
Pour commencer à apporter un début de réponse à cette question, nous nous intéresserons ainsi à l'une des valeurs les plus fréquentes de ce geste, c'est à dire quand il est utilisé en tant que vecteur d'une idée de véracité historique.
la liste de schindler
L'HORREUR DE LA GUERRE
Nous l'avons dit, le meurtre d'un enfant est donc un geste fondamentalement horrible et, pour cette raison, l'un des genres cinématographiques dans lequel nous en trouverons le plus souvent des exemples est sans conteste celui des films de guerre. Une autre horreur que l'espèce humaine a poussé au fil des siècles de plus en plus loin dans la sophistication malsaine et les conséquences dramatiques, faisant d'elle -à juste titre- une sorte de monstre traumatisant et dévoreur de destins. Un discours que l'on retrouve donc régulièrement dans les films de guerre, beaucoup d'entre eux étant réalisés dans le but de se confronter à cet Enfer qui hante l'humanité depuis son apparition, de nous rappeler à quel point les choses peuvent basculer dans le chaos. Un devoir de mémoire nécessaire, salutaire malgré les débordements qu'il peut rencontrer (pauvre Guy Môquet). Et dans ce besoin de rendre leur discours le plus percutant possible, les cinéastes ont alors parfois recours à la transgression de tabous pour nous y faire réagir d'autant plus vivement. Montrer l'horreur pour mieux la dénoncer. Cela peut-être Charlie Sheen s'acharnant à coups de crosse sur un handicapé, comme dans Platoon, ou bien être donc la mort d'un enfant innocent. Mais il faut ajouter à cela que, en plus d'interpeler viscéralement le spectateur, cette pratique a aussi l'avantage d'offrir un sentiment de réalisme, de véracité indispensable pour que le message d'avertissement ne puisse être remis en cause. C'est bête à dire, mais plus on nous présente le passé sans ambages et plus il nous semble véridique, ce qui tient peut-être à l'idée que nous nous en faisons (difficile d'imaginer que l'on rigolait beaucoup durant ces sombres époques) ou bien à celle selon laquelle un discours sans concession est bien plus sincère et donc plus proche de la vérité.
johnrambo
Après, si la volonté reste toujours dans son ensemble la même, les façons de faire varient grandement entre les artistes selon leur sensibilité propre, entre évocation qui vous hante et démonstration choquante. Un clivage primordial quand il s'agit d'aborder une chose que l'on évite d'ordinaire, trouvant dans les films de guerre des exemples diamétralement opposés. Ainsi, nous en restons généralement à une simple suggestion de cet acte odieux en ne montrant dans le champ que son résultat, comme ce peut être le cas par exemple dans Stalingrad avec le jeune garçon pendu à un réverbère par Ed Harris. Plus évocateur encore, le magnifique La Liste de Schindler de Steven Spielberg dans lequel l'ellipse faite sur la mort de la fillette au manteau rouge rend l'événement encore plus marquant, joue sur une profonde prise de conscience du spectateur à l'image de celle expérimentée par le personnage qu'interprète Liam Neeson. Une pudeur allant totalement à contre-courant de la politique dite de "l'électrochoc", qui va elle nous révéler le drame dans tout ce qu'il a de plus cru, de plus ignoble. Plus rare car faisant souvent écoper le film d'une classification qui en réduit le public et donc la portée de son message, cette technique flirte de plus avec une espèce de voyeurisme qui peut en rebuter moralement certains par-delà le "simple" fait de les choquer. Pourtant, il est indéniable que montrer en plein champ le meurtre violent d'un enfant contribue grandement à dépeindre l'horreur d'un conflit, d'un carnage. Nous en avons d'ailleurs un exemple parfait avec le récent John Rambo où Sylvester Stallone, pour éveiller les consciences au conflit qui ravage depuis des années la Birmanie, n'hésite pas à aller très loin dans la violence. Quitte à montrer en gros plan un enfant se faire poignarder par une baïonnette ou bien un bébé être jeté au feu, entre autres.
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LES MORTS D'ENFANTS AU CINE - PARTIE 2Seconde partie de notre dossier sur les morts d'enfants au cinéma, un geste qui ... | ||
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LES MORTS D'ENFANTS AU CINE - PARTIE 2

































