USA: Coraline - Vendredi 13 - Let the right one in - Ghost Town (Critique Cin�ma)
2/19/2009 12:37
CORALINE de Henry Selick 9/10
Quand l'on entre dans une salle de cinéma pour voir le nouveau film d'animation de l'auteur de L'ETRANGE NOEL DE MR JACK et JAMES ET LA GROSSE PECHE, il y a forcément une attente irrésistible qui se fixe dans votre esprit. Peu importe si vous attendiez le film ou pas (l'adaptation d'une superbe histoire de Neil Gaiman), si vous avez vu la bande-annonce ou non (un poil trop démonstrative), CORALINE est une attente parce que c'est un film de Henry Selick. Et franchement, quel film ! La stop-motion en 3D est sûrement la plus belle chose qui m'ait été de voir dans le cinéma d'animation depuis la découverte de Pixar des années de cela. CORALINE est non seulement un bijou, mais c'est aussi le premier film que l'on peut recommander de voir en 3D. Pour la simple et bonne raison qu'il ne s'agit pas d'un argument pour payer des lunettes pour voir un truc arriver sur nous (ça peut être énervant ou hilarant – voir MY BLOODY VALENTINE), mais bel et bien d'un véritable hommage au travail de Selick et de ses animateurs qui ont crée un univers fait de seconds plans et de perspective monstrueux qui ressortent sur grand écran comme jamais. Les décors et les personnages tiennent réellement du génie, arrivant à faire oublier le fait que le film est sûrement tourné dans un studio pour nous faire croire qu'il s'agit là d'un immense paysage vue à travers les yeux de son héroïne, Coraline (Dakota Fanning). Une héroïne qui vient de déménager dans une maison un peu pourrie, la faisant regretter sa vie d'avant. Devant supporter la dépression progressive d'une mère autoritaire (Teri Hatcher) et la panne d'inspiration d'un père faussement créatif (John Hodgman), Coraline est clairement arrivé dans le mauvais monde. Jusqu'à ce qu'une nuit, elle pénètre dans une petite trappe de son salon et est aspiré dans un monde parallèle féerique. Elle rêvait de changer de famille, elle se retrouve avec la même qu'avant...mais heureuse. Sa mère est une diva de la cuisine qui lui fait des plats succulents, son père est un compositeur brillant, et le cocon familial semble plus heureux que jamais. Seule différence: les habitants de ce monde parallèle ont des boutons à la place des yeux. Et qui aurait cru que cette petite différence deviendrait le signe évident que tout ne tourne pas rond dans cette maison étrange. CORALINE se doit d'être un film d'animation rigoureux qui respecte un schéma narratif carré, même parfois un peu trop si on pouvait faire un reproche au film. Chaque visite dans ce monde parallèle la nuit est motivée par la découverte d'un nouveau voisin de Coraline, transformé maintenant en être intéressant. Wybie, son voisin lointain qui vit avec sa grand-mère (et qui obtient une scène terrifiante en début de métrage), se retrouve être un petit être adorable et incapable de parler, ses mots étant irritants dans le vrai monde. Ses voisines d'en dessous (Jennifer Saunders & Dawn French), deux grosses vieilles femmes qui collectionnent leurs chiens empaillés et vivent à travers des photographies de leurs heures de gloires, tiennent maintenant un immense spectacle où tous les spectateurs sont des chiens aboyant pendant leur numéro extraordinaire. Et le voisin d'au-dessus (Ian McShane), un être étrange obsédé par la gym, est maintenant de retour sur la piste de son cirque, accompagné de canons qui crachent des bonbons et de souris malicieuses. Rien de tout cela n'est vrai, et le seul à ne pas changer est le chat, attachant animal qui trouve la parole dans ce monde rêvé. Coraline se rend vite compte que sa mère cache un secret terrible, et qu'elle essaye de lui voler ses yeux pour pouvoir l'enfermer avec le reste des enfants disparus, fantômes du passé qui ne peuvent s'échapper. Toute la première partie du film s'axe sur les différences entre les deux mondes, et la deuxième (plus courte et plus rythmée) devient le combat de Coraline pour sauver ses parents des mains de son autre mère diabolique. Offrant une des plus belles séquences d'animation jamais faite (toute la dernière partie du film où la mère tente d'attaquer Coraline et finalement s'infiltre dans le monde réel avec sa main articulée), CORALINE est véritablement un bijou phénoménal fait par un réel génie. Drôle, envoûtant, esthétiquement parfait (photographier à tomber par terre), particulièrement noir (tout l'univers est une mine de petits détails assez horribles et sadiques), le film est clairement l'une des plus grosses réussites en terme d'animation.
