Si l'on occulte un grain par moments un peu trop soutenu et une compression pas toujours optimale, Warner s'en tire avec les honneurs et nous propose des transferts nettement supérieurs à ce que nous avions pu découvrir lors des diffusions télévisées. Les scènes de boites de nuit sont éclatantes et riches d'un point de vue chromatique, la définition se révèle relativement précise, et les masters accusent une belle propreté.
Les mixages Dolby Digital 2.0 anglais et français privilégient la clarté des dialogues (un peu trop mis en avant sur la version française), les ambiances musicales bénéficient d'une belle dynamique ambiante et une ouverture convaincante sur les canaux avants. Mais la série mérite incontestablement d'être découverte en version originale.
Contrairement à ce que propose le coffret américain, à savoir des commentaires, des scènes coupées, bêtisier, galeries de photos, etc..., cette édition zone 2 se révèle vide de tout supplément.
Queer as folk tire son inspiration d'une mini-série britannique du même nom et hautement controversée. Mais pour une fois, les américains font mieux que l'originale en nous dressant le portrait du milieu gay avec énormément de tendresse, de sensibilité et surtout emprunt d'un réalisme parfois perturbant. C'est d'ailleurs ce souci du réalisme qui valu à la série (cinq saisons) d'être interdite aux moins de seize ans et qui fait qu'elle peut très facilement choquer les plus puritains voire les âmes sensibles.
Avec un champ d'action aussi large, il ne fallait pas s'attendre à ce que les scénaristes se tournent les pouces. Bien au contraire ils explorent toutes les facettes du milieu gay, n'hésitant jamais à montrer du doigts certaine pratiques et autres clichés du genre et toujours avec ce souci de vérité ils abordent des thèmes aussi variés que la drogue, la sexualité (bien entendu), la maladie, la politique et les relations qui peuvent unir un groupe de jeunes adolescents.
Avec cette première saison, le ton est très vite donné et, dès les premiers épisodes, on devine aisément le style de la série. Les personnages y sont habilement croqués, parfois un peu trop à outrance, mais le tir est rectifié dès l'épisode suivant, et l'on se prend au jeu avec un plaisir parfois malsain mais toujours avec une profonde affection pour ces personnages.
Par Benjamin Bach