Bien que le film date de 1948, le master utilisé par Warner est de toute beauté même si l'on n'évite pas quelques poussières et diverses rayures sur le négatif. Au-delà de ces quelques petits défauts, l'éditeur s'en tire avec tous les honneurs : la luminosité est excellente, les couleurs vives, la définition tout ce qu'il y a de plus convenable et malgré une compression pas toujours optimale, le film retrouve une toute nouvelle jeunesse.
Les mixages mono d'origine (anglais et français) se montrent d'une tenue très appréciable, mais en terme de rendu naturel il vous faudra incontestablement privilégier la version originale, la version française mettant les dialogues un peu trop en avant et souffrant d'un souffle parfois un peu trop présent.
En guise de supplément, on ne trouve malheureusement qu'une maigre bande annonce.
Après avoir cambriolé une banque, trois hors la loi s'enfuient à travers le désert. Alors que le shérif et ses adjoints bloquent les points d'eau, ils tombent sur une femme mourante et sur le point d'accoucher. Ensemble, ils font alors le serment de recueillir et de protéger le nouveau né.
Ce n'est pas innocemment que le film est dédié par John Ford à son ami comédien Harry Carey. Il dirigea ce dernier en 1919 dans une version muette de ce même scénario (le fils de Carey joue d'ailleurs le personnage d'Abilene Kid dans cette version). Dans cette nouvelle version John Wayne reprend le rôle titre et officialise ainsi sa douzième collaboration avec le réalisateur.
Si Le fils du désert ne fait pas partie des oeuvres les plus connues du réalisateur, cette dernière est empreinte de tout le savoir faire d'un des maîtres du genre : symbolisme, sens du sacrifice et pouvoir du pardon, réalisation et cadrages maîtrisés de part en part... tous les éléments réunis pour faire de ce film une oeuvre incontournable du tandem Ford/Wayne.
Par Benjamin Bach