Précédemment sorti dans la collection "classique" du même éditeur, Le jour se lève n'a malheureusement pas été restauré. Le master est endommagé et granuleux, mais bénéficie d'une définition correcte en raison d'une compression plus qu'acceptable. Les contrastes sont bien appuyés mais il faut bien reconnaître qu'un tel film méritait bien mieux et l'on ne peut que souhaiter une prochaine restauration à l'image du film.
Le mixage mono (224 Kpbs) n'est pas non plus de première jeunesse. Les dialogues sont étouffés et accusent une mauvaise saturation dans les scènes de cris ou bruyantes. Les dialogues de Prévert méritent indéniablement un meilleur traitement.
Cette édition perd la quasi-totalité de ses bonus et ne subsistent que les filmographies de Carné, Gabin, Jules Berry et de Arletty ainsi que la bande annonce du film. Adieu donc affiches, interview de Gabin et de Alexandre Trauner.
Dans un immeuble, un coup de feu, un corps roule dans l'escalier. L'assassin, François, pendant que la police se déploie, attendant l'aube pour donner l'assaut, revit les circonstances qui l'ont amené à ce crime.
Quatrième collaboration de Marcel Carné et de Jacques Prévert, Le jour se lève connu non seulement les foudres de la censure mais rencontra également nombreux soucis de distribution sous le régime de Vichy (le film fut interdit plusieurs années, jugé trop démoralisant). Aujourd'hui, ce chef d'oeuvre n'a pas pris une ride et garde un charme indescriptible. Marcel Carné, qui fut l'un des premiers réalisateurs français à utiliser les flashbacks, non content de développer une nouvelle grammaire cinématographique offre à Gabin un rôle taillé sur mesure auquel il apporte gravité et puissance dramatique. Mais ce film ne serait pas ce qu'il est sans les magnifiques dialogues de Prévert qui y va de son petit clin d'oeil à Jeanson ("Hotel du Nord") en faisant dire à Arletty : "des souvenirs, des souvenirs, est-ce que j'ai une gueule à faire l'amour avec des souvenirs".
Un chef d'oeuvre de notre patrimoine qui mérite une place de choix dans notre Dvdthèque.
Par Pascal Faber