VENDREDI 13 de Marcus Nispel 8/10
Les américains ont prouvé qu'ils ne savaient pas faire de remakes de films asiatiques, après les mauvais RING 2, THE GRUDGE 2, DARK WATER et THE UNINVITED. Cependant, au fur et à mesure que les adaptations asiatiques se sont vus bafoués, les remakes de films d'horreur américains n'ont jamais été aussi bon. Les claques qu'ont été DAWN OF THE DAED, LA COLLINE A DES YEUX et MASSACRE A LA TRONCONNEUSE coup sur coup ont fait un bien fou. Car plus que des remakes, il s'agissait en soi de films d'horreur rêvés. Quand Michael Bay et sa société Platinum Dunes a donc annoncé qu'ils reprenaient l'équipe de MASSACRE A LA TRONCONNEUSE pour donner un coup de fouet dans la saga VENDREDI 13, j'étais le premier très excité. Peut-être aussi parce que je suis un fils de Freddy et non de Jason. J'apprécie le personnage en soi, mais il est difficile de nommer un excellent film dans la saga. On peut juste les comparer les uns entre les autres pour savoir leur niveau de qualité, mais le résultat final est souvent assez faiblard par rapport au reste du cinéma d'horreur. Jason a clairement été perdu au fil de ses résurrections infinis, et même le premier film où il n'apparait pas est un rip-off de tous les slashers faits avant. Cependant, mon affection pour Jason reste la même: ce gros mec au masque de hockey peut faire n'importe quoi (même tuer des cons dans une rave-party de FREDDY VS JASON), je trouverais toujours qu'il a une classe d'enfer et un potentiel monstrueux. Et VENDREDI 13 version 2009 est honnêtement une putain de réussite dans l'idée où il prend un personnage complètement con, qu'il le ramène à ses origines et qu'il le lance sur une toute nouvelle voix. Pour en venir au principal reproche que je ferais au film, c'est qu'il n'a pas une seconde l'envie de se montrer original dans son intrigue. Les 20 premières minutes du film sont absolument géniales car elles remettent à jour tous les clichés des films de Jason dans une introduction superbe: la mère de Jason se fait décapiter par l'héroïne du premier volet, et nous voilà quelques années plus tard où des jeunes attardés vont camper à Crystal Lake. Pour une fois, les scénaristes ont inclus une raison pour aller à Crystal Lake (de la marijuana qui pousse un peu partout) sans pour autant exagérer le truc (seul le premier groupe est là pour ça). Puis, Marcus Nispel distille une ambiance de fête et de sexe avant que, un à un en un temps record, tout le monde se fasse tuer par un Jason vêtu de son sac à patates sur la tête. Le titre s'inscrit à l'écran après 20 minutes, et ça pète de partout. Jason is back. Le problème est qu'après une introduction qui sert à poser les bases que l'on connaît tous depuis le premier film, il ne cherche pas à renouveler quelque peu ce qui va se passer. Du moins pas comme on le désire. Toujours des jeunes cons vont près du lac, cette fois dans la maison du riche Trent qui invite ses pseudo-amis pour passer un week-end tranquille. Ils sont jeunes, vont boire, vont faire l'amour, vont faire des trucs idiots comme aller chercher leurs amis qui ont disparu, et c'est justement un peu le problème du métrage: on sait qu'ils vont crever un à un. Passé cette déception, VENDREDI 13 se révèle être un putain de slasher, clairement le meilleur film de la saga. Nispel et son directeur de la photo (le génie Daniel Pearl) ont