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Une semaine en vrac ! (8) (News)
3/1/2009 11:22
 

Au sommaire cette semaine La bombe de Peter Watkins, Dark Floors de Pete Riski, Télépolis de Esteban Sapir et Gamebox 1.0 de deux rigolos,


Nous sommes en pleine guerre froide en 1965 lorsque Peter Watkins réalise La bombe, The war game, un docu-fiction sur les conséquences d'un éventuel bombardement thermonucléaire sur l'Angleterre, Un film politique radical et enragé pour contrer un discours un peu trop angélique sur un armement encore trop souvent définit comme propre et dissuasif. Peter Watkins choisit donc la forme du documentaire caméra à l'épaule pour mieux venir frapper les consciences sur l'engrenage implacable de l'horreur. Peter Watkins pointe du doigt la relative ignorance des gens sur l'ampleur dévastatrice d'une attaque nucléaire et les moyens illusoires et ridicules de s'en protéger renvoyant aux images de propagande américaines dans lesquelles on se protège tranquillement d'une attaque atomique en se cachant sous une table et en fermant les yeux. The war game est un film qui souhaite taper fort pour marquer définitivement les esprits du fer rouge de l'horreur. En choisissant le noir et blanc et une forme proche du cinéma vérité Peter Watkins renvoie par ses cadres et sa mise en scènes aux images les plus terrifiantes de la seconde guerre mondial assurant à son film un impact véritablement impressionnant. Le film ne possède sans doute pas le budget suffisant pour montrer à grande échelle l'impact destructeur d'une attaque atomique mais cela n'a aucune importance car Watkins se concentre du coup sur l'impact d'un tel conflit à l'échelle strictement humaine. Et le constat effrayant que brosse Watkins ne se limite pas à l'impact immédiat de l'explosion mais aux conséquences à plus ou moins longue échelle sur une population civile se retrouvant alors première victime du conflit. Le réalisateur montre parfaitement combien une explosion atomique entrainerait dans ses funestes retombées les hommes vers l'horreur absolu; corps brulés, maladies, famine, manque de soin et de personnel médical obligeant de laisser mourir dans la souffrance les cas les plus désespérés, troubles psychologiques irréversibles, manque d'hygiène entrainant des épidémies , émeutes, crémation de masses des corps ne pouvant tous être enterré dignement, psychoses diverses... la liste est longue. Mais avec The war game Peter Watkins ne joue pas sur la peur en montrant une réalité alarmiste et assombrie, il se contente de filmer au plus prêt les conclusions de médecins, militaires , scientifiques et témoins d'Hiroshima sur l'horreur d'une attaque thermonucléaire pour finalement donner à voir et à réfléchir sur une vérité fatalement plus crue et dérangeante que le discours officiel. The war game est un moyen métrage coup de poing aux images inoubliables comme ce lent traveling sur les visages calcinées de corps alignes sur un trottoir les têtes rejetés en arrière baignant dans le caniveau, les visages d'enfants aux regards définitivement perdus dans l'horreur, cette fumée noire des corps brulés s'élevant dans le ciel, des images si réalistes et si proche du documentaire qu'elles font souvent tomber la distance entre le spectateur et l'impact de l'image. Même si il faut remettre le film dans son contexte de guerre froide et de courses à l'armement atomique dissuasif, The war game demeure une formidable mise en garde contre la connerie humaine qui en appuyant sur un simple bouton pourrait faire retourner la civilisation vers l'horreur de nos pulsions de survie les plus animales ; ce n'est pas un film utile c'est un chef d'œuvre indispensable.        Ma note 10/10

 


