Il s'agit de la meilleure image de Mad Max qu'on ait pu voir à ce jour (en attendant l'édition zone 1 de janvier 2002). Le master 16/9 à l'épatante luminosité propose une définition solide à défaut d'être bluffante. Concernant la granulation et les défauts de pellicule, cela va du très bon au mauvais mais le découpage ultra cut de George Miller permet de ne pas trop s'attarder sur les plans abîmés ou bruités qui parsèment le film à intervalles réguliers. En tout cas, en terme d'encodage et de compression, on a vu bien moins performant et ce sur des films beaucoup plus récents.
Saluons la présence de la piste originale en anglais australien qui permet enfin d'écouter Mel Gibson avec sa vraie voix et non ses doubleurs anglais ou français certes sympathiques mais forcement moins fidèles. La piste australienne bénéficie de plus d'un mixage mieux réparti où les voix sont plus audibles. Toutefois, toutes les pistes souffrent d'un mono peu dynamique et de dialogues souvent trop étouffés. Il y a ainsi un décalage entre la force et l'impact des images et une bande son étriquée.
A signaler à la 36' 24, une phrase inaudible sur la version australienne contrairement aux autres versions.
Pour avoir des suppléments, il faudra attendre janvier et l'édition spéciale zone 1. En effet, le seul bonus (façon de parler) est la présence de la piste d'origine en anglais australien. Pour le reste, il faut se contenter d'un menu fixe mais musical.
Censuré et montré du doigt par ceux qui (encore et toujours) s'offensaient que le cinéma soit capable de montrer un tel spectacle de violence (finalement plus souvent hors champ que le laisse croire la sulfureuse renommée du film), Mad Max est à l'image des longues routes désertes et infinies que son héros arpente à bord de son bolide fou : un film d'une simplicité et d'une linéarité déconcertante qui atteint implacablement son point de non retour par la seule présence d'une mise en scène et d'un montage époustouflants (les poursuites en voitures et notamment celle qui ouvre le récit possèdent toujours une efficacité redoutable).
Si le thème du justicier solitaire (interprété ici par un charismatique Mel Gibson) a souvent été représenté au cinéma, rarement il n'aura été exploité de manière aussi sombre et désespérée. Mad Max fait partie de cette race de films qui empreignent durablement vos rétines pour vous hanter à jamais.
Un choc infini ! Un film coup de poing ! Une date dans l'histoire du cinéma !
Par Laurent Pécha