Une image superbement définie. Le master est lumineux à souhait, les couleurs sont éclatantes et magnifiquement saturées. La compression fait un quasi sans faute et il faudra scruter les arrières plans pour déceler de rares artefacts. Le télécinéma est somptueux et le travail d'encodage effectué lui rend parfaitement hommage.
Pour les amateurs de VF, vous pouvez jeter la précédente édition tant la piste française DD 5.1 arrache tout sur son passage. D'un niveau aussi phénoménal que la VO, elle rend hommage à la bande son survitaminée d'une production Bruckheimer. Au diable la finesse et vive l'efficacité à outrance. Caisson de basses survolté qui vrombit dès que l'occasion se présente (tout le temps), effets surrounds saisissants et dynamique qui pousse votre ampli dans ses derniers retranchements. Du 5.1 musclé et jouissif !
On passe sur le menu animé hideux et à la dynamique bien trop poussée (vous êtes prévenus) pour jeter un oeil rapide sur les quelques bonus que l'éditeur a inséré pour cette nouvelle édition.
La bande annonce est en Vost, recadrée et seulement en 2.0. On peut aussi accéder à celle de Pearl Harbor (VO et VF 5.1, 2.35).
On a le droit aussi à deux featurettes. Si les coulisses du tournage (4' 27, Vost) n'ont vraiment aucun intérêt, La destruction de Las Vegas (2' 33, Vost) permet de découvrir brièvement mais images à l'appui comment le crash de l'avion a été tourné.
Cameron Poe (Cage) a purgé sa peine et s'apprête à retrouver femme et enfant. Quelques heures et un vol d'avion le séparent des retrouvailles. Problème : Simon le virus (Malkovich) et les dangereux prisonniers qui voyagent avec lui arrivent à se libérer et prennent le contrôle de l'avion.
Amis poètes, passez votre chemin ! Les ailes de l'enfer est un parfait condensé de ce qu'une production Jerry Bruckheimer est capable de proposer : explosions tout azimuts, mise en scène nerveuse proche de l'épilepsie, sur-découpage faisant perdre la notion d'espace au spectateur, bande son tonitruante accentuant chaque situation. Bref, la finesse n'est pas la tasse de thé de l'ami Jerry. Tout est pensé pour en mettre plein la vue et tant pis si au final, cela ne ressemble plus à grand chose.
Avec son humour foireux qui finit par faire sourire (les répliques de Cage sont des monuments de ringardise), son héros totalement irréel (Cage avec son marcel et sa tignasse de lion enragé est inénarrable), ses méchants patibulaires (Malkovich en fait des tonnes et c'est tant mieux), son scénario qui n'est pas à une invraisemblance près, Les ailes de l'enfer possède une côte de sympathie aussi surprenante qu'agréable.
A force de faire dans la surenchère et dépasser allègrement le point de non retour (le final est à ce titre Enorme), le premier film de Simon West finit par plaire. Oh, pas longtemps, juste le temps de la projection mais c'est déjà pas si mal.
Par Laurent Pécha