SHYAMALAN : CONTES ET LEGENDES...
Tout sur PHENOMENES - La Critique - Photos - Le 2008-06-16 02:46:34SIXIEME SENS (REPOSEZ EN PAIX)
Avant la déferlante mondiale d'histoires de fantômes chinois et nippons, M.Night Shyamalan avait déjà imaginé un scénario d'une malice incommensurable durant lequel le spectateur, flippé jusqu'à l'os, se faisait mener en bateau au gré d'une astuce de scénario digne des meilleurs suspenses d'Hitchock. Bruce Willis est mort... Certes. Mais qu'en est-il du film au-delà de ce dénouement ? Sixième sens, récit soeur d'Edgar Poe, nous mène aux confins de nos premières peurs : celles de la mort et de sa suite. Véritable thriller surnaturel, mené de main de maître par un conteur disséminant par petites gouttes quelques indices pour cerner l'arrivée finale, le film de Shyamalan a pour première qualité de ne pas multiplier les effets et porter notre frayeur vers des hauteurs que ce ballon rouge symbolise lors de la séquence de l'escalier. Pour une première lancée dans le monde de l'entertainement hollywoodien, le cinéaste parvient à allier l'exigence d'un film d'auteur à la tension d'un pur film d'horreur. D'une incroyable efficacité dans sa mise en scène, le cinéaste parvient surtout à élaborer un récit horrifique et fantastique comme rarement on avait pu en voir au cinéma. Etablissant un lien évident avec des auteurs britanniques maîtres du surnaturel et de l'imaginaire, Shyamalan se présente alors comme le digne successeur d'une lignée de grands créateurs d'ambiance, privilégiant le malaise psychologique à la peur explicite. On se rapproche bien plus d'un drame familial (sublime séquence avec Toni Colette où elle comprend que son fils est en contact avec sa propre mère) où les personnages, complexes et torturés, construisent une subtile relation décrivant nos rapports profonds avec la vie et la mort. D'une grande puissance hypnotique, le premier récit imaginaire de Shyamalan s'apparente aux contes asiatiques où les morts se mélangent aux vivants et où la paix ne peut se trouver que dans la révélation de la vérité... S'inspirant néanmoins d'une ésthétique classique, empruntant quelques effets de mise en scène au cinéma d'Alfred Hitchcock ou Jack Clayton (Les innocents), Sixième sens est une première réussite indéniable annonçant intelligemment le chemin qu'empruntera son auteur.
INCASSABLE (FRAGILE)
Précurseur, Shyamalan ? Sûrement... Difficile en effet de ne pas reconnaître à Incassable les multiples qualités que nous recherchons désormais dans tout bon film de super-héros. Car avant Spider-man, Iron man, Batman et autres « man », « Lan » avait quant à lui d'ores et déjà compris que tout bon super-héros ne l'était que si ses faiblesses étaient mises en exergue. Construit à la manière d'un vrai comics (avec flashbacks temporels pour raconter l'enfance du héros), Incassable est une plongée dans les profondeurs insondables de la limite entre le bien et le mal. Ainsi, alors qu'il se posait la question de savoir ce qu'il advenait de notre esprit et notre corps après la mort, le cinéaste tente désormais de trouver la réponse à une autre question : comment trouver sa place dans ce monde malgré nos différences ? Après la mort, la vie. Et que pouvons-nous apprendre de celle-ci lorsqu'elle ne nous confronte jamais à la douleur ? Ou au contraire, quand elle ne nous offre que souffrance... Construisant son film sur l'illustre schéma du bon et du méchant, Shyamalan conçoit deux entités opposées qui, malgré tout, se réunissent inéluctablement. Incassable est ainsi une fantastique déconstruction de la figure du héros américain, de la figure inébranlable passant ici à la moulinette de la conscience. Le super-héros présenté ici, véritable force de la nature aux pouvoirs divins, est avant tout un être humain ne sachant quoi faire de sa puissance... Il devient donc, sous ses airs de statue de marbre, l'être le plus incapable de la planête, paralysé par tant de responsabilités.
Ce type de récit sur les super-héros, que nous avons pu également apercevoir chez Nolan dans Batman Begins ou Raimi dans Spider-Man 2, est un profond questionnement sur la différence et ce qui peut naître de cette discordance avec le reste de l'humanité. Au final, Shyamalan ne raconte pas la solitude d'un être surhumain mais établit sans détours une métaphore sur l'espèce qui est la nôtre et qui, au final, ne restera à jamais qu'une somme d'individualités isolées... Une fois de plus, le cinéaste s'inspire d'un imaginaire collectif, plus américain cette fois-ci, et le travaille jusqu'à en faire un thème strictement personnel et obessionnel. Incassable où la déchéance du super-héros...
[p1] [p2]
![]() | ||
|
SCAN SEQUENCE : LE VILLAGE Cette semaine sort dans nos salles le dernier film fantastique de M.Night Shy... | LES PHENOMENES DE M. NIGHT SHYAMALANA défaut de posséder l’envergure des précédents longs métrages de M. Night Sh... | |
![]() | |||||
| |||||
| |||||







LES PHENOMENES DE M. NIGHT SHYAMALAN
























