Bénéficiant d'une définition moyenne et souvent noyée dans le grain, le noir & blanc de Sabrina est handicapé par une compression par moments mal maitrisée. Le master en revanche est relativement propre laissant transparaître de nombreuses tâches et points blancs.
La piste anglaise s'avère bien équilibrée et est parfaitement claire. La VF mono ne sature jamais et place les voix bien en avant tout en perdant la majorité des bruits d'ambiance de la VO. Le doublage est de bonne qualité.
Un menu fixe et muet raté ouvre le DVD. Il donne accès à un documentaire sur Sabrina (Plein cadre VO/ST) qui fait office de longue featurette (11 minutes) promotionelle du film. Entrecoupée par une interview de A.C. Lyles (producteur de Paramount Picture) ce mini-documentaire se révèle au final intéressant et riche en informations. Autre bonus présent sur le DVD, une galerie de photos.
Sabrina est la fille du chauffeur des Larabee, une famille très riche. Amoureuse du playboy David Larrabee, elle ne parvient pas à l'intéresser jusqu'à ce qu'un séjour à Paris en fasse une lady. David tombe alors sous le charme, ce qui n'est pas du goût de son frère, industriel et coincé, Linus (Humphrey Bogart)...
Si vous avez gardé une âme de midinettes, vous pourrez toujours vous dérider à cette bluette quelconque heureusement supportée par d'excellents acteurs, à commencer par la radieuse Audrey Hepburn qui semble faite pour incarner les Cendrillons, éternelle souillon devenant femme du monde sans jamais rien perdre de sa fraîcheur et de sa gaieté. A ses côtés, Humphrey Bogart et William Holden paient leurs impôts en se baladant nonchalamment, parfaitement à l'aise mais visiblement peu concernés. La simplicité de l'intrigue et son mécanisme enfantin basé sur la dénonciation du jeu des apparences est épicé par quelques idées assez burlesques, comme la matière indestructible inventée par les ingénieurs de Linus. Agréable à regarder, Sabrina est une comédie plaisante mais fade à laquelle il manque le petit plus qui lui apporterait de la cohérence. On imaginerais bien le film en comédie musical. Cukor aussi qui reprendra le même personnage (en l'adaptant à la trame de Pygmalion) en version dansée et chantée dans My Fair Lady, avec toujours Audrey, égale à elle-même. Sabrina déparre dans la filmographie de Billy wilder qui a su démontrer dans la comédie une impertinence et une liberté de ton (Some Like it Hot, The Apartment) totalement absents ici.
Par Ken Bowden