UNE RENCONTRE AVEC M. NIGHT SHYAMALAN
Tout sur PHENOMENES - La Critique - Photos - Le 2008-12-12 10:18:38phenomenes
Au fur et à mesure des interviews et autres entrevues avec différents artistes, on va d'émerveillement en désillusion : un mauvais créneau, un mauvais feeling, un désaccord, (...), tout et n'importe quoi peut venir contrarier une rencontre. Mais lorsque les choses se déroulent aussi bien que lors de notre interview avec le réalisateur de Sixième Sens, on ne va pas se priver pour dire ce qu'on pense ! Car elles sont beaucoup trop rares ces rencontres qui vous permettent de réévaluer un auteur ou tout simplement de percevoir ses directions et ses intentions. Et il faut reconnaître qu'à ce jeu là, Shyamalan est le champion ! Pour brouiller les pistes, il les brouille avec une facilité déconcertante, enchaînant un coup d'éclat avec un second film plutôt réussi, puis la succession d'un chef d'oeuvre et d'un coup de génie pour ensuite s'enfourner dans une série de films plus ou moins abordables toujours à la limite du grand public et de l'auteurisme. D'ailleurs, son dernier, Phénomènes, ne déroge pas à la règle puisqu'il s'empare du public avec une force rassurante dans une première partie fracassante pour ensuite déconcerter avec un second acte écolo et à la limite de l'enfantillage... Alors quand on a la chance de pouvoir s'entretenir avec l'auteur en question et que celui-ci se montre d'une lucidité implacable, on y va de bon coeur ! L'intérêt de ce texte est donc, pour une fois, de ne pas retranscrire l'échange (dont vous pourrez retrouver quelques extraits en vidéo) mais plutôt d'évoquer le personnage de Shyamalan qui, le temps d'une conférence pour une poignée de journalistes puis d'une entrevue individuelle, se sera révélé être beaucoup plus sincère et humain que ce qu'indique l'étiquette du "petit génie arrogant et sûr de lui" que l'on pourrait un peu trop facilement lui coller.
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Première remarque que l'on pourrait émettre et dont les amateurs hardcores du cinéaste auront certainement déjà la réponse : pourquoi Philadelphie? Cette question n'a même pas été posée que le réalisateur, lui-même, s'empresse de justifier qu'il habite là, qu'il a une famille et que si on veut discuter de ses films, il faut venir le voir ! Il ajoutera même par la suite qu'il évite au maximum de trop avoir à bouger et qu'il fait son possible pour être le plus proche de ses enfants. D'ailleurs, il enchaîne sur le fait que Philadelphie est la ville qui l'a accueilli, lui et sa famille, après leur départ de l'Inde et que ses racines sont maintenant dans les fondations même de la cité. C'est pour cela aussi que l'ensemble de ses métrages sont réalisés dans la région, ses scénarios étant écrits d'après les lieux qu'il connaît, qu'il fréquente et ses propres repères. Et lorsqu'on l'interroge sur les villes qu'il l'intéresserait, il s'empresse de signaler l'importance des lieux où l'échelle humaine est respectée, une ville comme Philadelphie étant incontestablement plus modeste et socialement plus habitable que la démesure géographique d'un Los Angeles ou la mégalomanie et la surabondance culturelle d'un New York... Troublante introduction de la part d'un type ultra décontracté, en jeans troué comme à la maison et qui va passer plus de temps à délirer qu'à réellement se prendre au sérieux. Car, avec une légèreté agréable et une désinvolture amusante, Shyamalan va revenir sur chacun de ses travaux, riant lui-même de certaines faiblesses mais surtout prouvant une très jolie chose : alors qu'on le pensait logé sur sa tour d'ivoire, le metteur en scène courtisé du tout Hollywood est en perpétuelle remise en question !
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