clairement une idée en tête: faire un film sombre sans pour autant copier leur travail sur MASSACRE A LA TRONCONNEUSE. On connaît l'ambiance poisseuse des caves et souterrains, et on connaît le cradingue des tueurs un peu boulets. Et le réalisateur ne va justement pas dans cette direction. Il utilise les avantages qu'a Jason dans ce lieu qu'il connaît par cœur: les lieux d'ombre, les raccourcis, les maisons inhabitées. Jason devient ainsi plus qu'un attardé mental: il sait à peu près ce qu'il fait, restant un psychopathe certes, mais prouvant avoir un minimum d'esprit (il lui arrive même de s'énerver tout seul lorsqu'il comprend que quelqu'un est entré dans son camp). Jason est effrayant à nouveau, maintenant armé de son masque de hockey trouvé dans le grenier d'une de ses victimes. Le simple fait qu'il retienne prisonnière la seule qu'il n'a pas tué de son massacre précédent reste très intéressant, le film ne dévoilant clairement pas tout ce qui entoure le personnage. Tant mieux. Que fait-il des corps ? On ne le sait pas, ce qui donne une part d'imagination importante et totalement absente des derniers épisodes. Tout comme ce sous-entendu que la population locale préfère ignorée les agissements de Jason plutôt que d'appeler la police. Le reste coule de source, mais le peu d'élément apporté à la mythologie ou faisant de Jason autre chose qu'un gros con font que le film marche du tonnerre. Et offre aussi son lot de victimes appétissantes et parfois très sadiques: une fille suspendue dans un sac de couchage au dessus d'un feu, son petit ami coincé dans un piège à loup et prêt à se recevoir une machette dans le crâne, un péquenot se fait égorger vif, une virée en bateau qui vire à la flèche dans l'oeil et à la tête perforée (les dangers du ski nautique), l'hilarant Aaron Yoo luttant pour retirer le tournevis de sa gorge, son pote totalement défoncé dont la hache plantée lui ressort de l'autre côté, la nunuche de service se fait accrocher à des cerfs (puis tirer dessus par son coup d'un soir à travers la porte), ce dernier fils à papa se faisant transpercé à coup de machette alors qu'il allait être sauvé par un habitant du village, Richard Burgi (DESPERATE HOUSEWIVES) en policier prêt à aider dont l'œil ressort de l'autre côté de la porte, et autres petites succulences au fil de scènes très bien menées. Si j'étais au départ réticent à cause du simple fait que l'intrigue soit complètement secondaire, j'ai finalement pris énormément de plaisir. Et il y a beaucoup de choses dans ce nouveau VENDREDI 13 que j'adore. J'adore le fait que Jason soit à nouveau un personnage fascinant. J'adore le fait que la fin rende un clin d'œil au premier film. Et j'adore surtout le fait que Jason n'est jamais prétendu mort. Ce n'est pas Jason le mort-vivant. Jason est clairement un être humain qui frôle la mort à la dernière minute, sans que Nispel nous fasse genre « surprise en fait son crâne a été perforé mais il est en vie ». Jason est bien vivant, il l'est toujours du début jusqu'à la fin du film (un coup de machette dans le ventre ne peut clairement pas le tuer), et il est prêt à bondir sur le premier venu. Et franchement, je pense clairement que la suite va être plus mortelle, plus jouissive et plus intense que jamais. VENDREDI 13 est donc une nouvelle réussite en matière de remake. Rendre Jason crédible, qui l'aurait cru ?
