Pour nous permettre de découvrir le film en France, l'éditeur nous gratifie d'une technique aux frontières de l'irréprochable. L'image, non contente de bénéficier d'une copie resplendissante, accuse de contrastes particulièrement soignés, mettant autant en valeur les couleurs vives que les zones d'ombres de ce film d'horreur. Ambiance assurée, mais surtout soutenue par un encodage et une compression du plus bel effet.
Là encore, carton plein technique puisque les pistes Dolby Digital 5.1 VO (film allemand, mais tourné en anglais) et VF se montrent rapidement et régulièrement dévastatrices. Si l'éparpillement des effets multiples assure là encore une immersion totale dans l'ambiance forestière avec ses orages et ses gouttelettes, c'est surtout le caisson de basse qui maintient l'ambiance pesante de l'ensemble. L'enveloppement est saisissant.
Seul bonus : la bande-annonce !
Le film de genre horrifique à l'Européenne a de beaux jours devant lui, les enjeux commerciaux étant bien moins poussifs que son industrie homologue américaine. Haute Tension et The Descent, pour ne citer que ceux-là, imposent une évidente volonté à tirer cette catégorie vers le haut et c'est dans cet élan qu'essaie de s'infiltrer Blood Trails. Essaie seulement puisque si l'on imagine aisément qu'il a séduit le jury du Festival Dead By Dawn par son atmosphère, le film manque sacrément d'entrain. Le pitch reste basique : un petit chaperon rouge moderne en VTT entre une jeune donzelle et son amant de passage, en réalité un tueur en série.
Les volontés restent louables, on cible essentiellement la nature sauvage et esthétiquement très soignée de cet affrontement au détriment d'une vraie intrigue, mais ces 85 minutes de cache-cache derrière les pins fini par irrémédiablement lasser en tombant le spot involontaire pour Décathlon. A fond la forme ? Dans son dernier quart d'heure uniquement ! Un final qui relève sensiblement le niveau et où le réalisateur comprend qu'il ne suffit pas de barbouiller de sang le visage d'une jolie nana pour faire un vrai bon film d'horreur. Dommage qu'il ne s'en soit pas rendu compte plus tôt, le bonhomme accuse d'un vrai savoir faire.
Par Christian Lethocini