comédies : LE SEMINAIRE / BRIDE WARS... (Critique Cinéma)
KING GUILLAUME * *
LE SEMINAIRE *
MEILLEURES ENNEMIES (Bride Wars) * *
2008 – 2009 – Buena Vista/TFM/FOX – 85 Mns/95 mns/100 mns
Réalisés par Pierre-François Martin-Laval / Charles Nemes / Gary Winick
Avec : Florence Foresti, Pierre-Francçois Martin-Laval…/Bruno Solo, Yvan Le Bolloc’h…/Kate Hudson et Anne Hataway…
Sorties : 28 janvier et 11 février 2009
Qu’il est bon de rire…
Trois comédies en moins de quinze jours pour trois façons de se divertir. Tout d’abord le décalage léger, la lourdeur de la caricature puis une hilarante guerre des tranchées entre meilleures amies pourront peut-être vous tirez quelques sourires voire de franches rigolades.
Le premier film de la sélection est le second long métrage de PEF, ancien de la bande des Robins de bois qui donne ici le premier rôle à Florence Foresti qui interprète sa femme à l’écran. Leur complicité est évidente et permet à ce petit couple décalé (elle, joueuse de tuba et lui, conducteur d’un petit train) d’être crédible à l’écran. Ils héritent d’une île qu’ils pensent somptueuse et d’une grande valeur monétaire alors que ce n’est rien d’autre qu’un gros caillou. Sur ce postulat de départ atypique, Pef va construire un tout petit film à l’humour discret et désuet. Sur cette petite île se retrouve cinq habitants tous aussi barrés les uns que les autres et tout aussi réjouissants. Isabelle Nanty, Pierre Richard, Omar Sy, Frédéric Proust et Raymond Bouchard composent des cinglés sympathiques qui collent parfaitement au côté gentiment lunaire du film. Certes on ne rit pas aux éclats mais on est amusés par ce côté original et tendre. Foresti excelle à jouer les reines de pacotille et face à elle, son chéri de cinéma n’en n’est pas moins convaincant. Ajoutez à cela deux scènes avec un professeur farfelu (Terry Jones, la classe) pour ouvrir et fermer ce petit conte de bric et de broc et vous obtenez une petite comédie sans prétention, pleine de tendresse. Partez sans a-priori, vous serez vite séduits.
Deuxième aventure cinématographique pour Caméra Café, qui après un premier opus qui en avait déçu plus d’un (perso j’avais beaucoup apprécié le côté comédie sociale italienne) revient à la charge en changeant d’équipe créatrice. Exit Le Bolloc’h et Solo à la réalisation et à l’écriture et bonjour Charles Nemes (La Tour Montparnasse Infernale) à la réalisation et Alexandre Arpégis, Jérôme Arpégis et Frédéric Le Bolloc’h à l’écriture. Pour un meilleur résultat ? Pas si sûr… Premièrement en enlevant plein de personnages de la série et du film (ici on se concentre sur six d’entre eux) le concept perd beaucoup de fraîcheur et la satire devient vite caricaturale et lourde. Ici on se concentre sur ces personnages veules tout droit issus de La veule, qui lors d’un séminaire à Paris tentent tant bien que mal (plus mal que bien) de co-mmu-niquer. Jean Claude est toujours aussi drôle avec ses problèmes d’élocution, son côté ultra beauf et sa coiffure unique. Les autres aussi. Hervé le syndicaliste corrompu et sans courage, Maeva la folle du groupe, Jeanne la gentille cruche, Philippe la folle coiffée à la tintin ou encore Jean Guy, patron aussi pourri que complètement à côté de la plaque… Ils n’ont pas changé d’un iota et cela en devient un peu embarrassant. On est heureux de retrouver ces personnages là qu’on préfèrerait voir évoluer un tant soit peu. Rien que pour cela, le scénario déçoit. Après ne parlons même pas de l’histoire prétexte (l’assistante qui va coucher avec Hervé lui révélant la nature de ce séminaire), elle n’arrive jamais à convaincre ou si peu. Quant-à la réalisation de Nemes elle est bien mollassonne. Il ne donne jamais l’énergie au film que Solo et Le Bolloc’h avaient réussi à donner à Espace Détente. Franchement même si quelques scènes sont fort réussies, l’ensemble reste assez raté. Décevant.
