Une image de bonne qualité. Ce qui n'était pas gagné d'avance lorsque l'on a en mémoire le désastreux DVD cantonais zone all. Certes, la définition est optimisable, les couleurs légèrement fades et le master toujours un peu poussiéreux et tâché, mais le fim est VISIBLE.
D'ailleurs passé le premier quart d'heure, une fois que l'on est installé dans l'histoire, ces défauts deviennent minimes. Même si l'on est loin de la perfection, un grand bravo à l'équipe d'HK Vidéo pour son travail de restauration.
Le son assure le minimum syndical mais reste fidéle au mixage original. Une piste VO cantonaise en mono bi-phasée et une piste française stéréo. Les 2 sont claires, sans souffle et mettent les voix des personnages un peu trop en avant.
La VF horripilante lors de la séquence d'introduction (avec une voix off ridicule) devient écoutable par la suite (même si le doublage est très éloigné au niveau du timbre des voix des personnages)
Une édition non-collector aux menus soignés. Aucun réel bonus n'est présent et il faudra se contenter d'une galerie de photos, de bandes annonces (celle du film en 1.85 4/3 VO/ST et celles de la collection HK - Zu, The Killer, Black Mask, Le chinois se déchaîne, Stormriders, Le temple du Lotus rouge et Butterfly Murders) et des filmographies de Jet Li et de Wong Jing.
Film fourre-tout, Evil Cult prend vite l'aspect d'un sous-Zu (les deux films commencent d'ailleurs de la même façon : des armées aux couleurs caractéristiques qui vont s'affronter). Mais si le film de Tsui Hark s'impose de lui-même malgré son mauvais goût caractérisé, cet Evil Cult faillit à de trop nombreux endroits pour séduire réellement.
La cohérence a été sacrifiée sur l'autel du spectaculaire. Le film de Wong Jing utilise une trame classique de vengeance (joliment torturée) pour permettre à Jet Li d'aligner des séquences d'action (souvent aériennes) toujours speed (parfois trop avec une utilisation un peu trop poussée des accélérés), parfois impressionantes (l'attaque de l'homme-boule) et souvent illisibles car trop cuts.
Les chorégraphies des combats signées Sammo Hung ne permettent pas aux artistes martiaux de nous montrer toute l'étendue de leur savoir-faire. Brouillon et bruyant, le film se laisse quand même regarder avec un certain plaisir. On notera que pour une réalisation Wong Jing, l'humour est présent sans être trop lourd. Le final reprend le concept de Retour vers le futur 2 avec une invitation à se ruer vers un second opus qui ne verra jamais le jour (les films en costumes étant passés de mode à Hong Kong).
Par Georges Léger