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philippe noiret (1 Décembre 1930 - 23 Novembre 2006)
Et forcément beaucoup de films manquent à cette collection, des oeuvres majeures comme le Vieux fusil de
Noiret fait partie de nos vies cinéphiles. Sa voix est reconnaissable entre toutes, grave presque apaisante. Sa prestance est celle d'un très grand acteur qui réussit sans cesse l'exploit d'être toujours lui-même en incarnant des personnages extrêmement différents (c'est particulièrement sensible auprès de Tavernier). En juge obsessionnel et strict, en assassin illuminé, en régent débauché, il impose sa présence et son jeu. Il peut jouer de la nuance, de la fragilité dans son regard, dans le timbre de sa voix lasse et triste. Mais d'un seul coup, à la faveur d'une fable, il peut aller dans l'outrance ou le pittoresque avec une facilité déconcertante (Alexandre le bienheureux d'
Noiret a été au conservatoire auprès de ses amis Marielle et Rochefort. Il a avec eux beaucoup de complicité et de points communs, cette haute tenue en même temps que cette folie latente. Ils se retrouveront régulièrement, notamment sous l'oeil de Tavernier dans Que la Fête commence qui permet au trio de déployer toutes les facettes de son talent avec une jubilation communicative. Noiret n'est pas un acteur rare. Il est un comédien, un grand homme de théâtre qui a travaillé sans cesse et jusqu'au bout. Il a participé à des chefs d'oeuvre, il a fait des films mineurs, mais il n'a cessé de parfaire son jeu. Il est de ces comédiens que l'on aborde comme des grands artisans dans le sens le plus noble qui soit (Serrault en fut un autre).
Ils incarnent les rôles avec une intégrité et un sérieux égaux, en grands professionnels, « comme on enfile un costume » disait Noiret, ajoutons qu'ils tombaient souvent parfaitement bien. Ce qui frappe avec ces acteurs, c'est qu'ils ne se perdent pas dans un rôle, qu'ils n'oublient pas d'être eux même, d'apporter leur phrasé, leur présence particulière, reconnaissable comme la marque d'un grand luthier. Ils abordent les personnages en les intégrant à leur palette de jeu plutôt qu'en les servant, les interprétant comme de grands solistes. Il y a un sentiment de touché chez ces comédiens, comme lorsqu'on écoute de grands musiciens classique, on reconnaît leur sensibilité à leur manière de jouer, de se fondre dans l'univers d'un compositeur en y apportant leur ressenti, leur personnalité. Noiret est de ceux-là. Il a pendant toute sa carrière conservé cette approche, depuis le TNP auprès de Jean Vilar jusqu'à ses tous derniers films.
Bien sûr il restera dans les mémoires, dans le lit d'Alexandre avec ses saucissons au-dessus de sa tête, dans la douleur vengeresse de Julien Dandieu, l'homme brisé, dans le regard tendre d'Alfredo le projectionniste, celui égaré du policier Julien Cordier après ses meurtres, dans la délicieuse irrévérence de Philippe le caressant, dans l'outrance de cet autre Philippe qui décide de se suicider en mangeant...
RESULTATS AVEC UN TITRE APPROCHANT


















