Bien définie, l'image du plus escroc des deux manque légèrement d'éclat. Si le master ne présente que de rares défauts et la compression est de bonne tenue, les couleurs sont en revanche trop saturées et ont tendance à créer un effet de rémanence lors des mouvements trop rapides.
La piste anglais DD 5.1 présente une très belle ouverture des canaux avants mais utilise avec une parcimonie proche de l'avarice les canaux arrières. Mais de toute façon, le film ne se prète pas à des déluges d'effets en tous genres. La VF en stéréo 2.0 (et non pas en dolby surround comme indiqué sur la jaquette) ne perd d'ailleurs pas grand chose vis à vis du mix original. Le doublage français est vraiment exceptionnel, surtout en ce qui concerne la voix de Micheal Caine.
Fixe et muet le menu donne juste accès à une bande annonce du film.
Lawrence Jamieson (Michael Caine) est un escroc de la vieille école, spécialisé dans l'arnque de haute volée basée sur sa fausse identité de prince exilé en lutte contre les injustices (très efficace sur les femmes riches, seules et voulant s'acheter une conscience...voire plus). Il fait la rencontre inattendue de Freddy Benson (Steve Martin), un roublard de première qui risque de lui piquer son territoire. Désormais, tous les coups sont permis
Soyons clairs : la raison d'être du film est son casting, et surtout son enjeu : Caine vs Martin. Avec son postulat, le film aurait pu être un western, un polar (il le deviendra d'ailleurs avec le dernier film de Oz, The Score) ou n'importe quoi d'autre, du moment que ces deux-là s'affrontent. Mais compte tenu de leur sens inné du cabotinage et du mensonge amoureusement servi (Caine l'avait prouvé avec Le Limier, Martin le confirmera dans La Prisonnière Espagnole), le choix de l'escroquerie comme arme du duel était fort judicieux.
Génialement écrits, les dialogues sont ciselés pour nos deux monstres d'hypocrisie, d'obséquiosité et de veulerie que rien n'arrête pour gagner un pari uniquement motivé par la vanité. Ils sont irrécupérables, c'est pour ça qu'on les aime ! Pas toujours homogène, le scénario s'efforce d'enchaîner les retournements de situation dont certains sont carrément géniaux. Menée sur les chapeaux de roue, voilà une comédie qui n'a pas d'autre ambition que de distraire et qui, pour le coup, ne vous arnaquera pas !
Par Ken Bowden