Les fans de l'univers de Terry Gilliam risquent de se sentir un rien floués : le master est un peu trop granuleux et malheureusement non exempt de défauts de pellicule. En revanche les contrastes sont bien appuyés nous offrant ainsi des noirs profonds. Les couleurs s'offrent une belle saturation et des teintes naturelles et la définition générale se révèle néanmoins acceptable. D'un point de vue de la compression, celle-ci montre quelques artéfacts. Dommage ! Il nous faudra attendre une prochaine édition pour vraiment y trouver notre compte.
Si les pistes anglaise et française Dolby Surround demeurent essentiellement axées sur les voies centrales, la bande originale trouve une belle ampleur nous procurant ainsi un relief des plus probant. Sur l'une comme sur l'autre les dialogues sont parfaitement clairs et la dynamique d'ensemble satisfaisante.
On ne trouve malheureusement que peu de chose à se mettre sous la dent : les bandes annonces de « Jacob le menteur », « Jumanji », « Leçons de séductions » et de « Starman ».
Jack, cynique et célèbre présentateur de radio, mis à mal par la mort d'un de ses auditeurs, est sauvé de l'attaque d'une bande de loubards par Parry, clochard ex-professeur de lettres dont la femme fut la victime d'un auditeur trop attentif de Jack. Ensemble, ils partent à la recherche du bonheur.
La filmographie de Terry Gilliam regorge de films « hors norme », voire allant à contre courant du cinéma Hollywoodien. En effet, le réalisateur a toujours privilégié une approche personnelle de conteur d'histoires (n'est pas un ex-membre des Monty Python qui veut), à la limite de l'anti-commercial raison pour laquelle il rencontre si fréquemment des problèmes de financement. Si « Fisher King » fait partie de ce lot, Gilliam nous sert ce qui est aujourd'hui sans conteste son oeuvre la plus humaine (en plus d'être une peinture acerbe et vitriolée de l'Amérique telle qu'il la voit) et trouve dans cette histoire les prémisses d'un « Don Quichotte » qui ne verra malheureusement jamais le jour. Gilliam s'entoure de deux acteurs au sommet de leur art, plus généreux et habiles que jamais et permet à Robin Williams de trouver enfin un rôle à la hauteur de son talent. Une extraordinaire histoire d'amitié qui vous entraînera bien au-delà des sentiers battus.
Par Benjamin Bach