TF1 video
2006
Comédie Dramatique
Format 2.35 - 16/9 compatible 4/3 - Double couche
Langages : Anglais DD 5.1 - Français DD 5.1
Sous-titres : Français
Critique Image
L'oeuvre kaleidoscopique de Todd Haynes présente plusieurs ambiances marquées et distinctes qui trouvent ici une transcription idéale (quand la technique souligne les choix esthétiques). Ainsi le film s'ouvre sur un générique en Noir et Blanc, filmé en 16 millimètres, avec le grain propre à ce genre de prise de vue. On enchaîne ensuite avec le voyage du jeune Woody dans le train de marchandises. La verdeur tendre de la nature y est tout simplement somptueuse et lumineuse, On enchaîne ensuite avec la lumière plus froide et bleutée qui entoure le couple formé par Charlotte Gainsbourg et Heath Ledger. Ici c'est la composition des plans qui est mise en valeur, d'une profondeur de champ très appréciable dans les plans larges, avec une caméra parfois plus mobile et en liberté épousant la grammaire du cinéma vérité. Là encore, la lumière est rendue de façon admirable, chaque détail est sensible dans cet autre univers. Arrive ensuite le beau Noir et Blanc contrasté et fellinien qui est la marque du moment psychédélique incarné par Cate Blanchett. Chaque nuance est d'une richesse impressionnante, les contrastes sont bien étalonnés et c'est de nouveau une véritable expérience visuelle, une plongée de grande qualité dans une autre façette de Dylan. Enfin arrive Richard Gere, vieux Billy le kid qui aurait survécu, ermite dans sa cabane au fin fond d'une forêt. On retrouve les verts du début et surtout une dominante marron, une teinte terreuse jusque dans la ville en perdition que Gere parcoure. Ce qu'il y a de marquant c'est la netteté des visages, ce voyage fluide d'un univers à un autre, dominés par des traitements d'image différents qui sont tout simplement magnifiés par ce transfert à la qualité irréprochable. La définition est bonne, le master sans tâches, la compression parfaite, jamais prise en défaut. La netteté, la finesse et le piqué sont irréprochables en toutes circonstances. C'est une véritable démonstration, tant le film adopte des formes variées (traduisant esthétiquement l'effervescence artistique qui a traversé les années 60) et le DVD parvient à leur rendre justice, avec un brio impressionnant (aucun artefact, aucune trace de compression). Il s'agit véritablement d'une galette exceptionnelle, venue servir une oeuvre audacieuse, importante, atypique et unique. Ce voyage cinéphile est une symphonie pour les yeux.
Critique Son
La section est d'importance car à la qualité visuelle extraordinaire du film répond une bande originale majeure. On privilégiera les pistes en 5.1 plus dynamiques et mieux définies que leurs homologues en stereo (où les voix sont plus assourdies et les effets moins bien localisés). La présence des voix est impressionnante, le mixage les met parfaitement en avant (que ça soit en V.O ou en VF). Lorsque la musique intervient, un délicieux frisson vous parcoure. Elle est diffusée harmonieusement par tous les canaux, les satellites soulignant et relevant l'orchestration d'une manière raffinée et notable, le caisson de basse leur donnant une présence plus puissante encore, diffusant la rythmique avec discernement et délicatesse, procurant une impression de grande homogénéité. Pendant les scènes de concert, on a le sentiment d'être plongés au coeur de l'action (comme pendant le grandiose « Ballad of a thin man » ou pendant le prêche de Christian Bale et l'interprétation de « Pressing on »). Dès qu'une chanson commence, elle envahit l'espace avec une efficacité irrésistible. Le reste est à l'avenant, c'est à dire de grande qualité. On ressent la folie, le vacarme et la confusion de Jude Quinn, l'isolement de Billy le vieux cow boy, la voix off intransigeante d'Arthur Rimbaud et ses beaux aphorismes... ce que l'on ressent c'est une belle précision qui renforce la présence des personnages, la puissance des chansons, servie par une localisation et une gestion du son qui évolue avec chaque ambiance, conférant au film une identité sonore profonde qui vient appuyer sa portée picturale. La version française est de belle qualité mais le travail des acteurs ainsi que l'univers de Dylan s'apprécie davantage en version originale. Les pistes en stereo demeurent toutefois un peu en retrait, mais le mixage en 5.1 est digne d'éloges.