
La guerre est donc un vecteur idéal pour générer de telles images, elle que l'on définit souvent comme une tueuse de l'innocence nous ayant tous un jour au moins habité. Et il s'agit souvent de cela dans la mort d'un enfant, cette innocence tuée dans l'oeuf par un monde qui n'en a que faire, gouverné par des impératifs égoïstes et dangereux. Le monde des adultes, celui-là même par exemple qui finit par rattraper la petite Ofelia dans Le Labyrinthe de Pan (enfin, cela dépend de comment on interprète les dernières images du film) et qui a déjà tant fait de jeunes victimes. Mais si le film de Guillermo del Toro dévoilait cette dualité entre deux mondes qui ne peuvent se comprendre au travers d'un postulat merveilleux, fantastique, généralement un tel constat se fait dans un contexte plus réaliste. De la même façon que les films cités plus haut, qui veulent révéler l'horreur de la guerre dans toute sa cruelle vérité, nombreux sont donc les longs-métrages qui portent sur notre monde un regard amer, lucide sur la violence qui y règne et n'épargne personne. Mais si cette violence débouche souvent sur la mort de l'enfant, comme on peut le voir dans Il était une fois dans l'ouest ou bien Funny Games, elle peut aussi parfois se montrer plus insidieuse et pervertir cette jeunesse avant de lui porter le coup fatal.
panslabyrinthint
Sans parler donc des longs-métrages où les enfants sont de véritables menaces, que nous verrons dans la seconde partie de ce dossier, on peut noter que la faculté des jeunes à reproduire le comportement de leurs aînés a parfois des conséquences dramatiques, surtout quand ils vivent dans un environnement fait de violence. La vie peut ainsi être une véritable jungle où seule la loi du plus fort prévaut, et les enfants de céder alors à l'influence néfaste de modèles attrayants, qui donnent l'impression d'avoir une vie aisée tout en se faisant respecter. Par la violence, par le crime. Les gamins de films comme Il était une fois en Amérique, La Cité de Dieu ou bien encore Hostel - Chapitre 2 n'ont alors peut-être plus rien de gentils petits anges, mais il n'en demeure pas moins qu'ils sont encore des victimes engendrées par la société dans laquelle ils vivent. Et s'ils sont de vrais petits caïds à leur façon, ils restent cependant des enfants ne pouvant que difficilement rivaliser avec des adultes, bien plus forts, déjà pourris jusqu'à l'os et n'ayant aucune hésitation à se débarrasser de la jeune relève, surtout si celle-ci a les dents longues.
once upon a time in america
Encore une fois, montrer la mort d'un enfant est donc symptomatique d'une volonté d'établir un constat sur un lieu, une époque, un événement, tout en s'attachant à une sorte de garantie de véracité qui n'en rend le message que plus efficace. Mais nous verrons dans la seconde partie du dossier que ce geste peut aussi avoir nombre d'autres significations et utilités, d'autant plus à partir du moment où nous nous intéressons au camp de ceux qui commettent l'acte de tuer un enfant.
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