RENCONTRES DU TROISIEME TYPE
Gaumont Columbia Tri Star
1998
Science Fiction
Format 2.35 - 16/9 compatible 4/3 - DTS - Double couche
Langages : - Anglais DD 5.1 / Français DD 5.1 / Français DTS 5.1
Sous-titres : Anglais / Français / Arabe
Critique Image
La vision du DVD de Rencontres du 3ième type procure un sentiment mitigé.
Certes, la qualité globale de l'image est à ranger au rayon des réussites mais ce qui gêne, c'est la comparaison avec l'image du laserdisc Criterion. On n'a pas vraiment l'impression d'assister à la même vision du film. L'étalonnage des couleurs et la gestion du contraste sont bien différents. Alors que l'image proposée par le LD est douce, lumineuse et colorée (renforçant le côté utopique et naïf de l'histoire), celle du DVD offre des tons durs avec des couleurs moins saturées, plus ternes. Et surtout, le contraste s'avère beaucoup plus appuyé. Résultat, les noirs sont effectivement bien noirs mais justement, trop. Si les scène nocturnes sur le LD, permettaient toujours de voir les visages, ce n'est plus vraiment le cas sur le DVD. A titre d'exemple, on ne distingue plus rien lors de la scène où le couple Neary s'embrasse au bord de la route en attendant l'hypothétique arrivée des OVNI.
Voilà donc le gros bémol que pose l'image de cette édition DVD. Ceci mise à part, on ne peut être qu'emballé par le rendu de l'image. Si on excepte l'inévitable présence de poussières (le film n'est plus tout jeune mais le master a de tout évidence subi un travail de restauration efficace) et d'un grain marqué sur certaines séquences, notamment celles ayant recours aux effets spéciaux (la multiplication des copies nécessaire à l'époque pour incruster les effets visuels appauvrit la résolution de l'image), c'est du tout bon.
Principalement grâce à une définition d'une précision rare. Si on a vu que l'étalonnage des couleurs pouvait laisser perplexe, on peut au moins lui reconnaître de posséder une belle homogénéité. Une compression réussie permet d'obtenir une fluidité de l'image épatante et les artefacts de compression sont très rares. Seul le grain de la pellicule vient donc quelque peu gêner la vision, gâchant ainsi l'émotion de certains plans. On pense notamment à la vision de l'alien qui tend sa main à Lacombe dans les derniers instants du film.
Si des réserves sont donc possibles, elles peuvent toutefois s'effacer devant la toute puissance d'une définition impressionnante que seul le DVD peut apporter.
Critique Son
L'éditeur a choisi de privilégier la VF et on le regrette vivement. Car s'il y a un film qui ne peut être vu en français, c'est bien Rencontres du 3ième type. Tout simplement parce que le personnage de Claude Lacombe interprété par François Truffaut s'exprime quasiment exclusivement en français et a donc besoin d'un traducteur pour se faire comprendre. Il était donc impossible pour le doublage français de se jouer de cette spécificité de l'histoire sans dénaturer totalement l'un des points essentiels du film : Truffaut peut être vu comme un extra-terrestre dans un univers anglophone et a besoin autant de communiquer avec les gens qui l'entourent que ces derniers ont besoin de le comprendre, le parallèle avec le dialogue à base de musique entre les terriens et les extra-terrestres devenant alors une évidence. Tout le film tournant autour du besoin de communication, le besoin de se faire comprendre. Dans une scène coupée qui figure dans les suppléments, Lacombe insiste d'ailleurs sur le fait que son interprète, David Laughlin doit non seulement traduire exactement ce qu'il dit mais aussi ses sentiments et ses émotions. Il est donc évident qu'en transformant les dialogues du film, les auteurs du doublage trahissent totalement l'oeuvre de Spielberg. Surtout quand les phrases énoncées par Laughlin sont loin d'être insignifiantes et s'avèrent parfois lourdes de significations. Bref, regarder Rencontres... en VF, c'est assister à une adaptation du film de Spielberg. Non merci donc !
Pour les irréductibles qui préféreront toujours regarder un film trafiqué en VF plutôt que rien, sachez que la piste DTS est de loin la plus performante des mixages proposés. Même si elle ne possède pas le même niveau de basses que les deux pistes DD 5.1, elle a un rendu plus précis et surtout plus homogène. Car, si les graves sont effectivement moins présents, cela n'est pas pour nous déplaire tant le mixage Dolby Digital a tendance à être trop sourd et pas assez fin dans les aigus. La balance entre les dialogues et les ambiances sonores est plutôt bonne. Même en étant pas trop sollicitées, les arrières assurent un rendu sonore fort plaisant, surtout dans la dernière partie du film où la musique de John Williams prend une importance considérable. Il est fort appréciable d'avoir concentré le mixage sur les répartitions des avants et la centrale plutôt que de créer des effets surrounds aussi démesurés qu'artificiels.
La piste française DD 5.1 possède une dynamique remarquable et se trouve être trop généreuse au niveau des graves. Il en ressort une écoute moins agréable que sur la piste DTS et ce en dépit d'un mixage des différents canaux plutôt identique (en terme d'effets).
La VO DD 5.1 déçoit et ce pour une raison majeure : le rendu des dialogues. On ne compte ainsi plus le nombre de scènes où les voix des acteurs sont considérablement étouffées. Sans jouer de la télécommande (ce qui dénature forcement le son), il vous sera ainsi impossible d'entendre distinctement certains dialogues échangés dans l'hélicoptère entre les différents « prisonniers » (pour ne donner qu'un exemple flagrant). C'est d'autant plus rageant qu'en dehors de basses également un peu trop appuyés, la piste VO propose un mixage plus riche en effets. Ces derniers sont de plus mieux séparés sur les canaux avants comme on peut le constater à la 96' 24 où la voix de Jillian Guiler se fait entendre sur l'enceinte avant droite en VO alors qu'elle est présente sur la voie centrale en VF (DD et DTS). Mais surtout, la VO n'avale pas certains sons comme c'est le cas sur la VF. Ainsi, un « plus vite » lancé par Truffaut disparaît des pistes françaises (103' 33).
Il ne reste donc plus qu'à espérer que le zone 1 et sa piste DTS (voire DD si celle-ci et on le pense ne propose pas une voie centrale aussi étouffée) soit à la hauteur.
Deux remarques pour finir. Lorsque François Truffaut parle en français longuement (c'est surtout vrai dans la scène d'ouverture), les sous-titres anglais sont inscrits sur l'écran et ce quelque soit la piste que vous sélectionnez.
A la 72' 43, au moment où Neary est en train de finir dans son salon une version miniature de la montagne qui l'obsède, le son de la TV se fait entendre (un dialogue issu d'un soap opéra qui est en total décalage avec les préoccupations de Neary). Les pistes françaises ne proposent pas bizarrement de doublage français de ce dialogue, tout est uniquement en VO.