Warner a décidé de remettre à l'honneur les classiques de son catalogue et l'éditeur y met les formes. Il fait revivre le cinémascope tant aimé par Minnelli en nous livrant des couleurs vives et chatoyantes, une colorimétrie renforcée par des contrastes remarquablement profonds. La compression n'est pas en reste et malgré quelques très légers artéfacts, elle accuse une fluidité de premier choix.
Le mixage mono d'origine, tout en manquant par moments de dynamique, parvient à tenir la dragée haute au méticuleux travail effectué sur l'image. Les dialogues demeurent des plus clairs et ne se laissent jamais étouffer par les différentes ambiances.
Aucun bonus.
De retour à Parkman dans l'Illinois, sa ville natale, après 16 ans d'absence, Dave Hirsh souffre de retrouver le milieu familial de son frère, le plus important joaillier de la ville, qui fut si dur pour lui, jeune orphelin. Froide et indifférente, sa belle-soeur redoute le comportement original de Dave.
Abîmé par la censure de l'époque, Comme un torrent ne fait malheureusement pas partie des meilleurs films de Minnelli, mais même le moins bon film du réalisateur mérite que l'on s'y attarde. C'est avec une habilité déconcertante et un sens du visuel envoûtant qu'il filme la mise en abîme de ses personnages (distribution en tous points irréprochable). Avec pas moins de cinq nominations aux Oscars, dont une amplement méritée pour la superbe Shirley MacLaine, cette adaptation du roman de James Jones s'attarde plus sur la quête d'un avenir meilleur des principaux personnages que sur une trame à multiples rebondissements. On les suit dans leur souffrance, dans leur douleur et dans leur espoir au travers d'une mise en scène signée de mains de maître.
Par Benjamin Bach