LET THE RIGHT ONE IN de Tomas Alfredson 10/10
Oh mon dieu. Voilà la première chose qui frappe, qui choque, qui blesse à la sortie de LET THE RIGHT ONE IN. Oh mon dieu, je viens de voir l'un des plus beaux films d'horreur jamais faits. Oh mon dieu, je viens de voir l'un des plus beaux films jamais faits. Oui, c'est à ce point. Le film a été qualifié de chef d'œuvre à peu près partout autour du monde (surtout aux Etats-Unis en Novembre dernier), et sa réputation avait de quoi créer la déception. Il n'en est absolument rien. Ne rien connaître du film, là est le plus dur, l'expérience était au niveau du choc qu'était OLD BOY à l'époque. Un film monstrueux, magnifique, maîtrisé, et surtout un exemple pour les générations à suivre. LET THE RIGHT ONE IN est clairement une date dans le cinéma fantastique, et entre immédiatement aux panthéons des chefs d'œuvre du genre. Après DAWN OF THE DEAD et MASSACRE A LA TRONCONNEUSE, voilà le nouveau bijou. Adapté d'un roman suédois par son auteur et réalisé par Tomas Alfredson, le film raconte l'histoire de Oskar, un petit garçon timide et renfermé, martyrisé par un groupe dans son école, et vivant dans une banlieue gelée toujours sous la neige. Fils de parents divorcés, assistant aux disputes de sa mère et son petit ami la plupart du temps, Oskar est un petit garçon qui doit apprendre à s'aimer pour pouvoir vivre. Mais comment évoluer dans un univers si morose ? Comment faire ressortir la violence qu'il a en lui pour devenir un homme ? L'arrivée de Eli va bouleversé son monde. Étrange, ne sortant que la nuit juste devant son appartement, vivant avec un vieux bonhomme prétendant être son père, Eli est une curiosité. La première chose qu'elle dit à Oskar est qu'ils ne peuvent devenir amis. Chose bien sûr qui va attirer Oskar et qui va lui donner envie de la connaître. La première chose qui frappe est la justesse avec laquelle Alfredson dirige des comédiens parfaits (deux petits génies en herbe) et crée des scènes crédibles avec des enfants. Il y a quand même une grosse différence entre les enfants dans le film et les enfants dans tous les autres films censés être basés sur le regard qu'ils ont sur le monde. LET THE RIGHT ONE IN est clairement vu à travers leurs yeux, avec cette touche d'innocence, de pureté et de naïveté qui fait que la violence en ressort encore plus grande. Car Eli n'est pas une petite fille. C'est un vampire. Aidé par cet homme qui tue ses victimes en forêt pour récolter son sang jusqu'à ce qu'il se fasse repéré par la police locale et qu'il rate sa dernière mission (dont il ressortira défiguré avant de se sacrifier dans une scène magnifique à l'hôpital), Eli doit donc se nourrir de sang pour survivre, et ne peut sortir le jour sous peine de mourir. Mais malgré ces limitations, elle va développer une communication (orale la nuit, en morse le jour) avec Oskar qui va lui permettre d'évoluer. « Rends les coups » lui conseille Eli quant à ses problèmes avec la bande de jeunes. Et quand il va le faire, un goût de sadisme amer dans la bouche du spectateur se crée, avec la beauté des paysages contrastant avec le sang coulant de l'oreille du petit garçon qui fait moins le malin. La beauté du film est que malgré son esthétique poussée à l'extrême, il lui reste un cœur. Un cœur qui va vous déchirer le votre en deux dans les dernières scènes, puisque le film devient avant tout une histoire d'amour impossible entre deux enfants différents que d'une histoire de vampire. Le film est clairement un film fantastique et n'a jamais prétendu être quelque chose d'autre, mais il y a au moins autre chose. Et c'est ça qui fait que le film est unique. Un film dont les images chocs vous restent gravés en tête bien après (Eli attaquant un pauvre homme sous un pont, sa victime devenue vampire attaquée par des dizaines de chats, la même qui brûle complètement à la lumière du soleil pour se suicider, les plans finaux), et vous hantent. Alfredson a clairement réalisé un film parfait, et a fait un chef d'œuvre du 7ème art. On ne vous le répétera jamais assez, vous le verrez par vous même.
