Si l'on excepte quelques pétouilles de compression dans la première bobine, le DVD accuse d'un transfert des plus convaincant, soignant une copie qui n'a rien d'exceptionnelle mais qui répond aux exigences. Ainsi, la photographie aux filtres discrets soulignant la période 70's du film bénéficie des meilleurs égards. La pauvreté du disque est, pour le coup, un sérieux atout.
Aussi étrange qu'il puisse paraître, la seule piste Dolby Digital 5.1 proposée ici est française, laissant la version originale avec une simple stéréo 2.0. Pas une vraie perte en soit néanmoins, puisque l'essentiel de l'univers sonore se cantonnera sur les canaux avant avec une ouverture à peu près équivalente.
Des bonus très pauvres puisque seules les bandes-annonces de l'éditeur sont proposées.
N'ayant jamais eu le privilège de sortir en salles chez nous, Vengeance Intime est le titre remanié des Amants éternels. Réalisé il y a désormais huit ans par Paul Schrader, le film est pourtant loin de l'aspect thriller que l'on essaye ici de nous vendre (titre clinquant, visuel de polar américain) puisqu'il tend allègrement vers la romance dramatique, en réadaptant à la sauce tragédie grecque les thèmes de Madame Bovary, la fameuse oeuvre de Flaubert qu'il n'hésite pas à citer grassement à de nombreuses reprises. Les situations d'insertions sociales, de différences d'âge et de triangles amoureux ayant été soigneusement inversés pour l'occasion.
Si l'on évite agréablement le thriller "vengeance" de rigueur si putassier, le film s'encombre pourtant de quelques casseroles qui l'handicapent sérieusement. Lent, prévisible, et flirtant avec le grotesque dans une seconde partie qui cherche à se prendre pour un Scarface du pauvre, Schrader nourrit gloutonnement une insignifiance propre aux téléfilms du genre. Seul le coeur du propos tient encore la route, à savoir cette jolie histoire d'amour qui ne se montre jamais geignarde. Un bon point qui n'élève qu'à peine le reste. Dispensable...
Par Christian Lethocini