Bien que tourné en 1951, le film de Pagnol retrouve aujourd'hui tout son éclat d'origine grâce à un master jubileusement débarrassé de ses nombreuses poussières et autres défauts inhérents au poids des ans. Le noir et blanc se montre globalement parfaitement maitrisé et nopus propose des contrastes profonds. L'image ne manque pas de piqué et si l'on peut regretter un grain parfois un peu trop présent, la facture générale fait que l'on peut, grâce à cette très belle restauration, redécouvrir cette comédie satirique dans des conditions optimales.
Comme ce fut le cas avec l'édition du Schpountz il y a quelque temps de cela, la piste mono, entièrement remasterisée, permet aux dialogues de Marcel Pagnol de retrouver toute leur pertinence grâce à une dynamique aiguisée. On redécouvre aujourd'hui le film exempt du moindre souffle (même si certaines craquelures subsistent) et c'est avec un souci de restauration identique à celui de l'image que l'on se replonge dans la verve de Fernandel.
On trouve, sous la rubrique Marcel Pagnol la biographie, la filmographie et la bibliographie de cet auteur au langage qui sent bon la garigue. Outre quelques petites scènes manuscrites de la main de Pagnol, on ne trouve pas grand chose dans la seconde partie : Galerie de photographies et filmographies. On trouvera enfin un Cahier critiques de l'époque et une brève comparaison par l'image du travail de restauration effectué sur le master.
Instituteur à la pension Muche, Topaze, minable répétiteur incapable de tricher sur les notes de riches cancres, est licencié. Réduit au chômage, il donne des leçons particulières au neveu de Susy Courtois, une demi-mondaine... Il va alors prendre conscience de la vanité de sa mission éducative et devenir une fripouille cynique.
Directement adaptée de sa pièce de théâtre, cette Version de Topaze est la troisième à voir le jour sur le grand écran, et la seconde pour Pagnol en tant que réalisateur. Sa première version voyait Louis Jouvet prêté ses traits au personnage de l'instituteur. Mais mécontent de son propre film, Pagnol offrit le rôle à Fernandel qui, abordant le rôle avec une véritable sincérité et une touchante virtuosité, permet au film de toucher un public que Jouvet n'avait pas réussi à approcher. Certes, cette mi-comédie de boulevard et satire d'une époque a aujourd'hui un rien vieillit, mais les bons mots de son auteur et ses situations cocasses qu'il nous offre font de ce désormais classique du genre un formidable divertissement.
Par Benjamin Bach