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tom hanks (9 Juillet 1956 - )
Tom Hanks est devenu en quelques années l'un des acteurs les plus bankable de toute l'histoire du cinéma. Reconnu pour la profondeur de son jeu et pour l'humanité qu'il insuffle à ses personnages, Tom Hanks a su conquérir durablement le cœur du public et gagner l'estime inconditionnelle de la critique à travers un registre accessible mais diversifié. Il revient cette année dans l'une des productions les plus attendues de cette année : Da Vinci Code, de Ron Howard, adapté du célèbre roman éponyme de Dan Brown.
Retour sur le parcours de l'un des comédiens les plus étonnants et éclectiques d'Hollywood.
DA VINCI CODE
Des débuts prometteurs
Né en 1956 à Concord, Californie, Tom Hanks (Thomas J. Hanks) passe le plus clair de son enfance à Oakland, au sein d'une famille recomposée de classe moyenne. C'est au cours de ses études à l'Université d'Etat de Sacramento qu'il se découvre une passion pour le théâtre, à tel point qu'il n'hésite pas à se rendre à Cleveland pour suivre des stages au Great Lakes Theater Festival. Après divers petits jobs, Hanks part en 1978 pour New York afin de consolider son expérience théâtrale. Parallèlement, il fait quelques apparitions dans des productions télévisées avant de faire ses débuts sur le grand écran en 1980 dans un slasher, Noces Sanglantes (Armand Mastroianni). A l'époque, son cachet s'élève à la modeste somme de 800 dollars - la situation a bien changé depuis. Ces premiers pas au cinéma sont loin d'être fracassants et ne lui permettent pas encore de s'imposer. L'acteur débutant continue de multiplier les petits rôles à la télévision.
La série Bosom Buddies lui permet cependant d'être remarqué par le réalisateur Ron Howard qui lui confie en 1984 le premier rôle de son nouveau long métrage de l'époque : Splash. Charmante histoire d'amour entre une sirène (Daryl Hannah) et un humain (Tom Hanks), Splash est incontestablement un succès mais ne fait pas encore du comédien une valeur sûre du box-office. Il lui faudra encore encaisser quelques bides artistiques et commerciaux avant d'atterrir en 1988 sur le tournage de Big, de Penny Marshall, une comédie d'une fraîcheur indémodable racontant l'histoire d'un petit garçon qui se réveille un beau matin en adulte, après avoir fait le vœu d'être grand devant un diable mécanique dans un fête foraine. Un premier succès personnel pour l'acteur, qui devient soudainement la coqueluche du public et peut ainsi prétendre à des projets plus ambitieux.
SPLASH (1984) / BIG (1988)
C'est dans Joe contre le volcan, long métrage de John Patrick Shanley produit par Steven Spielberg, que Tom Hanks partage pour la première fois la vedette avec Meg Ryan. Si le film ne marche pas au box-office, la rencontre du guy next door et de la girl next door deviendra par la suite emblématique de la comédie romantique des années 90, un genre renouvelé par le Quand Harry rencontre Sally de Rob Reiner, film qui révélait justement Meg Ryan. On reverra le sympathique couple Hanks / Ryan dans deux longs métrages de Nora Ephron, à commencer par Nuit Blanche à Seattle, un joli film formaté mais qui bénéficie d'une réalisation soignée, d'un humour enlevé et bien sûr d'une grande qualité d'interprétation. Tom Hanks et Meg Ryan se retrouveront en 1998 dans Vous avez un message, remake inavoué de The Shop Around the Corner de Ernst Lubitsch. Ces films romantiques ont valu à Tom Hanks de devenir l'un des acteurs les plus populaires auprès du public, friand de comédies romantiques rassurantes glorifiant les valeurs familiales.
NUITS BLANCHES A SEATTLE (1992)
L'ascension vertigineuse
Entre temps, Tom Hanks manifeste clairement la volonté de se démarquer de l'étiquette de gentil garçon qui commence à lui coller à la peau. Après quelques films plus mineurs - Le Bûcher des Vanités (1990), flop artistique et commercial de Brian De Palma, Une Equipe Hors du Commun (1992), dans lequel il retravaille sous la direction de Penny Marshall - il fait en 1993 la rencontre artistique tant attendue en tournant sous la direction de Jonathan Demme dans Philadelphia. Aux côtés de Denzel Washington, l'acteur surprend et bouleverse dans ce rôle tragique d'avocat homosexuel atteint du sida. Si le thème a été repris plus franchement depuis, le film secoue à l'époque des tabous en abordant la maladie mais aussi les discriminations endurées par ceux qui en sont atteints. Un registre inattendu pour un acteur jusqu'ici associé à des thématiques plus rassembleuses et un oscar amplement mérité pour une prestation extraordinaire.
