Avant tout, bravo aux Editions Montparnasse pour avoir eu l'initiative de sortir ce formidable film. Initiative d'autant plus salutaire que le film n'existe pas en zone 1.
L'encodage du DVD est parfait. Autant le technicolor utilisé pour L'homme tranquille a souffert lors du pressage, autant celui de Johnny Guitare est restitué à la perfection. Les couleurs sont saisissantes.
Le bémol, c'est la qualité de la copie proposée : elle est particulièrement abîmée et nécessiterait par exemple que Martin Scorsese, grand admirateur du film, se penche dessus et déclenche une restauration dans la lignée de celle effectuée pour Vertigo.
Pour une fois, c'est la version originale qui est inférieure à son homologue française. Elle est un peu abîmée (souffle, nombreux parasites) contrairement à la version française, en tout point exemplaire.
Comme les autres titres de la collection (l'Homme tranquille, Iwo Jima,...), le strict minimum est offert. C'est à dire, un chapitrage des scènes.
L'avantage : le prix proposé par l'éditeur est l'un des moins chers du marché (150 francs environ)..
Johnny (Sterling Heyden) est un cowboy atypique, il n'a pas d'armes et voyage uniquement avec une guitare. Il arrive dans un étrange saloon perdu au milieu de nulle part pour proposer ses services de musicien. La patronne, Vienna (Joan Crawford), est un ancien amour. En présence de Johnny, elle doit faire face à l'hostilité des habitants qui l'accuse d'abriter une bande de hors-la-loi.
Un western déroutant
Loin des standards habituels, Johnny Guitare s'est imposé au fil du temps comme un classique du genre. Il est vrai qu'à sa vision, on est frappé par la singularité du film. L'esthétisme baroque due à l'utilisation du trucolor renforce l'originalité du film. On est à la fois perturbé et intrigué par cet étrange film qui nous permet d'admirer deux fascinants portraits de femmes (chose plus que rare dans l'univers du western).
Une expérience unique dans les annales du genre.
Par Laurent Pécha