Le master utilisé est de toute beauté. On est sous le charme d’une image colorée et lumineuse magnifiée par une compression idyllique, les arrières plans étant d’une stabilité à toute épreuve.
Les pistes 5.1, surtout l’italienne plus dynamique et mieux répartie que la française, possèdent une ampleur conséquente. Elles savent également parfaitement mettre en avant la musique de Ennio Morricone au moyen d'une activité soutenue des surrounds. Du bien bel ouvrage !
Si les menus sont soignés (ils sont animés et musicaux), on ne peut pas en dire autant des bonus. Il faut se contenter de filmographies (Tornatore, Bellucci et Morricone), des bandes-annonces française et américaine et d’un making of (12mn 30) qui est en fait bien plus une série d’interviews conventionnelles (principalement du réalisateur et sa star féminine) ne dépassant pas le cadre de l’habituelle auto-promotion.
La pénible heure et demie que l’on passe en compagnie de Malèna (Monica Bellucci plastiquement sublime à défaut de pouvoir réellement défendre un rôle) confirme que Giuseppe Tornatore a définitivement perdu toute la magie qui émanait de son Cinéma Paradiso. Si les intentions sont ici louables (à l’image d’Un été 42, l’histoire évoque sur fond de guerre mondiale la transformation d’un jeune garçon en homme grâce à sa fascination pour une femme plantureuse, à la beauté ravageuse, objet de toutes les attentions du village), le résultat à l’écran est consternant.
Ennuyeuse au possible, parfois prétentieuse, souvent ridicule et outrancière quand elle n’est pas simplement bêtement vulgaire (toutes les références sexuelles sont assenées avec une incroyable lourdeur), la vision de cinéma que nous impose Tornatore a de quoi décourager les plus courageux d’entre nous. Pour preuve, même le charme fou de Monica Bellucci, pourtant bien mis en valeur n’opère plus dans une seconde partie alors que le drame est sensé se nouer, le spectateur a depuis belle lurette abdiqué devant tant de maladresses, ne trouvant alors qu’un amer réconfort dans la superbe bande originale composée par le maestro italien, Ennio Morricone.
Par Laurent Pécha