Une image remarquable.
Le télécinéma respecte à merveille la colorimétrie spécifique du film. On retrouve ainsi les teintes vives, proches de la bande dessinée : Les rouges des tuniques romaines sont excessivement saturées mais sans jamais baver. La définition et la compression s'avèrent en tout point excellents.
Seul gêne véritable : l'apparation à intervalle irrégulier d'un point rouge en bas de l'écran. En appuyant sur la touche enter, on accède au making of de la scène. Impossible de le désactiver.
Grosse déconvenue. La piste 5.1 n'existe pas. Il s'agit d'une piste 5.0 (sans le canal de graves) et de qualité bien moyenne. Si on entend les enceintes surround, c'est uniquement lors de brefs instants pour accentuer les quelques effets (comme lorsque les gaulois avalent la potion magique). Le reste du temps, c'est avant tout la centrale qui travaille. Résultat, les combats n'ont aucune saveur, la musique ne passe pas ou très peu et on a bien du mal à être séduit par la bande son.
PFC a essayé d'être à la hauteur du succès commercial du film.
L'interactivité proposée surpasse de loin la plupart des DVD zone 2 (d'accord, je vous l'accorde, c'est pas difficile).
On a le droit aux interviews de tous les acteurs du film, y compris Idéfix. Mention spéciale à Benigni que l'on pourrait écouter pendant des heures.
Le making of d'une vingtaine de minutes porte bien son titre (l'envers du décor): il nous apprend de nombreuses choses notamment sur la création des effets spéciaux du film.
Enfin pour les amateurs de Goldman, on peut voir le clip de la chanson du film (très à la mode depuis un certain Robin des bois).
Pari tenté, pari raté.
Mais était-il possible de retranscrire fidélement la BD ?
En tout cas, le moins que l'on puisse dire, c'est que Claude Zidi est très loin d'avoir réussi. Tout d'abord faute d'un scénario plus fouillé; un film ne pouvant pas se permettre la simplicité scénaristique apparente d'une BD. Mais là où le bas blesse, c'est du côté de la mise en scène. Elle est incroyablement molle et manque cruellement d'inventivité et de folie. Les rares scènes qui tentent d'insuffler un certain mouvement (les scènes de baston entre gaulois et romains) sont tout aussi ratés (pas aidées par des effets spéciaux guères convaincants).
Le motif de satisfaction vient uniquement des acteurs qui pour la plupart collent bien à leurs modèles 'bédesques'. Sauf évidement, Christian Clavier qui nous ressort son horrible interprétation des Visiteurs (mais pourquoi n'ont-ils pas gardé Daniel Auteuil, premier comédien préssenti pour le rôle).
Heureusement, il y a Roberto Benigni, clown absolu devant l'éternel. Chacune de ses apparitions constituent une forme d'exorcisme. On entraperçoit ce qu'aurait du être le film. Benigni est un personnage de BD, il s'exprime, il bouge, il a des attitudes proches de la BD. Dommage pour le spectateur, il n'est pas présent tout au long du film.
Conclusion: rien ne vaut notre bonne vieille bande dessinée en attendant qu'Alain Chabat réussisse dans la prochaine suite le pari d'adapter fidèlement les aventures de notre plus célèbre gaulois. Connaissant le talent du bonhomme, on peut être optimiste.
Par Laurent Pécha