Le film a bénéficié d’une restauration très soignée. Aucune poussière ni rayure ne viennent perturber l’image. Le noir et blanc est très beau même si le contraste aurait pu être légèrement accentué. Mais l’ensemble est très correct, surtout pour un film datant de l’après-guerre.
Que ce soit en français ou en anglais, la piste son a été conservée dans son format mono d’origine. A vrai dire, la nature du film s’y prête assez bien. La bande-son reste simple, composée uniquement des voix, de bruitages basiques et d’une musique aussi illustrative que dans un dessin animé.
Le film est proposé dans sa version originale, sous-titré et en français. En supplément, l’éditeur nous propose une brève présentation du film par Serge Bromberg. Brève mais instructive. A l’époque, la RKO appartenait au milliardaire Howard Hughes, et vu son statut légendaire, les quelques secrets avoués dans le sujet ne viennent que renforcer la myriade de rumeurs qui ont pu circuler à son sujet.
Double Dynamite vaut surtout pour son prestigieux trio : Frank Sinatra (relégué au 3ème rang du générique sous la décision de Hughes qui l’appréciait peu), Groucho Marx (sans ses frères mais toujours doté de son extravagant débit verbal) et Jane Russell (égérie de Hughes après le scandaleux The Outlaw). Côté acteur donc, les performances sont plaisantes voire très plaisantes lorsque Groucho apparaît à l’écran. Côté scénario, c’est un peu plus léger. Les situations frisent régulièrement l’invraisemblable mais tout s’enchaîne si rapidement qu’on finit par se laisser prendre au jeu. Tout le film repose sur des dialogues rythmés et pleins d’esprits, rappelant certains films des Marx Brothers avec leurs séquences musicales ou leurs situations faites de dissimulations et de quiproquos. Mention spéciale au dénouement, belle trouvaille scénaristique débouchant sur un happy-end attendu mais atténué par le personnage de Groucho, artiste de l’ironie et de l’irresponsabilité.
Par Thomas Legal