Présentée comme ce fut le cas pour la troisième saison sous la forme de trois DVD 18 (un seul coffret), cette cinquième saison se montre techniquement très largement supérieure aux précédentes. La compression est quasi parfaite et seuls quelques petits artéfacts subsistent. La définition se montre pointue, les teintes parfaitement naturelles, offrant aux couleurs une belle saturation. Sans conteste la meilleure des cinq d'un point de vue visuelle.
En revanche, d'un point de vue sonore, rien n'a changé. Que l'on opte pour la version originale ou la version française, toutes les deux en stéréo, la répartition sur les canaux avants est parfaitement balancée et les dialogues clairs. La version originale accuse toutefois une meilleure dynamique générale, une restitution des ambiances plus fine ainsi qu'un rendu plus naturel. La version française quant à elle se révèle nettement moins bonne que la version originale de par un doublage somme toute peu fidèle aux voix américaines.
Et comme d'habitude, on déplore gravement l'absence totale de bonus.
Passée au rang de série culte, Urgences est née de la fusion de deux énergies principales : celle de Michael Crichton, auteur et scénariste de Jurassik Park et celle de Steven Spielberg au sein du département de Amblin Télévision. Pour l'anecdote, il est bon de savoir que Spielberg envisageait à la lecture du scénario de "Urgences" d'en faire un long métrage mais préféra jeter son dévolu sur les dinosaures plutôt que sur les malades.
Les scénaristes, après s'être quelque peu égarés lors de la troisième saison, s'appuyant sur un sentimentalisme un peu trop poussé, resserrent les boulons et reviennent aux origines de la série. Ils repartaient sur les bons rails avec la quatrième saison et confirment ce retour aux sources avec cette cinquième qui marque malheureusement le départ de George Clooney, alias le docteur Doug Ross. Mais plutôt que de palier au départ annoncé d'une des vedettes de la série par quelques tours de passe-passe, ils nous offrent deux épisodes (« La tempête » partie une et deux) à classer parmi les meilleurs de la série. Ainsi s'en va, tout en beauté, l'un des personnages phare du show, laissant derrière lui un service de pédiatrie bien triste et les couloirs de l'hopital déserts. Mais comme dans toute bonne série qui se respecte, un départ se fête par une arrivée et le personnage de la jeune Lucy fait comme par magie son apparition dans le rang de ceux sur qui il faudra compter dans les années à venir. Ajoutons à cela quelques bons rebondissements, des règles détournées, des crises de consciences, et l'on obtient l'une des meilleures saisons de toute la série.
Par Pascal Faber