Tout d’abord, contrairement à ce qu’indique la jaquette, le film n’est pas présenté dans un format 1.33 recadré mais en 1.66. Il n’y a donc pas d’encodage 16/9 susceptible de renforcer la qualité de définition de l’image et on peut le regretter tant le rendu visuel se montre souvent insuffisant. Si le piqué de l’image manque de précision, c’est surtout la compression qui laisse à désirer avec une présence imposante de bruit vidéo sur les arrières plans. Mais à la décharge de cet encodage, l’aspect finalement sale et imparfait du pressage associé à une colorimétrie fidèlement terne renforce le côté glauque du film.
Ca va secouer dans les canaux…en français. Seule bande son ayant bénéficié d’un remixage façon Arkamys en DD et DTS 5.1, la VF assure un rendu souvent bluffant à défaut d’être réellement cohérent (certains effets se montrant déroutant). Une dynamique particulièrement solide et une ouverture conséquente des enceintes avants offre à la musique de Dick Maas une efficacité presque insoupçonnée. Un inconvénient tout de même : les dialogues sont parfois abusivement mis en avant. Malgré ses défauts, les deux pistes françaises sont hautement recommandables surtout lorsqu’on écoute la piste anglaise stéréo (et non mono comme indiqué sur la jaquette). Le film ayant été tourné en hollandais, il s’agit là aussi d’une piste doublée. Sauf qu’ici, le doublage est misérable et incroyablement ridicule, proche de celui d’un film X.
Menus graphiquement très chargés et pas spécialement réussis qui permettent d’accéder à un unique bonus : la bande-annonce du film présentée en version anglaise sous-titrée. Maigre !
Si le nom de Dick Maas n’excite plus depuis longtemps l’amateur de cinéma d’horreur, il n’en était pas de même dans les années 80 et plus particulièrement en 1987, date de sortie de son « chef d’œuvre », Amsterdamned. Quatre ans après avoir surpris son auditoire avec L’ascenceur (un des grands prix d’Avoriaz qui a le plus mal vieilli), le réalisateur batave, touche à touche boulimique (il écrit et compose la musique de ses films) parvient le temps d’un thriller oppressant et diablement efficace à concurrencer le cinéma américain. Pour se faire, il applique les recettes et techniques filmiques des Dents de la mer (chaque meurtre de son mystérieux tueur est un décalquage habile des attaques du requin) et parvient merveilleusement bien à instaurer une atmosphère glauque et stressante, quitte au passage à vous dégoûter d’aller un jour visiter Amsterdam. Cette course contre la montre pour stopper un dangereux assassin muni d’une combinaison de plongeur qui terrorise la ville par ses attaques aussi incessantes qu’imprévisibles, devient palpitante par la seule grâce d’une mise en scène rigoureuse (admirable montage) et d’une musique redoutable.
Savant mélange entre film policier et film d'horreur, Amsterdamned offre son lot de scènes chocs (belle variété de meurtres) à commencer par une anthologique poursuite en hors-bords de 6 minutes dans les canaux de la ville d'une efficacité encore aujourd'hui insurpassée.
Par Laurent Pécha