Malgré le poids des années, le transfert qui nous est aujourd'hui proposé permet au film de se refaire une nouvelle jeunesse. On note certes de légers artéfacts de compression mais la facture générale demeure éclatante grâce à une restitution des couleurs soignée et une image d'une précision à toute épreuve.
Si la version française mono 2.0 étouffe systématiquement toutes les ambiances et met bien trop en avant les dialogues, la version originale nous permet de redécouvrir le film dans des conditions très agréables. Les dialogues se mixent habilement avec les ambiances de rues et la dynamique se montre des plus harmonieuse.
Aucun bonus.
Pianiste virtuose à ses heures, brutal recouvreur de dettes de l'autre, Jimmy Fingers va voir sa vie mise à mal en raison de ses deux « existences »
Bien avant De battre mon coeur c'est arrêté, le remake, il y avait Fingers, Mélodie pour un tueur de son titre français. James Toback (Black and White) nous livre un film noir qui n'est pas sans rappeler, par ses ambiances new-yorkaises et le climat qui se dégage des personnages, un autre film dans lequel excellait déjà Harvey Keitel: Taxi Driver. Au même titre que son jeune homologue français, Romain Duris, la maturité en plus, Harvey Keitel nous plonge dans une dualité étouffante et trouve ici encore un personnage dans lequel il peut laisser éclater toute sa virtuosité. La mise en scène de Toback est simple et préfère se concentrer sur l'ambivalence de ses héros plutôt que des effets inutiles. On en ressort tout simplement bouleversé.
Par Benjamin Bach