Le film étant plus récent que les deux premiers, on peut être encore plus déçu par la qualité de l'image. La présence d'un transfert 16/9 limite les dégâts en offrant une définition correcte mais impossible de ne pas émettre des grosses réserves devant une image granuleuse. La compression est tout sauf optimale et certains passages du film en souffre terriblement. La gestion du contraste est également bien aléatoire avec des scènes où l'on ne distingue presque rien. En fait, ce sont les couleurs qui s'en sortent le mieux mais elles ont bien du mal à avoir un éclat véritable devant la médiocrité du transfert.
La VO présente un remixage 5.1 convenable mais manquant singulièrement de pêche. C'est évidemment lors des scènes de combat que la présence du 5.1 se fait le plus sentir avec une présence agréable des arrières (bruits de la foule) mais sans excès malheureusement. La piste reste trop sage, le manque de dynamique nuisant au résultat final.
La VF est encore moins bien lotie avec une piste mono. Si le plaisir d'écouter le doublage familier notamment de Stallone (même si la traduction délire bien), on reste bien sûr déçu devant l'efficacité forcement amoindrie que propose le mixage monophonique.
Le film n'est disponible que dans le coffret. Cela n'excuse en rien la misère dont fait preuve le DVD. Car, côté interactivité, on est loin, très loin du premier Rocky : un menu fixe et muet particulièrement vilain et une malheureuse bande annonce en supplément (et uniquement en VO de surcroît).
Même s'il reste encore un peu de sentiments dans les rapports entre les différents personnages, tout est désormais orienté vers l'efficacité. Le couple Rocky / Adrian n'étant plus que clichés pour remplir les trous entre les différents combats et entraînements. On peut le reprocher mais ce que l'on perd en émotion, on le gagne en moments purement jouissifs avec des combats ultra spectaculaires (et tant pis si ce n'est absolument pas réaliste).
On peut aussi s'amuser à voir dans cette histoire de déchéance d'un boxeur qui se voyait trop beau et sa rédemption à force de sacrifices et de remise en cause une parabole prémonitoire de la carrière de Stallone.
Par Laurent Pécha