GHOST TOWN de David Koepp 6/10
Voilà un film dont je n'attendais rien du tout et qui m'a plutôt surpris. Pourtant, tout avait de quoi attiré l'œil du spectateur: le brillant Ricky Gervais (créateur de THE OFFICE et EXTRAS) en acteur principal, Greg Kinnear et Téa Léoni en seconds couteaux, et surtout David Koepp derrière le scénario et la caméra. Étant un grand fan de David Koepp en tant que auteur (chez Spielberg) et réalisateur (HYPNOSE, FENETRE SECRETE), je n'avais pourtant aucune envie de voir GHOST TOWN. Le film n'avait pas l'air drôle, et partait sur une voie semée de clichés éternels sur la rédemption. Et si c'est finalement un peu le cas, le métrage se révèle plutôt sympathique à suivre, en majorité grâce au jeu de Gervais qui n'atteindra jamais le génie de ses propres productions mais qui arrive facilement à se sortir de scènes convenues. Il interprète ainsi le rôle de l'éternel grincheux, un dentiste du nom de Bert, qui diffère un peu dans le sens que ce bonhomme est juste un ignorant. Il n'est pas comme un Jack Nicholson qui haït tout le monde. C'est juste qu'il n'a pas envie d'être gentil. Que ce soit laisser un taxi à une pauvre femme sous la pluie, tenir la porte d'ascenseur, socialiser avec ses collègues de bureaux, il ne prétend même pas apprécier les conversations qu'il a avec les gens. Il veut juste vivre sa petite vie sans connaître les autres. Le film ne commence pas exactement là mais démarre avec la mort (superbe idée de découpage) de Frank alors qu'il était au téléphone. Frank va devenir le premier à se rendre compte que Bert est capable de voir les morts. Ou plus exactement, les âmes perdues qui restent sur terre avec un but bien précis. Et ils vont tous commencé à harceler Bert pour qu'il accomplisse les tâches que ce don (amené par sa mort de 2 minutes durant une simple opération chirurgicale). La qualité principale du métrage est de ne pas trop tenir en longueur et de faire les choses simplement. GHOST TOWN est clairement un petit film qui ne prétend un peu à rien, faisant un remix de GHOST avec POUR LE PIRE ET POUR LE MEILLEUR. Bert tombe sous le charme de la femme de Frank qui se rend compte petit à petit à quel point son mari était un salaud (il la trompait, lui mentait, la rabaissait), sous les yeux de Frank fantôme qui assiste à une scène de dîner où il se fait jeter par terre par une femme qui n'en pouvait plus de leur vie de couple. En soi, tout le reste est un peu classique, mais il y a quelque chose dans l'interprétation des personnages qui fait que l'on continue à regarder. Même quand le film revient dans son fantastique romantique où Bert est obligé d'avouer à Gwen qu'il voit des gens morts, qu'elle ne le croit pas et qu'il va devoir accepté sa condition d'être humain misérable. Et bien entendu, dans sa dernière partie particulièrement émouvante (on se surprend à être touché par le montage tire-larmes), Bert va aider ces gens morts et se rendre compte qu'il ne s'agit pas des autres mais de lui. Il est le problème de son propre monde, et il est enfin en paix lorsque les fantômes qu'il aide disparaissent. Le film vaut surtout le coup pour l'affrontement verbal absolument hilarant entre Ricky Gervais et Kristen Wiig, deux génies de l'impro qui volent les deux scènes du film. Un film inoffensif mais touchant.
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