, qu'ils n'oublient pas d'être eux même, d'apporter leur phrasé, leur présence particulière, reconnaissable comme la marque d'un grand luthier. Ils abordent les personnages en les intégrant à leur palette de jeu plutôt qu'en les servant, les interprétant comme de grands solistes. Il y a un sentiment de touché chez ces comédiens, comme lorsqu'on écoute de grands musiciens classique, on reconnaît leur sensibilité à leur manière de jouer, de se fondre dans l'univers d'un compositeur en y apportant leur ressenti, leur personnalité. Noiret est de ceux-là. Il a pendant toute sa carrière conservé cette approche, depuis le TNP auprès de Jean Vilar jusqu'à ses tous derniers films.

Bien sûr il restera dans les mémoires, dans le lit d'Alexandre avec ses saucissons au-dessus de sa tête, dans la douleur vengeresse de Julien Dandieu, l'homme brisé, dans le regard tendre d'Alfredo le projectionniste, celui égaré du policier Julien Cordier après ses meurtres, dans la délicieuse irrévérence de Philippe le caressant, dans l'outrance de cet autre Philippe qui décide de se suicider en mangeant...


Philippe Noiret est immense et multiple. Il a incarné plein de grands souvenirs de cinéma, des rires attendris aux larmes d'émotion. A sa disparition, le mot qui revenait souvent parmi ses proches, Tavernier ou Rochefort, c'est qu'il était un prince. Et sa touche d'interprète parfait, son élégance et son grain de folie, sont inestimables. Peu atteignent cette maîtrise, cette sobriété qui les rend crédibles dans tous les univers. Noiret était l'un de ceux-là, qu'on retrouvait avec un plaisir de gourmet, pour sa belle voix, sa finesse psychologique toujours juste et sa grande présence.


RESULTATS AVEC UN TITRE APPROCHANT



Film par Acteurs