Last but not least : Meilleures ennemies. La comédie la plus réussie et la plus drôle de cette sélection. Liv et Emma sont meilleures amies depuis l’enfance et ont fait le pacte de se marier au Plaza chacune à leur tour. L’une est avocate et riche, l’autre instit et financièrement plus modeste. Arrive pour elles deux le grand moment : elles sont demandées en mariage. Enfin presque car l’une d’entre elles dans une scène fort réussie, pousse son copain à faire sa demande (« oh je ne m’y attendais pas du tout ! »). Elles sont les plus heureuses du monde jusqu’au moment où leur amitié va être mise à rude épreuve : l’organisatrice de mariage la plus en vue de New York les bookent toutes deux le même jour à la même heure au Plaza. Terminée l’amitié. La guerre des tranchées est lancée. Réunir deux des plus belles et talentueuses comédiennes américaines est une sacrée bonne idée car vous n’irez pas voir une mais deux poupées aussi douées avec la comédie qu’avec le drame. Elles sont le sel, le cœur, la colonne vertébrale de cette petite comédie qu’elles portent un cran au dessus grâce à leurs charmes et abattages. Tous les stratagèmes sont bons pour faire capoter le mariage de l’une ou de l’autre. Envoyer des chocolats de la part du petit copain à sa meilleure amie car elle a un faible pour les sucreries afin qu’elle ne rentre pas dans sa robe le jour j ou échanger des vidéos qu’on diffusera le jour venu où votre amie n’apparaît pas à son avantage (bourrée et dragueuse pour être exact) sont des petits moments de pure méchanceté que seule l’amitié peut permettre. Elles se connaissent par cœur jusque dans leurs pires défauts. C’est ce qui fait la vraisemblance de ce scénario. Et les scénaristes se lâchent s’en donnant à cœur joie dans la gratuité des actes pour que l’une d’entre elles prenne d’assaut le Plaza.
Rien de très original me direz-vous et vous aurez entièrement raison car ce genre de films a derrière lui trois cent caisses de films dans le même genre dont La Guerre des Rose reste le maître étalon mais cela ne gâche rien à la jubilation éprouvée devant le film de Gary Winick (30 ans sinon rien) qui emballe le tout avec savoir faire et efficacité. Il devrait donner quelques cours à Charles Nemes pour sa prochaine comédie tiens ! Mais on rit franchement devant cette comédie sans prétentions qui se résume dans son titre (Bride Wars). Kate Hudson avec sa coupe de cheveux qui la fait ressembler à J.LO assume pleinement son côté excessif qui n’est pas sans rappeler sa mère, Goldie Hawn, qui, elle aussi, a su donner à la comédie américaine des moments hilarants. Anne Hataway en jeune et gentille instit est encore plus surprenante lorsqu’elle se transforme en harpie prête à tout pour avoir son mariage rêvé… La critique du rêve de petite fille qui en travaille plus d’une est assez amusante pour ne pas sombrer dans le grotesque de bas étage. L’alchimie entre les deux miss fonctionne parfaitement et rend justice au projet de la plus belle façon. En attendant de retrouver Hataway dans Rachel Getting married, prévu chez nous le 15 avril, on la verra dans le moyen Passengers, thriller bancal dont je reparlerai d’ici peu. Quant-à Miss Hudson elle sera de nouveau dans une comédie : La copine de mon meilleur ami (sortie prévue le 9 septembre chez nous). Vivement !
J’espère que cette sélection éveillera quelques envies chez l’amateur de rires qui sommeille en vous. En tout cas par les temps qui courent c’est devenu si rare de rire que toute occasion (ou presque) est bonne à prendre.