FPE nous livre un transfert qui, s'il rend hommage à la superbe photographie de William C. Mellor, d'ailleurs oscarisé pour son travail, ne nous épargne pas des fourmillements et un grain plus ou moins marqué selon les plans. En revanche, les contrastes sont merveilleusement gérés, nous offrant ainsi une très belle profondeur de champs, des noirs intenses et un remarquable traitement du noir et blanc.
La compression, sans être optimale, assume bien son travail et le nouveau master ne laisse subsister que quelques rares poussières.
Phénomène étrange, le Dvd mis à notre disposition pour le test ne fait aucun cas d'une éventuelle version française alors que celle-ci est présente sur l'édition zone 1. Espérons qu'il s'agit là d'un défaut qui sera réparé pour l'édition destinée à la vente.
Les puristes seront également déçus de ne pas retrouver la version mono d'origine, mais soyons reconnaissants à l'éditeur de conserver le nouveau mixage Dolby Digital 4.0. Ce dernier est tout simplement superbe. Les dialogues y sont clairs et parfaitement ciselés, et même si les ambiances ne sont que très rarement rendues sur les voix arrières, celles-ci trouvent un réel éclat sur les enceintes frontales et un relief très appréciable.
FPE épure notre édition de tout bonus alors que l'édition américaine regorgeait de suppléments, de qualité de surcroît: alors adieu le commentaire audio, les divers documentaires, les essais de Millie Perkins, etc... Il ne nous reste strictement rien ! Pas même une bande annonce. Juste les yeux pour pleurer !
L'histoire d'une jeune fille juive et de sa famille forcée de vivre cachée dans un cellier pendant l'occupation nazie. Un récit et un film pour ne pas oublier !
Sans conteste l'un des récits les plus touchants et perturbants d'une époque sombre, Le journal d'Anne Frank fait figure d'oeuvre phare en terme de littérature et le pari relevé par George Stevens était osé. Mais il faut bien reconnaître que le réalisateur parvient à garder toute la pudeur et la puissance dramatique des écrits de cette jeune fille et nous livre une oeuvre envoûtante et poignante soutenue par une distribution excellant dans le registre de la sobriété.
Le film remporta trois Oscars (photo, direction artistique et meilleur second rôle féminin pour Shelley Winters) sur ses huit nominations, et fait aujourd'hui figure d'oeuvre culte et de référence. D'autres adaptations virent le jour (tournées pour la télévision) mais aucune n'est à ce jour parvenue à égaler l'extraordinaire travail de George Stevens.
Poignant!
Par Pascal Faber