FORREST GUMP (1994), Tom Hanks et Robin Wright Penn
Sur sa lancée, Tom Hanks s'impose deux ans plus tard un nouveau challenge avec Forrest Gump, sa première collaboration avec le réalisateur Robert Zemeckis, qu'il retrouvera à plusieurs reprises dans les années qui suivront (Seul au monde, Le Pôle Express). Forrest Gump met en scène un homme simple d'esprit qui possède à bien des égards plus de sagesse que la moyenne et qui entreprend une véritable traversée des Etats-Unis à travers l'espace et à travers le temps. Pour crédibiliser le récit, le film intègre avec humour le personnage sur des vidéos d'époque, en compagnie de personnalités historiques et politiques qui ont marqué les années 1940 à 90. Il n'y a rien de honteux à avoir versé sa petite larme devant ce conte philosophique certes un peu académique mais très touchant. Tom Hanks brille une fois de plus dans un rôle qui semble avoir été fait sur mesure puisqu'il lui permet d'allier la profondeur de son jeu avec l'air enfantin qui a fait son succès. Forrest Gump lui vaut aussi d'être l'un des rares comédiens à accomplir l'exploit d'être récompensé deux années de suite de l'Oscar du Meilleur Acteur.
THAT THING YOU DO (1996)
Philadelphia et Forrest Gump ont fait de Tom Hanks l'un des comédiens les plus acclamés par la critique et l'un des plus courtisés par les producteurs. L'année 1995 lui permet de confirmer sa cote auprès du public à travers le blockbuster Apollo 13, seconde collaboration avec le réalisateur Ron Howard qui lui confie cette fois le rôle du célèbre astronaute Jim Lovell. Soutenu par un casting prestigieux, Apollo 13 relève du thriller de science fiction efficace qui, à défaut d'être mémorable, entretient une réelle tension. La même année, Tom Hanks prouve qu'il n'a pas mis de côté sa fantaisie en prêtant sa voix au sheriff Woody dans Toy Story, célèbre film d'animation 3D de John Lasseter. L'acteur reprendra le rôle quelques années plus tard dans Toy Story 2.
Si à ce stade Tom Hanks semble avoir acquis un statut solide dans le monde du cinéma, il n'abandonne pas pour autant l'univers dans lequel il a fait ses débuts : celui de la série télévisée, qui lui permet enfin de s'essayer à la réalisation. C'est ainsi qu'il met en scène en 1992 un épisode des Contes de la Cryptes, None but the lonely heart, une expérience qu'il réitèrera sur d'autres séries (Une équipe hors du commun, Fallen Angels). En 1996, l'acteur se risque enfin à réaliser un long métrage au cinéma, That thing you do, dans lequel le remplaçant d'un batteur de groupe de rock va propulser celui-ci au sommet. L'acteur / réalisateur est soutenu par un casting de choix : on retrouve ainsi Liv Tyler (elle-même fille d'un musicien), le chanteur Chris Isaak et le réalisateur Jonathan Demme.
IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN (1998)
A la fin des années 90, Tom Hanks a déjà été dirigé par plusieurs grands réalisateurs produisant des films populaires de qualité (Ron Howard, Robert Zemeckis). Pour l'imposer définitivement comme une figure incontournable du cinéma hollywoodien, il manque peut-être encore un nom à son curriculum vitae, celui de Steven Spielberg. Une rencontre qui devait bien finir par se produire. En réalité, les deux artistes s'étaient déjà croisés à l'occasion de Joe contre le Volcan, dont Spielberg était le producteur exécutif. Mais jamais Tom Hanks n'avait été dirigé par l'illustre metteur en scène. C'est chose faite en 1998 avec le monumental Il faut sauver le soldat Ryan. Lauréat de cinq oscars, dont celui du meilleur réalisateur, Il faut sauver le soldat Ryan révolutionne le genre du film de guerre en nous plongeant véritablement au cœur des batailles. A la fois viscérale et poignante, l'œuvre retranscrit avec une violence et un réalisme saisissants l'expérience d'un groupe de soldats américains en plein débarquement de Normandie. S'il n'obtient pas l'oscar, Tom Hanks se voit remettre en 1999 le Distinguished Public Service Award, décoration civile de la Navy. L'année d'après, le comédien se montre toujours motivé par les projets à message humaniste à travers La Ligne Verte (Frank Darabont), film fantastique adapté d'un roman de Stephen King.
Tom Hanks, acteur emblématique du divertissement haut de gamme
A l'aube du nouveau millénaire, Tom Hanks est bel et bien devenu incontournable. Le comédien enchaîne des projets de qualité remarquable dont il prend de plus en plus le contrôle. Il s'associe à nouveau avec le réalisateur Robert Zemeckis en produisant et interprétant Seul au monde, un challenge de taille pour les deux artistes. Le caractère très dépouillé de l'œuvre représente un véritable défi pour le comédien, qui porte littéralement le film sur ses épaules : il est seul sur la plupart des plans et n'a que très peu de dialogues sur lesquels s'appuyer. Seul au monde est aussi un défi aussi pour Zemeckis qui prend le risque de définir comme enjeu principal la survie d'un homme sur une île déserte, sans aucun recours à des menaces génératrices de suspense. Du cinéma hollywoodien comme on aimerait en voir plus souvent, qui frappe fort avec peu d'effets. Parallèlement, Tom Hanks continue d'œuvrer dans l'univers de la série télévisée, souvent source d'innovation aux Etats-Unis en matière de narration et de réalisation, à travers Frères d'armes (aka Band of Brothers), excellente série de dix épisodes qui nous immerge dans la Seconde Guerre Mondiale. Producteur exécutif du projet, Tom Hanks en est aussi l'un des initiateurs et réalise le cinquième épisode, La Croisée des Chemins.
