L'image de Casino Royale est tout juste satisfaisante. Seul point positif, la définition, malgré un encodage 4/3, est de bonne facture. En revanche, le master assez abimé est entaché de nombreux parasites et les couleurs, légèrement fades, s'éloignent quelque peu de l'esprit résolument psychédélique du film.
Cette édition représente tout de même la meilleure façon de regarder ce film encore inédit en Z1.
Toutes mono, les différentes pistes font preuve d'un joli dynamisme (pour un mono) et mettent en valeur la sublime partition de Burt Bacharach. La piste anglaise se montre mieux equilibrée que la VF qui a tendance à mettre les voix trop en avant.
La version française du film possède un défaut de taille : trois (courtes) séquences avec David Niven ont été re-doublées et le résultat est catastrophique. Pour s'en rendre compte, allez à 12'40, 19'38 et 30'30. Dommage car sinon le doublage d'époque est exceptionnel. (Michel Roux double comme pour la Panthère Rose Peter Sellers).
Un menu musical et animé pas forcément réussi graphiquement donnant accès à 16 chapitres. Le seul malheureux bonus de cette édition est une bande annonce plein cadre 4/3 en Vo non sous-titrée.
Casino Royale est la seule histoire de Ian Fleming dont Albert Broccoli n'eut jamais les droits. Devant l'impossibilité d'obtenir Sean Connery pour le rôle titre, Charles Feldman, producteur opportuniste du film, le transforma en parodie délirante. Il en résulte un film génialement bancal (5 réalisateurs, chacun sur leur segment) auquel Austin Powers doit énormément. La trame de fond, d'une banalité affligeante (SMERSH veut destabiliser l'ordre mondiale pour régner), n'est que le prétexte à un enchainement de séquences toutes plus délirantes les unes que les autres. Ceratines préfigurent même l'avenir de la série avec une utilsation massive de gadget foireux.
Points majeurs de l'oeuvre (n'ayons pas peur des mots) : le casting aussi génial qu'improbable (David Niven, Peter Sellers, Woody Allen, Ursula Andress, Charles Boyer, William Holden, John Huston, Deborah Kerr, Orson Welles, Joanna Pettet, Terence Cooper, Barbara Bouchet, Jean-Paul Belmondo...) et l'extraordinaire musique de Burt Bacharach.
Le DVD reprend heureusement la version longue du film (l'édition vidéo VHS avait subi des coupes sauvages et ne durait que 90 minutes).
Par Philip Dowland