L'éditeur nous propose un pressage des plus convenables. Une définition correcte associée à une compression maîtrisée (avec toutefois quelques fourmillements bien localisés) et un contraste appuyé, permettent d'obtenir une image de bonne facture. Si les couleurs paraissent quelque peu ternes, il faut rappeler que le film a toujours eu ce rendu pictural que ce soit en salles, à la télévision ou en vidéo.
La piste anglaise a bénéficié d'un remixage 5.1 qui n'offre guère l'occasion de s'enthousiasmer. La piste offre une ouverture des canaux avants plus marquée mais c'est bien le seul fait marquant de ce remixage.
La VF n'a donc pas trop à souffrir de la comparaison avec son mixage Dolby Surround. A ceci près que le doublage, même performant, fait perdre de sa superbe aux interprétations des comédiens, et à commencer par la voix ici rauque de Jodie Foster.
Comme trop souvent chez l'éditeur, il faut se contenter de menus fixes et muets et de la seule bande-annonce (Vo) ne guise de bonus. D'ailleurs, cette dernière est à déconseiller tant elle dénature l'impact du film (cf. critique artistique).
Inutile de dire que pour un tel film, on aurait franchement apprécié la présence d'un commentaire audio.
Un bon film, ça tient parfois à pas grand chose. Tiens, prenez Les accusés de Jonathan Kaplan et imaginez à l'instar de la bande-annonce qui figure sur ce DVD que le viol de Sarah Topias (formidable Jodie Foster qui n'a pas volé sa statuette de meilleure actrice) ait été montré dès les premiers instants du récit. Et bien, on aurait eu le droit à un film de procès conventionnel, certes distrayant (enfin, pour ceux qui aiment ce genre ultra codifié) mais bien loin de l'impact et de la force que le film possède en sa forme actuelle.
Car, en choisissant de reculer jusque dans les ultimes minutes la séquence du viol, Jonathan Kaplan est parvenu à nous placer exactement dans la situation de Kathryn Murphy (Kelly McGillis) qui se demande à l'instar d'autres protagonistes du drame s'il y a eu véritablement viol ou si au contraire Sarah ne l'avait pas un peu provoqué (avec son comportement provocateur, ses tenues légères, son background social peu flatteur,...). Les accusés devient alors une implacable démonstration de l'horreur dans lequel une femme violée peut se retrouver, meurtrie à jamais dans sa chair et pourtant obligée de (faire) démontrer qu'elle a été victime de telles atrocités.
C'est en explorant toutes les facettes d'un tel drame que le réalisateur signe une oeuvre lucide, sobre, intelligente et forte sur un sujet qui comme le rappelle de façon éloquente l'écriteau final est monnaie courante aux USA et dans le monde entier.
Par Laurent Pécha