Sans transition on part dans les étages troubles d'un hôpital avec Dark floors un film fantastique Finlandais de Pete Riski. Une histoire de réalité parallèle racontant comment une poignée de personnes dont un père et sa fille autiste qui se retrouvent coincés durant un court instant dans un ascenseur vont finalement ressortir dans un hôpital totalement désert et sous l'emprise de l'ombre et des forces du mal. Avec un tel sujet et après avoir vu le film il est évident que Dark floors est une œuvre fortement influencée par Silent hill et même Fragile de Jaume Balaguero ne serait ce que pour l'apparence physique de la jeune fille ou l'univers graphique du film. Alors autant le dire tout de suite Dark floors ne fonctionne vraiment que durant sa première petite demi heure, l'ambiance étrange et fantastique prenant vite le pas sur l'éternelle rengaine des films fantastiques à petit budget utilisant un unique décor à savoir la lente déambulation dans des longs couloirs vides . Du coup ses longs passages durant lesquels les personnages marchent prudemment vers une hypothétique porte de sortie ne font que révéler les carences d'un script qui ne sait plus trop quoi dire et l'aspect purement fonctionnel de personnage sans épaisseur comme le père dévoué, l'infirmière au grand cœur et le vigile avec le sens du sacrifice. Et lorsque Pete Riski fait enfin surgir à l'écran les forces maléfiques c'est encore moins convaincant que les moments précédents leurs apparitions car les manifestations des ténèbres et de l'autre monde sont desservies par des effets spéciaux datés comme ce fantôme sortant tout droit de Ghostbusters ou plombées par des choix artistiques douteux comme ses monstres habillés comme des rockers de Hard-metal avec blouson de cuir et anneau dans le nez (Il semblerait même que ce soient les membres du groupe finlandais vainqueur de l'Eurovision c'est dire si c'est convaincant !). Fatalement pour faire passer le tout le film se termine sur un twist qui est loin d'être une révélation fracassante donnant au film une nouvelle grille de lecture plus passionnante et qui se révèle finalement aussi artificiel et gratuit que le film lui même. Dark floors de Pete Riski reste un film aussi agréable à regarder que facile à oublier, une chose est certaine aucun Riski Pete trois pattes à un canard (Oui j'ai honte !!).           Ma note 3/10

 

 

 


On poursuit avec Telepolis l'ovni cinématographique de l'argentin Esteban Sapir qui raconte de façon symbolique sous la forme d'un conte pour enfants comment la télévision pourrait asservir totalement nos esprits. Dans ce monde les habitants ne parlent plus depuis longtemps ayant perdus leurs voix, ils ne communiquent plus qu'avec des mots comme des sous titres de film, mais pour le dictateur Monsieur Télé c'est encore trop car ils souhaitent définitivement mettre la ville et le peuple à ses pieds . Pour se faire il projette d'utiliser la dernière voix pour définitivement hypnotiser le peuple et le priver de son dernier mode d'expression. Telepolis est donc une fable à la fois naïve et profonde sur l'état léthargique dans lequel nous plonge la consommation abusive de télévision. Mais le film d'Esteban Sapir est surtout un formidable ovni dans la production cinématographique actuelle qui prends le parti radicale de ressembler à un vieux film muet et en noir et blanc à une époque ou trop souvent le cinéma se doit d'être cliquant de couleurs et très bruyant. Esteban Sapir revient même à une essence presque artisanale du cinéma en réalisant son film avec plus d'imagination que de moyens renvoyant à une forme brut et naïve d'expression pas si éloigné de celle que vante Michel Gondry dans Be kind rewind. Fatalement les images de Telepolis sont en adéquation parfaite avec le sujet comme avec l'aspect fable de son traitement, Esteban Sapir utilisant notamment les sous titres et les mots comme des éléments faisant intégralement partie de l'image ainsi un rond de fumée devient un O, deux doigts se transforment en V et il n'est pas rare de ne voir un texte qu'au dernier moment quand celui ci est caché par un personnage au premier plan. Telepolis peut se vanter de posséder un univers graphique riche et extrêmement poétique dans lequel les montagnes sont des feuilles de livres chiffonnées, une lettre se transforment en danseuse de papier et une mystérieuse femme sans visage se dessine des yeux et une bouche dans la buée d'une vitre... Un conte graphique comme une poésie à la fois enfantine et très adulte dans laquelle les images du pouvoir de monsieur Télé renvoient par certains aspects à la dictature nazi de la seconde guerre mondiale. Télépolis est aussi un formidable hommage au films muets de Mèlies avec une formidable référence au Voyage dans la lune mais aussi à l'expressionnisme allemand de Fritz Lang à Murneau. Et comme tout film muet de la grande époque Télépolis est portée par une musique formidable quasi omniprésente renforçant à chaque secondes l'aspect narratif du récit et les émotions des personnages. Le film de Esteban Sapir possède de véritable moment de grâce tant visuelle que symbolique comme lorsque les mots, dernier mode de communication du peuple, s'envolent des pensées des habitants endormis et hypnotisés par la télévision pour s'envoler vers une usine à la machinerie implacable qui les broient pour en faire des produits de consommation, et le simple fait de voir des mots comme espoir, amour ou bleu réduit à l'état d'objet manufacturés me donne un délicieux frisson. Il ne manque peut être qu'une toute petite chose à Télépolis pour s'imposer comme un chef d'œuvre c'est l'émotion qui ne vient que trop peu souvent s'inviter dans ce somptueux livre d'images.... Télépolis est un film assez formidable pour peu qu'on prenne le temps de s'embarquer dans l'univers de Esteban Sapir qui n'est pas si facile et immédiatement séduisant que cela ;mais pour les plus ouverts ou courageux des cinéphages il y a de grande chance qu'au bout du compte Télépolis reste comme une formidable expérience visuelle et idéologique.   Ma note 8/10