LES SENTIERS DE LA PERDITION (2001), Tom Hanks et Tyler Hoechlin
L'année 2002 se révèle elle aussi être un bon cru pour Tom Hanks. Les Sentiers de la Perdition, de Sam Mendes (American Beauty), lui permet d'explorer un registre nouveau à travers un rôle plus sombre que ceux auxquels il nous avait habitués. Artistiquement d'une grande classe (la direction de la photographie de Conrad L. Hall est sublime), ce film noir explore dans l'ambiance des années 30 le thème de la paternité à travers trois générations d'hommes, incarnées par Paul Newman, Tom Hanks et le jeune Tyler Hoechlin. Le duo formé par ces deux derniers constitue l'un des éléments les plus touchants d'un film qui brille par ailleurs plus d'une fois par des scènes d'action très maîtrisées. La même année, Tom Hanks retrouve Steven Spielberg en endossant le rôle de l'agent du FBI lancé à la poursuite du célèbre escroc Frank Abagnale Jr. dans Arrête-moi si tu peux, rôle qui le plonge cette fois au cœur de l'Amérique des années 60. L'occasion aussi d'assister à une confrontation intéressante entre Tom Hanks et un autre comédien très doué, Leonardo Di Caprio. Tom Hanks retrouvera l'année d'après le réalisateur Steven Spielberg pour une troisième collaboration, Le Terminal, une comédie nettement plus mineure mais néanmoins sympathique.
ARRETE-MOI SI TU PEUX (2002), Tom Hanks avec Steven Spielberg et Leonardo Di Caprio
LADYKILLERS (2003)
Si Tom Hanks a jusqu'ici orienté sa carrière vers un registre ciblant un large public, il a acquis un tel statut à Hollywood qu'il peut tout se permettre, y compris un détour par un cinéma plus underground. Et son film se vautre au box-office, son image n'en souffre pas. C'est ce qui se produit avec Ladykillers, remake de Tueurs de Dames (Alexander Mackendrick) par les frères Coen, lesquels lui confient le rôle du chef d'un gang de bandits qui s'installent dans la cave de la maison d'une vieille dame pour préparer le casse du siècle. Avec l'humour mordant qui caractérise les films des frères Coen, Ladykillers accumule les gags et les clins d'œil ironiques et fait passer un bon moment de franche rigolade. Beaucoup moins drôle est la dernière collaboration en date de Tom Hanks avec Robert Zemeckis, Le Pôle Express, fable de Noël ridicule véhiculant une morale contestable. Le Pôle Express montre toutefois la bonne volonté de l'acteur / producteur d'expérimenter des concepts nouveaux, ici l'utilisation à l'extrême du motion capture. Commercialement au moins, le film est un succès aux Etats-Unis. Artistiquement, on le perçoit comme une petite erreur de parcours pardonnable pour Tom Hanks et pour Zemeckis.
DA VINCI CODE (2006), Tom Hanks et Audrey Tautou
Lorsque l'on adapte une œuvre phénomène telle que Da Vinci Code, qui compte déjà plus de 40 millions de lecteurs à travers le monde, il y a intérêt à bien choisir ses collaborateurs. Après avoir considéré de nombreuses têtes d'affiches telles que George Clooney, Russell Crowe ou encore Hugh Jackman, Ron Howard s'en remet à Tom Hanks pour donner vie à Robert Langdon. Après Big et Apollo 13, cette grosse production marque la troisième collaboration entre Hanks et Howard, une association qui s'est jusqu'ici avérée être de bon augure. Da Vinci Code ouvre cette année le festival de Cannes et arrive sur nos écrans le 17 mai 2006.
Tom Hanks devrait aussi tenir le haut de l'affiche dans le prochain film de Lawrence Kasdan, The Risk Pool, et partager la vedette avec Julia Roberts dans Charlie Wilson's War, de Mike Nichols.
La grande force de Tom Hanks est d'avoir su acquérir une reconnaissance à la fois publique et critique et de l'avoir fait sur la durée, à travers des projets judicieusement choisis dans des registres très variés. Egal à lui-même, toujours entouré de bons (et fidèles) collaborateurs, faisant toujours preuve d'une vraie générosité dans son interprétation, il est de ces rares comédiens qui parviennent encore à étonner alors même que l'on attend toujours d'eux une prestation irréprochable.



