 

 


On termine la semaine avec le lamentable Gamebox 1.0 de David et Scott Hillenbrand un film fantastique traitant avec un mépris énervant et une forme abject de bonne conscience moralisatrice de l'univers des jeux vidéos. Car ce qui existe de pire encore que les mauvais films ce sont les mauvais films qui se pensent intelligent au point de délivrer des leçons de morales le plus souvent dignes d'un discours bien pensant réducteur et totalement démagogique. Gamebox 1.0 raconte donc l'histoire de Charlie un grand dadais à lunette, ben oui forcement! c'est un geek, qui passe son temps à jouer aux jeux vidéos pour oublier les douleurs de sa propre existence. Un jour il va recevoir un mystérieux jeu offrant une nouvelle interactivité et le plongeant corps et âme au cœur d'une réalité virtuelle dans laquelle il va retrouver des éléments de sa propre vie. Évidement le pauvre chéri va se retrouver totalement perturbé, victime d'hallucinations et de tics de comportement traduisant qu'il n'arrive plus à distinguer le jeu vidéo de la vraie vie car on ne le répétera jamais assez après une longue partie de Mario Kart par exemple trop de gens cherchent à envoyer des carapaces rouges sur l'autoroute. Le pauvre Charlie pourrait pourtant facilement faire la différence entre les deux mondes car dans sa vraie vie l'image est moche et dans les jeux l'univers graphique est proprement immonde car franchement cela faisait longtemps que je n'avais pas subit des effets spéciaux et des images aussi monstrueusement laides. Alors comme les réalisateurs sont des petits malins les univers vidéo ludique que traverse Charlie renvoient à des jeux existants comme GTA ( Le jeu polémique de ses dernières années) ou Resident Evil sauf que les zombies sont remplacés ici par des ninjas sautant comme des singes sous amphétamines, Mais pour être parfaitement clair d'un point de vu purement visuelle les deux jeux cités plus haut écrasent largement en qualité cette espèce de bouillie informe qu'on tente dans le film de nous faire passer pour une forme ultime de réalité virtuelle. Quand à la bonne vieille morale de l'histoire (Oui je raconte la fin vous me remercierez plus tard !!) elle verra ce bon Charlie renoncer aux jeux vidéos pour enfin rencontrer une fille et aller faire des barbecues avec ses potes, une belle leçon de progrès sociale pour ce type qui ne sortait jamais de sa triste réalité virtuelle et puis les jeux c'est tellement dangereux qu'on risque de mourir avec alors Charlie va finir par offrir sa console toute neuve à son pire ennemi responsable par le passé de la mort de son ex copine ( le temps de vomir et je termine cette critique................). Gamebox 1.0 pourrait bien vite devenir le film culte de Famille de France tant son discours simpliste et réactionnaire se rapproche des croisades ridicules de l'association contre les jeux vidéos. En attendant aux noms des fabuleux créateurs que sont Shigeru Miyamoto, Shinji Mikami, Hideo Kojima, Hironobu Sakaguchi ou encore Masashi Tsuboyama on a envie de dire aux deux réalisateurs du film combien l'univers des jeux vidéos et parfois mille fois plus créatif, novateur et intelligent que celui du cinéma en général et du leur en particulier.  Ma note 0/10

 

Voilà une semaine se termine, une autre va commencer ........... To be continued


Commentaires

Commentaire par Geouf au sujet de 3/3/2009 8:22
oui, j'ai lu ta critique et �a donne moyennement envie. De mon c�t� je suis all� voir The Unborn ce week-end et c'est un gros navet. D�cid�ment, David Goyer devrait se contenter d'�crire des films sans en r�aliser...
Commentaire par FreddyK au sujet de 3/3/2009 5:51
Oui Geouf tu dois avoir raison concernant le groupe, je connais assez peu Lordi et je ne me suis rendu compte de leur implication dans le film qu'en faisant une recherche pour la photo d'illustration. En tout cas je ne sais pas pour les clips mais le film est franchement moyen.
Commentaire par Geouf au sujet de 3/2/2009 8:14
Dark Floors ce serait pas le film mettant en vedette les membres du groupe Lordi? Si c'est le cas, faudrait que je le voie, leurs clips sont des petits bijoux rendant hommage au cin� d'horreur...


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